D&D n°614 – Haruki, tu exagères !

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« 1Q84 », livre 2, de Haruki Murakami

Il y a une bonne petite lurette, j’ai lu le premier des trois pavés de 500 pages de ce roman hors norme. Cet auteur japonais ne m’avait encore jamais déçu. Pourtant, je vais tempérer mon enthousiasme.

D’abord c’est long, trop, à se demander si Haruki ne s’est pas fait un petit pari avec lui-même. Que ce soit lent est une chose, qui peut avoir son charme quand c’est bien raconté. Et Murakami raconte bien, pas de problème. Mais là il exagère, il nous explique plusieurs fois la même chose, ce qui finit par irriter. Il y a même des petites incohérences comme des caméras de surveillance en 1984 ou un pic à glace qui est en même temps dans un sac de femme et dans une consigne à la gare.

L’histoire, j’en ai dit deux mots dans le bifton précédent. On a, dans ce livre 2, un peu d’explications (mais pas très claires) sur ces vilains « Little People » qui font des chrysalides de l’air et entrainent certains individus réceptifs dans ce Japon parallèle où il y a deux lunes dans le ciel.

Franchement, cette histoire aurait pu être racontée en un seul roman de taille normale. Du coup, je me demande quand j’aurai le courage de lire le livre 3.

D&D n°613 – Que c’est lourd !

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« Game of Thrones », saison 4 (2014), d’après G.R.R. Martin

Là encore, comme pour la littérature, je dois avoir au moins dix ans de trop pour pleinement apprécier cet incontournable. Je n’ai jamais pu dépasser la cinquantième page sur les plusieurs milliers de cette saga encore inachevée, alors c’était plus facile pour moi qu’on me raconte l’histoire avec des images. Du coup, mon bifton d’avant concerne la saison 2 , j’ai oublié d’en faire un sur la 3.

Le souci c’est que cette histoire m’ennuie et traîne en longueur. Alors y a des morts, oui, son lot à chaque saison, qui fait causer et se pâmer la horde immense des suiveurs et fanatiques. Mais je n’ai pas vu un seul moment de gaité ou de joie ou heureux au cours de ces premières quarante heures. Je doute fort qu’il y en ait un jour. C’est exclusivement glauque, sanglant, horrible et, à part les personnages principaux – si nombreux que je m’y perds – des dizaines et des centaines de soldats ou de paysans se font trancher têtes et membres, égorger, étriper, violer ou torturer à chaque épisode.

Il m’est impossible de m’identifier à aucun de ces personnages, même les petites filles ne pensent qu’à tuer et les plus ou moins héros comme le nain tournent antipathiques.

Alors je regarde, parce qu’il faut si on ne veut pas avoir l’air bête dans le monde, mais à aucun moment je n’ai éprouvé du plaisir. Au contraire, j’ai souvent été écœuré par ces excès de cruauté et de méchanceté en tous genres. Mais il en faut pour tous les goûts, le gore est grave tendance (parce que le message social ou politique, comment dire ?) et ils n’ont pas lésiné sur les moyens techniques et financiers.

Les acteurs sont bons, les images sont belles, la mise en scène est impressionnante, mais c’n’est définitivement pas ma came.

D&D n°612 – La preuve par l’expérience.

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« Grands moments de solitude » de Gudule

Maintenant que je suis retraité (pensionné, pour être précis), j’ai plein de temps pour faire ce que je veux, dont lire. Parce que lire a toujours été, du plus loin que je me souvienne, une source de plaisir. Mais elle n’est pas facile à obtenir, cette satisfaction. Elle est même relativement rare.

Ces dernières semaines, j’essaye plein de bouquins. Je m’interromps souvent après une trentaine ou une cinquantaine de pages. Ce livre n’est pas pour moi ? Bon d’accord. D’autres fois je me force pour aller plus loin, pour essayer de finir, même si je dois sauter des paragraphes que je juge abscons (mon dernier bifton par exemple, ou d’autres dont je ne dirai rien et ça vaut mieux pour tout le monde). Ce qui fait que je peux mettre une semaine ou plus pour achever un roman (le standard étant passé de 200-250 à 450-500 pages pour des raisons que je ne comprendrai jamais).

Mais, heureusement pour moi, il m’arrive de ne pas pouvoir lâcher un bouquin commencé et de le finir en deux jours. Parce que c’est bon, tout simplement. Celui-là, le énième de Gudule dont je vous cause, n’est pourtant pas un thriller haletant. Loin s’en faut. C’est un livre de souvenirs, de 216 anecdotes ou petites choses de la vie. Mais c’est bon. Parce que c’est drôle, c’est mordant, c’est tendre. C’est aussi édifiant sur le monde de l’édition depuis les années septante, la Belgique de la décolonisation, et les gens en général, leurs grandeurs et leurs bassesses, celles des autres et celles de l’auteur. Elle n’hésite pas à dire ses secrets, parfois honteux, voire même inavouables, mais toujours avec pudeur, distance et ironie sur elle-même.

C’est une grande dame de la littérature francophone, mais c’est aussi une femme simple qui déteste la bondieuserie de ses parents, une mère lionne prête à tout pour défendre sa progéniture, une militante, une amoureuse, une petite fille qui fait bien des bêtises, une rêveuse, et bien d’autres choses encore. Lisez Gudule !

P.S. : La couv’ et les rares illustrations sont d’Edika.

P.P.S. : Ces textes sont parus sur son blog et le tome 2 y est actuellement en lecture libre. Zyva, les gens !

D&D n°611 – La SF des années nonante.

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« Le Temps du Twist » de Joel Houssin

Comme vous le savez, je n’ai pas tout lu, et, en l’occurrence, rien de ce monsieur. Comme c’est un fondu grave de Led Zeppelin, je le trouve a priori plutôt sympathique. Par contre, ses discours sur l’informatique et le biologique mélangés dans la quantique spatio-temporelle avec rétropédalage en côte (il semblerait qu’on dise « cyberpunk »), j’ai du mal.

Sinon, ça fait plaisir de retrouver des choses de sa jeunesse comme le libanais rouge ou le Bombay black. Mais, même s’ils existaient encore, pas sûr que ça m’aiderait à comprendre le délire à plusieurs étages de cet hommage pour le moins confus aux idoles du rock.

Le roman a eu le GPI en 1992, ce qui ne veut pas dire grand-chose mais signifie indéniablement que, déjà aux débuts des 90, je ne comprenais rien à la littérature de genre.

D&D n°610 – Une série singulière.

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« Real Humans », saison 2 (2014), série créée par Lars Lundström.

Si vous avez aimé la saison 1  vous apprécierez la saison 2. On retrouve les mêmes personnages et d’autres prennent de l’importance alors que de nouveaux événements viennent compliquer l’histoire.

Cette série suédoise diffère carrément des américaines. Le rythme, les images, l’absence de moyens n’ont rien de commun avec nos habitudes. Les effets spéciaux sont réduits au minimum et la crédibilité repose sur le jeu (assez formidable) des acteurs qui jouent les robots. Comme précédemment, tout tourne autour du programme qui permet de doter les hubots de libre arbitre, et donc de les rendre psychologiquement semblables aux humains. Mais on apprend qu’on peut aussi « cloner » un cerveau humain et le mettre dans un corps de robot à son image. De plus, un virus peut infecter les hubots qui se téléchargent illégalement (Oh, les vilains !) de nouvelles capacités. Ils deviennent alors fous et même violents.

Plusieurs histoires se déroulent en parallèle mais n’en font plus qu’une à la fin, autour de notre famille modèle ( Maman avocate, Papa au chomdu, le grand amoureux de la hubote, la fille ado un peu bête et la benjamine).

Dépaysant et intelligent, interpellant sans vouloir donner des leçons, ce programme mérite la vision du sérivore curieux.

D&D n°609 – Non, j’y crois pas, sans déconner ?

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« Revenge », saison 3 (2013-2014), série créée par Mike Kelley

Devant l’avalanche de coups tordus, de complots et de retournements d’alliance, cette série est maintenant entrée de plain-pied dans le cercle des scénarios les plus improbables. Le rythme s’accélère encore après la saison 1 et la 2. En d’autres termes, le portnawak EST le fil rouge de cette série, qui pourtant accroche quand même (va comprendre, Charles). Sans doute dans l’espoir de savoir ce qu’ils vont bien pouvoir inventer, qui les scénaristes vont ressusciter ou nous offrir comme fils caché, amant oublié ou parent biologique sorti du chapeau.

Il y a pourtant de vrais morts et de vraies mortes, mais on finit par se demander s’ils ne vont pas réapparaître. Les personnages changent de mentalité comme d’alliance, plus que de chemises ou de robes de bal. Les gentils sont forcément un peu cons, mais heureusement les méchants aussi. Ce qui fait qu’on se demande s’ils sont machiavéliques ou naïfs ?

Le spectateur aura, dans cette saison 3, son lot de nouveaux personnages et constatera la disparition (provisoire ou définitive ?) de quelques anciens. À ce titre, le final vaut son pesant de cacahouètes de l’impossible. Mais que croire ? Hein ?

Si vous n’avez rien d’autre à vous mettre sous le regard fatigué depuis votre canapé, on finit par rigoler des invraisemblances hebdomadaires de ce sitcom élargi à l’État de New-York.

D&D n°608 – Pauvre Grimm.

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« Grimm », saison 3 (2013-2014), série créée par David Greenwalt et Jim Kouf

J’ai failli oublier de vous causer de cette série à laquelle je reste fidèle. Après une première et une deuxième saison enlevées, cette troisième reste dans le ton.
Outre les enquêtes sur tel ou tel wesen plus ou moins crédible, le fil rouge avance gentiment. Juliette finit par être informée de la vraie nature de son flic de compagnon. Ils deviennent grave potes avec le garou repenti et la petite souris, un couple très drôle. Le capitaine flic, de la famille royale méchante, se fait carrément leur allié et seul ce brave Wu a du mal à ne pas croire ce qu’il voit.

L’autre point majeur de cette saison est l’apparition d’une jeune rebelle grimm, que va essayer de coacher notre héros. Ce qu’il ne parvient pas toujours à faire.

La fin est terrible, le mariage de la souris apothicaire et de l’horloger garou tourne au désastre. La méchante Adelin – qui fait tout pour retrouver ses pouvoirs et son bébé de sang royal – va concocter un piège qui laissera notre brave Grimm bien mal en point… et les spectateurs haletants jusqu’à l’automne.

(sur la photo, de gauche à droite : Grimm le flic, l’horloger, l’apothicaire et la véto.)