D&D n°805 – Lire sans bien comprendre

« Toxoplasma » de David Calvo

Déjà je vous rassure, j’ai lu jusqu’au bout. C’est signe de qualité pour un lecteur comme moi qui n’hésite pas à laisser tomber quand ça coince trop. Mais je suis loin d’avoir tout suivi.

Une des deux héroïnes, Kim, est une informaticienne et s’exprime avec des termes que je ne comprends pas. Et ce n’est pas parce que sa copine non plus que c’est rassurant. Cette dernière, Nikki, a pour référence, qui l’aide à penser et à comprendre ce qui lui arrive, une vidéothèque de VHS trash, gore et porno. Là encore cette culture m’est parfaitement étrangère et le seul nom que j’ai reconnu est celui de Cronenberg. Il y a aussi des références aux jeux vidéo et je n’y ai jamais joué.

Sinon, le monde est en déliquescence, des conflits partout, et ce sont les méchants qui gagnent. L’île de Montréal où se déroule le récit est une exception qui s’est organisée en commune, libertaire et autogérée. Mais l’armée et les fédéraux ont bloqué les ponts et l’assaut est imminent. Nos deux copines vivent de drôles de trucs, Kim dans ses runs de hackeuse a le don de voir un autre monde au-delà des lignes de code et Nikki trouve des animaux dépecés, des dessins étranges et rêve d’une forêt.

Ce n’est pas racontable, ni le déroulé ni la fin, alors c’est votre choix de vous laisser entraîner dans cette quête bizarre, aux confins du réel et du virtuel, avec pas mal de fantastique dedans. Même si j’ai fini, je reste circonspect et j’ai eu bien du mal à suspendre mon incrédulité, trop vieux sans doute pour me projeter dans cette apocalypse.

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D&D n°803 – Un post-apo romantique

« Un éclat de givre » d’Estelle Faye

Après l’Apocalypse, au XXIIIe siècle, Paris est toujours là. Mais il a bien changé. La Butte est envahie par une vigne mutante, au Luco pousse un gazon carnivore et, dans la piscine Molitor, s’ébattent des sirènes avec des gènes de piranha. Le Quartier Latin ressemble à ce qu’il était au Moyen-Âge. Quant à Notre-Dame, je vous laisse découvrir.

Et il y a les habitants, des modifiés chirurgicalement aux mutants psys. Chet est chanteuse de jazz la nuit mais le jour c’est un jeune homme qui sait se battre et remplir différentes missions dangereuses. Sa motivation pour parcourir les pires endroits de cette capitale déglinguée, c’est l’amour. Celui qu’il porte à ses amants, en particulier le dernier en date, et celui qui le ronge depuis l’enfance, pour son amie de toujours, mais qui n’est pas partagé.

Dans une course poursuite incessante où il risque sa vie à chaque chapitre, Il va nous faire connaître tous les endroits et tous les personnages de ce Paris-là, manipulé mais motivé par ses sentiments amoureux.

Original et plaisant, une découverte pour le Bademoude que ce roman d’une écrivaine talentueuse.

D&D n°801 – Pas mal

« La ménagerie de papier » de Ken Liu

Faut ben combler les trous béants de son inculture SF, hein. On cause beaucoup de l’arrivée des Chinois. Là c’est un mec qui a déboulé de Chine aux USA à dix ans et qui écrit en amerloque. Mais bon.

Les recueils de nouvelles, comme chacun sait, il y a toujours à boire et à manger, du gouleyant et du fadasse. Mis à part un texte qui se veut drôle sur Dieu demandant à un juif chinois de faire un golem, vraiment nul, et quelques trucs un peu prétentieux comme le livre chez diverses espèces, la plupart des textes sont corrects, lisibles, parfois intéressants et originaux.

J’ai été un peu surpris par les nombreuses références au Japon (!) et par un texte de pur polar (garanti sans fantastique) dans la Chine antique. La nouvelle sur les algorithmes de l’amour m’a bien plu mais le dernier sur la singularité ultime était vraiment too much.

Faites-vous votre idée.

D&D n°800 – Confus

« Les enfants de l’Histoire » de Kurt Steiner

Ce petit poche s’était glissé derrière une rangée de gros. Celui-là je ne l’avais jamais lu. Du Steiner, me dis-je, ce doit être bien. Ben pas vraiment.

Au XXIIIe siècle, la Terre, Vénus et Mars ne vivent que de commerce, d’achat et de vente de produits fabriqués dans les colonies lointaines par les enfants qui y sont expédiés à 16 ans. Seuls 1/10 restent sur les trois planètes. Alberg est chasseur de mutants, il gagne ainsi sa vie, mais les mutants veulent sa peau et envoient Iona pour le tuer après l’avoir séduit. Mais l’un et l’autre préfèrent baiser. Bon. Après, le roman est d’une totale confusion où s’affrontent les mutants, les enfants devenus sauvages et rebelles, les hommes naturels adeptes d’un mode de vie à l’ancienne et diverses armées privées ou officielles.

Le faux héros antipathique (tiens, un assassin, ça me rappelle quelque chose) entreprend de manipuler les chefs des factions et c’est l’apocalypse où tout le monde tue tout le monde sans trop savoir pourquoi. Heureusement que le bouquin est court, je ne l’aurais pas fini sinon.

D&D n°798 – Soucoupes volantes et petits hommes verts

« Ceux de Nulle Part » de Francis Carsac

Meuh non ! Les soucoupes sont des ksills, les vaisseaux des Hiss, des extra-terrestres au sang vert.

L’avantage d’être vieux c’est qu’on peut relire des trucs lus il y a longtemps sans s’en rappeler une ligne. Comme ce que j’achète m’ennuie, je prends un de mes vieux CLA au hasard. Celui-là (deux romans de Carsac) est préfacé par Jacques Bergier et illustré par ? Moebius ! Mais franchement on ne dirait pas, tellement cette première manière est loin de ce qu’on connaît du maestro.

Au milieu des fifties, la SF ne se la pétait pas et racontait des histoires pleines d’aventures, de danger et d’amour (interspécifique en l’occurrence). Bon, on ne va pas hurler au chef d’œuvre. C’est sympathique mais ça a vieilli. Même si Bergier s’extasie sur la justesse des hypothèses scientifiques de l’éminent préhistorien (dans la vraie vie) en matière d’astrophysique ( !), le moins qu’on puisse dire c’est qu’il ne comprend pas grand-chose à la biologie avec ses « protoplasmes » identiques entre créatures nées dans des galaxies différentes.

Sinon il y a aussi la religion, multiverselle en l’occurrence, où le Bien et le Mal deviennent Lumière et Ténèbres, les méchants éteignant les étoiles. Et les gentils les rallumant ! De ça j’aurais dû me souvenir !

Bon, faut avoir lu les classiques, hein !

D&D n°793 – Vive le capitalisme sauvage !

« La Hanse Galactique. T1. Le Prince-Marchand » de Poul Anderson

Je croyais les gens du Bélial’ comme tous ceux du minusculocosme, des politiquement corrects « de gauche » bien pensante. Eh ben non, ils adorent ce héros immonde de Poul Anderson et vont en publier des palanquées. Le type est non seulement laid et grossier, il est totalement dépourvu de morale et d’éthique et va provoquer des guerres et des milliers de morts pour sauver sa peau.

Inutile d’en dire plus, je n’aime pas du tout cet esprit. Ce n’est même pas drôle. J’avais déjà trouvé Flandry d’une grande médiocrité.

Mais qu’est-ce qui m’a pris d’acheter encore du Poul Anderson ?

D&D n°790 – J’aurais dû me méfier

« Guide de survie pour le voyageur du temps amateur » de Charles Yu

Me méfier d’un titre à rallonge à velléité comique, même si, en amerloque, ce serait plutôt « Comment vivre en sécurité dans un univers science-fictionnel ».

J’arrête donc vers la page 50 parce que je m’ennuie, je ne comprends pas grand-chose (faut dire que le style et la construction…) et ne trouve pas ça drôle du tout. Le narrateur est un pauvre type, bien que très fort en maths et physique, qui répare des machines à voyager dans le temps. C’est remarquable à quel point sa vie et ses pensées ne présentent strictement aucun intérêt. Il y a aussi des graphiques abscons pour illustrer l’incompréhensible.

Comment peut-on éditer un truc pareil ? Parce qu’il a gagné un deuxième prix dans une université du Kansas ?