D&D n°793 – Vive le capitalisme sauvage !

« La Hanse Galactique. T1. Le Prince-Marchand » de Poul Anderson

Je croyais les gens du Bélial’ comme tous ceux du minusculocosme, des politiquement corrects « de gauche » bien pensante. Eh ben non, ils adorent ce héros immonde de Poul Anderson et vont en publier des palanquées. Le type est non seulement laid et grossier, il est totalement dépourvu de morale et d’éthique et va provoquer des guerres et des milliers de morts pour sauver sa peau.

Inutile d’en dire plus, je n’aime pas du tout cet esprit. Ce n’est même pas drôle. J’avais déjà trouvé Flandry d’une grande médiocrité.

Mais qu’est-ce qui m’a pris d’acheter encore du Poul Anderson ?

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D&D n°790 – J’aurais dû me méfier

« Guide de survie pour le voyageur du temps amateur » de Charles Yu

Me méfier d’un titre à rallonge à velléité comique, même si, en amerloque, ce serait plutôt « Comment vivre en sécurité dans un univers science-fictionnel ».

J’arrête donc vers la page 50 parce que je m’ennuie, je ne comprends pas grand-chose (faut dire que le style et la construction…) et ne trouve pas ça drôle du tout. Le narrateur est un pauvre type, bien que très fort en maths et physique, qui répare des machines à voyager dans le temps. C’est remarquable à quel point sa vie et ses pensées ne présentent strictement aucun intérêt. Il y a aussi des graphiques abscons pour illustrer l’incompréhensible.

Comment peut-on éditer un truc pareil ? Parce qu’il a gagné un deuxième prix dans une université du Kansas ?

D&D n°789 – Par monts et par vaux

« Futurs insolites – Laboratoire d’anticipation helvétique », anthologie dirigée par Elena Avdija et Jean-François Thomas

Comme attendu, on n’échappe pas aux clichés associés à la suissitude : élevage bovin, chocolat, secret bancaire, tranquillité, neutralité, ordre et propreté. On y ajoute un nouveau : le pays du suicide assisté. Deux nouvelles, plutôt insipides, s’en inspirent.

Sur quatorze nouvelles, je n’en ai pas fini que deux (ennui et style impossible) et j’en ai apprécié quelques unes : celle de Jean-Marc Ligny, une sorte de spin-off à son remarquable Exodes, celle de François Rouiller, un texte étonnant (de la part d’un pharmacien) sur la mémoire de l’eau, politique, poétique et romantique, celle de Bruno Pochesci, où un train noir emmène vers l’enfer ses passagers et celle de Gulzar Joby, une histoire de géants.

La postface du directeur de La Maison d’Ailleurs est complètement absconse, exemple : « l’articulation syntagmatique des signes textuels génèrent plusieurs virtualités paradigmatiques ».

Sinon, pour un lecteur qui ne goûte guère les anthologies, j’ai été plutôt satisfait du voyage.

D&D n°787 – Voilà du nouveau

« Greenland » de Heinrich Steinfest

Du nouveau pour Henri, bien sûr, qui a acheté ce bouquin sur les conseils d’un libraire éclairé (il lui en a acheté d’autres mais qu’il n’a pas pu finir, comme biftonné précédemment). Précisons que, outre mon mauvais goût proverbial, je suis totalement inculte en littérature teutonne.

Ce livre est aux frontières des genres mais ressort plutôt du fantastique, qui se passerait dans un futur proche, c’est donc aussi de la SF. Un gamin de 10 ans voit soudain un store vert qui pend à sa fenêtre et qui est une porte vers un autre monde. Un monde hostile mais il a le courage de s’y rendre pour y sauver une petite fille.
Quarante ans après il est cosmonaute en route pour Mars et il retrouve le store vert dans son vaisseau spatial.

Je n’en dirai pas plus. Le texte change de couleur quand on change de monde (noir ici et vert là-bas) C’est plein de surprises et surtout c’est à la fois noir et léger, dramatique et humoristique. Je n’avais jamais rien lu de pareil et ne peux que vous le recommander chaudement.

La littérature avec de la légèreté dedans, c’est toujours mieux que sans, m’est avis.

D&D n°785 – Grignotage sans ennui

 

« Dimension Arnauld Pontier » de Arnauld Pontier

J’avais apprécié son roman chez Rivière Blanche, alors j’essaye son recueil de nouvelles au titre bizarre mais c’est la collection qui veut ça. Parce qu’il n’y a pas qu’une dimension, ni au monde, ni à l’auteur.

On ne s’ennuie pas pour plusieurs bonnes raisons. D’abord les nouvelles sont courtes (en briton ou amerloque des shorts, pas de novelettes ni de novelas). Donc, si vous vous faites suer, vous passez à la suivante (y en a plein : vingt-sept). Cela m’est arrivé sur un truc tellement hard science que je n’ai pas tenu. Ensuite ce sont de vraies histoires avec une fin, une chute on dit. Et j’ai lu des paquets de textes où seule l’ambiance importait, avec une fin ouverte ou pas de fin du tout. Et enfin c’est un joyeux mélange de SF et de fantastique, ce qui fait que l’on est chaque fois surpris.

J’ai apprécié l’esprit, avec un humour  discret et une légèreté générale. Par contre j’ai tiqué sur les introductions précédant chaque texte. Cet exercice difficile a une fâcheuse tendance à être prétentieux (la palme revenant à ce vieil Isaac) et ne sert pas à grand-chose. Chacun(e) peut voir ou comprendre ce qu’il veut dans un texte, pourquoi l’auteur l’a écrit n’a pas, pour moi, d’intérêt.

Dommage que le recueil s’achève sur un texte hommage à velléité humoristique qui ne m’a pas fait rire.

Sinon, le temps passé à la lecture de ce bouquin était agréable et ce n’est pas à chaque fois, comme vous le savez…

D&D n°783 – Bondieuserie

 

« Le Moineau de Dieu » de Mary Doria Russell

Vous commencez à me connaître, j’ai mauvais caractère mais je m’efforce de garder l’esprit ouvert et de prendre l’avis des autres (gentils libraires et aimables blogueurs). Alors j’achète des pavés, que j’ai souvent du mal à finir. Voir le billet précédent.

Ce bouquin-là est également unanimement considéré comme un chef d’œuvre incontournable, qui a gagné plein de prix à la fin du siècle dernier. Dont acte. Ce qui devait arriver arriva : je coince et m’arrête à la moitié environ, page 251.

L’auteur est une maline, elle utilise un procédé rarement employé : commencer par la fin. Une expédition financée par les Jésuites sur une planète proche s’est très mal terminée et le seul survivant est un prêtre torturé qui aurait tué et se serait prostitué. Boum. Puis on entrelarde le passé, l’origine de cette expédition, la rencontre de tous ces héros et héroïnes sympathiques, avec le présent du prêtre en grande souffrance physique et morale. Par un deuxième procédé, beaucoup plus courant, le lecteur est tenu en haleine par la divulgation, par toutes petites touches, de ce qu’il s’est vraiment passé. Alors forcément c’est longuet, hein, les circonvolutions psychologiques des unes et des autres, les considérations philosophiques de chaque idée ou décision, la révélation métaphysique des événements, etc.

Mais j’ai abandonné parce que l’essentiel du bouquin, le fond, est de prouver l’existence de Dieu, ou en tout cas la beauté de la Foi. Alors, je ne sais pas vous, mais je n’achète pas un bouquin de SF pour y lire l’apologie de la Compagnie de Jésus qui, malgré ou grâce à ses défauts assumés, serait le plus extraordinaire et fascinant des ordres religieux.

Alors oui je n’ai pas de patience, je n’ai fait qu’entrevoir le pourquoi de l’échec et du comportement du curé, un excès d’humanisme appliqué à des non-humains ou quelque chose comme ça, parabole ( !) des relations entre deux civilisations. Mais trop de bondieuserie pour moi, excusez.

D&D n°781 – C’est pas l’extase

 

« Les talents de Xanadu » de Theodore Sturgeon

Trouvé pour un nieuro chez un libraire, je me disais que je n’avais pas lu celui-là ou que je n’en avais plus souvenance.

La première nouvelle qui donne son titre au recueil est fort sympathique, les autres moins, parfois longues et ennuyeuses. Il est vrai que dans les années 40 et 50 du XXe siècle, du temps de l’Age d’Or de la SF, les auteurs mangeaient grâce à leurs textes courts dans des revues.

Pourtant, hormis ces chefs d’œuvre incontestés que sont Cristal qui songe et Les plus qu’humains, j’avais bien aimé aussi deux novellas noires de Maître Sturgeon.