D&D n°823 – C’est beau

 

« 24 vues du Mont Fuji, par Hokusai » de Roger Zelazny

Roger est un de mes auteurs préférés, depuis longtemps. Le mec empile les chefs d’œuvre, en pure SF (L’Île des morts) , en fantasy héroïque (Dilvish le damné) ou mythologique (Seigneur de lumière) , sans parler de post-apo (Les culbuteurs de l’enfer) ou de sa série des 9 princes d’Ambre.

J’ai acheté ce bouquin il y a quelques semaines et j’attendais de trouver les estampes d’Hokusai. Finalement j’ai lu le bouquin sans connaître les images, mais elles sont décrites au début de chaque chapitre.

Petit à petit l’histoire se dévoile. Ne lisez donc pas la quatrième de couverture. Une dame qui va mourir (mais qui est encore bien vaillante) fait une sorte de pèlerinage autour du Fuji, retrouvant chacun des points de vue adoptés par le peintre. Elle nous raconte progressivement qui elle est et pourquoi elle est là, pour tuer son mari (qui est déjà mort mais pas complètement). Je ne vous en dis pas plus, découvrez le reste.

Sans avoir la culture nécessaire, n’étant pas du tout japonisant, je me suis pourtant laissé happer par le texte, comme souvent avec Roger et j’ai pris mon temps pour lire cette novella (la collec’ s’appelle « Une heure lumière » mais il m’a fallu bien plus que ça).

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D&D n°822 – Un thriller écolo-fantastique qui fleure bon les seventies

 

« Prophétie » de David Seltzer

Encore Néo ? Oui, mais Néo/Plus et couverture de Kelek ! Encore un prêt et encore du bon. J’avoue que j’étais totalement ignorant de ce monsieur et de son œuvre. La quatrième de couv’ parle d’horreur. Certes, mais certainement pas que, et pour la bonne cause, pourrait-on dire.

Un médecin idéaliste constate qu’il ne peut changer le monde malgré son investissement dans les ghéttos, on lui propose un travail pour une agence de l’environnement. Il part avec sa femme musicienne avec qui il a besoin de reprendre un amour éffiloché par un quotidien harrassant.

Ils se rendent dans un pays magnifique, une forêt du Maine où sont en conflit l’industrie du papier qui veut tout raser et les tribus indiennes qui n’en veulent pas. La tension est vive et l’homme du gouvernement, notre ex-médecin, doit trouver un compromis.

Mais les Indiens tombent malades ou tournent dingues quand leurs enfants naissent morts-nés ou difformes. Et un horrible monstre tue dans la forêt.

C’est bien amené et prenant, un thriller, quoi, qui véhicule de belles idées écolos, même s’il y a des morts. Votre Bademoude a aimé.

D&D n°821 – Un Viking anglais chez les Incas

 

« La Vierge du Soleil » de H. Rider Haggard

Henry sait y faire pour raconter des histoires incroyables. Loin de She ou de Allan Quatermain, les aventures extraordinaires sont celles d’un pêcheur du port d’Hastings au XIVe siècle.

Il y a d’abord un Livre I où ce courageux descendant d’un fier Viking, dont il a hérité une épée formidable, se bat contre des Français venus piller et incendier sa ville. Il sauve une aristo aux beaux yeux bleus. Il se rend alors chez son oncle à Londres où il devient en quelques années un des plus riches commerçants. Il recueille un étranger basané qui devient son ami. Mais la belle aristo débarque, avec un favori du Roi et il va tout perdre. Il se sauve alors avec son pote sur un de ses bateaux. Une terrible tempête va les entraîner de l’autre côté de l’Atlantique. Et commence alors le Livre II.

Je  ne vous raconte pas la suite, j’ai déjà trop défloré. Mais vous la devinez. Après de terribles épreuves il parviendra au pays de son copain, un prince Inca en fait, tombera encore amoureux, cette fois d’une fille de la Lune, mais ce sera très très compliqué pour devenir enfin son mari et le Roi de son peuple.

Bon, être anglais est quand même un avantage, hein, la culture, la science infuse, le christianisme vous rendent plus fort !

D&D n°820 – Le scribe enquête

 

« La Cité de l’horizon » de Anton Gill

Au début des années huitante, 10/18 lancait sa collection Grands Détectives et, comme je prenais souvent le train, je dévorais les avemtures de Napoléon le flic australien, Frère Cadfaël du Moyen-Âge, et autres polars historiques et ethnologiques divers et variés. Bizarrement, je n’avais pas tenté le scribe du temps de Toutankhamon.

Ce Huy, pour avoir cru aux idées réformatrices et monothéistes d’Akhenaton (alors que ce malade fut une catastrophe pour son pays, mais c’est un autre débat) perd son boulot à la mort du pharaon et manque de finir en exil. Divorcé donc seul, et pauvre, il rencontre un vieil ami très riche qui lui confie une enquête. Il y aura autant de morts que dans une enquête de Barnaby (beaucoup) et il finira par découvrir la vérité, triste, et ça finira mal. Mais pas pour lui qui a rencontré une jeune femme sublime.

C’est pas mal, ça se lit vite mais l’auteur ne semble pas savoir à quoi servent les chapitres. Il coupe son récit n’importe où, comme il fait suivre un dialogue du présent d’un long flash-back dans le passé d’un des intervenants sans prévenir. C’est assez étrange à la lecture.

D&Dn°819 – Un classique un peu longuet et un peu raciste, forcément.

« Le collier du Prêtre Jean » de John Buchan

Dans la collection Néo, outre les couvertures de Nicollet, il y avait du fantastique, de la SF et de l’aventure. On est clairement dans la troisième catégorie avec cette histoire racontée par un écossais de 19 ans qui va, à lui tout seul, éviter une guerre terrible entre les Noirs et les Blancs dans une Afrique du Sud du tout début du XXe siècle (ce « Prester John » est publié en 1910).

Le jeune homme est envoyé comme adjoint d’un entrepot dans un trou paumé où il n’y que trois blancs, son patron alcoolique et désagréable, son copain le maître d’école et lui. Il va mettre à jour les prémisses d’une guerre de libération dirigée par ce prêtre noir qu’il avait croisé, enfant, en Ecosse. Dans une suite incessante de cavalcades, de grimpettes et de souffrances où il fait la preuve de son incroyable courage, il  va réussir à dérober ce fameux collier de gros rubis qui est le symbole de royauté chez les Cafres, d’une royauté remontant à la Reine de Saba et dont ce prêtre bizarre serait le descendant.

Un livre d’aventures, donc, pour la jeunesse vu l’âge du héros mais pas que. Les réflexions sur la supériorité de la civilisation blanche en général et britannique en particulier reflètent l’époque (le début de la colonisation) comme les remarques sur la sauvagerie naturelle des Noirs qui ont bien besoin de maîtres…

D&D n°818 – Les plus qu’humains, mais sans poésie

 

« Les Brillants » de Markus Sakey

Dans une Amérique uchronique, à la fin du XXe siècle, un pour cent de la population naît avec des pouvoirs extraordinaires comme la capacité de deviner les pensées en lisant les messages corporels ou celle de ne pas se faire voir ou encore d’intégrer des tas de schémas multidimensionnels de données pour gagner plein de sous à la bourse. Ces brillants, bizarrement, ne sont ni télépathes ni ne pratiquent la télékinésie. Sinon ils font peur, certains sont méchants et une agence gouvernementale a été créée pour les traquer et les éliminer. Le héros est un de ces « inquisiteurs » avec plusieurs exécutions à son actif. Et c’est un brillant, niveau un.

A la suite d’un attentat atribué à un terroriste brillant, il va faire semblant de changer de camp pour aller tuer ce sale type. Il rencontre une brillante canon et la vie est plus belle. À la fin de la deuxième partie, sur trois, une autre vérité va lui apparaître. J’avais vu venir le twist depuis un bon moment mais bon. Qui sont donc les méchants ? Et voilà qu’on s’en prend à sa famille (son ex-femme, son fils et sa fille de 4 ans brillante comme lui) ! Il devient colère et avec l’aide de la belle et d’un vrai pote, il va sauver sa famille. Et le monde ? Ça on le verra dans les tomes suivants !

Ce thriller de SF est lisible et plaisant mais ne casse pas trois pattes à un canard, à mon humble avis.

D&D n°817 – Une sorcière idiote dans une Afrique dystopique

 

« Qui a peur de la mort ? » de Nnedi Okorafor

Après la SF chinoise, j’essaye l’africaine. Là encore l’auteure est une fille d’immigrés libériens qui vit aux States et écrit en anglais.

C’est seulement après avoir lu la postface que j’ai compris le point d’interrogation, qui n’existe pas dans le titre original ni dans le prénom de l’héroïne.

Parce que j’ai lu jusqu’au bout, non sans mal ni efforts, ce  roman qui n’a rien d’un post-apo et se déroule dans un morceau d’Afrique simplifié où ne subsistent que les horreurs des massacres, viols et tortures (sinon il n’aurait jamais eu de prix) et la magie. Pour moi c’est plutôt de la fantasy.

C’est l’histoire d’une jeune fille puis femme née d’un viol, métisse entre les deux ethnies qui se détestent depuis toujours. D’ailleurs il n’existe que deux ethnies dans ce bout d’Afrique, le peuple du Sel et le peuple Rouge faisant de la figuration.

Logiquement on s’attend à se projeter dans la tête du narrateur, ou, en l’occurrence, de la narratrice. Cela m’a été impossible. Pas seulement parce que c’est une femme mais parce que son comportement est aberrant. Ben que dotée de pouvoirs magiques extraordinaires – elle peut se transformer en n’importe quel animal, voyager en esprit et ressusciter les morts, entre autres ! – elle est parfaitement incapable de se contrôler. Dénuée d’empathie, elle se met tout le temps en colère et agit de manière absurde. Par exemple c’est elle qui, à onze ans, demande à être excisée alors que personne ne lui demande. Incapable de réfléchir, elle est uniquement conduite par ses émotions et ses instincts et n’apprend rien de ses échecs. C’est donc, de mon point de vue, une imbécile.

Quant au style, c’est simple, il n’y en a pas. Ce ne sont que descriptions sans aucune poésie et des dialogues. Par contre le découpage en chapitres courts m’a permis de finir.

Il paraît qu’ils vont en faire une série HBO, adoubée par G.R.R. Martin. Je ne la regarderai pas.