D&D n°782 – Un certain ennui

 

« Kalpa impérial » de Angélica Gorodischer

Je vous ai déjà balancé mes lieux communs sur l’Argentine du foot, du tango, des gauchos et des colonels mais aussi de Borgès, de Cortazar ou de Bioy Casarès. La dame vient de ce pays et on le ressent en la lisant.

Le style et le discours sont profondément originaux. À ce titre, le bouquin mérite la lecture. Mais, quand on a un mauvais caractère et bien peu de patience, on se lasse de ces longues histoires de tel ou tel empereur ou ville inventés et on finit par laisser tomber.

Je m’excuse auprès de la dame, de l’éditeur courageux spécialisé hors norme, et de ceux qui savent ce qu’est la littérature mais l’ennui m’a gagné progressivement et je n’en avais plus rien à faire de ce qu’il allait advenir dans les pages suivantes. J’ai lu la moitié mais je m’arrête là, faute d’envie d’en lire plus.

Mais c’est beau, hein, une langue pleine de longues phrases sans fin bourrées d’itérations et de virgules tout en évitant d’être pénible. Il y a même de l’ironie et de l’humour, malheureusement je n’ai pas accroché.

D&D n°770 – Gouleyant

 

« Le Paris des Merveilles. III. Le royaume immobile » de Pierre Pevel

Ben forcémuche, hein. Après les tomes I et II, étant donné ce que je vous en avais dit, je ne pouvais que lire ce troisième. Et j’ai bien fait.

On retrouve avec plaisir le mage Griffont et la belle enchanteresse Isabel grâce à la plume alerte et drôle qui narre leurs aventures. Aucune lassitude ne s’est glissée entre deux chapitres et j’ai lu le bouquin avec le sourire et l’envie d’y retourner dès que j’avais cinq minutes. Et – vous commencez à me connaître après des centaines de biftons – ça ne m’arrive pas très souvent.

Vous pouvez vous reporter aux avis indiqués en lien plus haut sur les deux premiers tiers. Les aventures sont différentes, comme les protagonistes secondaires et les machinations, mais l’ambiance, la légèreté et l’élégance sont toujours au rendez-vous, avec un petit plus sur les bagnoles de la Belle Époque.

Encore un auteur de la SFFFF qui fait plaisir à lire. Mème si ses Lames du Cardinal m’ont gonflé au deuxième volume, je lirai volontiers sa nouvelle série.

D&D n°769 – Brutal mais sympathique

 

« Le Bâtard de Kosigan I. L’ombre du pouvoir » de Fabien Cerutti

D’habitude, je goûte moyennement la fantasy moyenâgeuse à la GRR ou à la Gentle qui n’en finit jamais. Mais, vous me connaissez, j’essaye de rester ouvert d’esprit. Alors – la faute à Pascal Godbillon – je tente ce Prix des Imaginales et des lycéens 2015. Eh ben, je me suis fait avoir. C’est prenant et bien enlevé. On ne s’ennuie pas et on est souvent surpris au détour d’un chapitre.

J’ai malgré tout été gêné par la deuxième trame narrative et épistolaire. Contrairement aux aventures impossibles du quasi invincible chevalier mercenaire dans une Champagne uchronique du XIVe siècle, elle concerne son héritier à la fin du XIXe. Sans doute est-ce aussi une façon de pousser le lecteur à acquérir la suite ?

Bon, encore un du microcosme, mais, pas comme d’autres plus en vue, celui-là a mérité ses prix, à mon mauvais goût et humble avis.

D&D n°763 – La magie à vapeur subtile

 

« Le Paris des Merveilles. II. L’élixir d’oubli » de Pierre Pevel

Sans doute passe-je par une période de bonne humeur, histoire de contrarier mon pseudo, mais j’ai lu avec avidité et plaisir ce tome II, peu après le tome I.

Sur une autre trilogie de l’auteur, façon mousquetaires et dragons, j’avais calé au milieu de deuxième volet. Mais là, pas du tout, les aventures extraordinaires du mage Griffont et de la belle enchanteresse Isabel m’ont tenu en haleine, le sourire aux lèvres, tout du long.  Je ne comprends pas vraiment pourquoi mais le fait est. L’élégance des personnages, d’esprit comme de costumes, s’accorde parfaitement avec le style à l’ancienne mais pas trop qui sait rester léger et alerte.

On y rencontre,  steampunk oblige, des personnages célèbres comme Lupin et Lord Dunsany en ce début de XXe siècle, ou  Cartouche dans le long flashback au XVIIIe, et même Merlin ! Mais ils apparaissent presque naturellement dans l’histoire, sans aucune lourdeur.

Alors non, il n’y a pas plus de message philosophique ou moral dans cette trilogie que dans la précédente mais cette fois je n’en ai pas éprouvé le manque. La légèreté et l’élégance seraient-elles des remèdes à la mélancolie ?

D&D n°752 – Légèreté et élégance

 

« Le Paris des Merveilles, I. Les Enchantements d’Ambremer » de Pierre Pevel

Décidément, je devrais me méfier de mes a priori concernant les genres littéraires. D’autant que ces derniers pratiquent allègrement l’hybridation et produisent donc, comme chacun sait, une progéniture vigoureuse. Je ne goûte guère la fantasy en général et déjà dit du mal du steampunk, histoire d’entretenir ma réputation de vieux rouspéteur. Or j’ai pris du plaisir à lire ce bouquin.

Il s’agit dans ce roman, le premier d’une trilogie (forcément), d’une fantasy steampunk où, au début du XXe siècle, dans un Paris parallèle, se côtoient mages et fées, enchanteresses et gnomes, dragons et chats ailés et même de méchantes gargouilles et des flics sympathiques.

On y lit les aventures d’un mage et d’une enchanteresse, tous deux beaux, élégants, drôles et intelligents et qui s’aiment d’un amour compliqué. Chacun vit sa vie mais ils vont combattre ensemble la très méchante Reine Noire, sœur jumelle de la Reine des Fées.

Le roman est suivi d’une nouvelle. Ha ! vous exclamerez-vous si vous avez lu mon précédent billet. Mais non ! vous répondrai-je, cette nouvelle se passe dans le même monde, avec les mêmes personnages et y trouve parfaitement sa place. Très steampunk, d’ailleurs, avec le Nautilus de Verne, originale et drôle.

En espérant que le tome II ne me fasse pas le même effet qu’avec Les Lames du Cardinal, une autre trilogie du même auteur.

D&D n°741 – Espacer les doses

 

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« Un amour de Panthera » de Pierre-Alexis Orloff

Bizarrement, alors que je n’apprécie guère les pavés, j’aime bien les feuilletons. Sans doute que, lus à petite dose, ils font l’effet d’une série télé dont on attend l’épisode suivant de semaine en semaine. Du coup, on peut en avaler des heures ou des centaines de pages sans se lasser, si c’est à votre goût, évidemment.

Là c’est le quatrième d’une série et les bouquins sont très espacés dans le temps. Ce qui est relativement gênant – mais pas trop – pour se rappeler les noms et les rôles des personnages, dont le nombre croît avec la complexification du scenario. Je l’ai déjà dit en racontant mes impressions sur les tomes 1, 2 et 3 et je continue à prendre du plaisir à la lecture de cette histoire.

Cette fois, Panthera, qui vit un amour lesbien avec son amie Tanya, tombe amoureuse d’un homme quand, au même moment et par un heureux hasard ( hum…), c’est également le cas de sa copine. Sinon, les choses avancent tout doucement, malgré les bagarres et fusillades, et le lecteur n’est pas beaucoup plus avancé après avoir fini l’épisode. Mais, tout bien considéré, là n’est pas l’important. L’essentiel est dans le voyage et la satisfaction procurée par l’écriture agréable et les rebondissements incessants.

D&D n°733 – Une achronie ?

 

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« Dans les Arènes du Temps » (Lasser, tome 4) de Sylvie Miller et Philippe Ward

Après avoir apprécié les premier, deuxième et troisième opus de la série, je me suis acheté le quatrième.

Voilà que les petits bouquins distrayants (qu’on disait « de gare » sans aucune péjoration de ma part) atteignent les 500 pages ou presque. Décidément, je n’arrive pas à me faire à cette tendance lourde (indeed).

Dans ce quatrième opus l’accent est mis sur l’assistante de Lasser, Fazimel, qui joue cette fois les premiers rôles. L’histoire est racontée de son point de vue comme de celui du détective et la belle se révèle être bien autre chose que réceptionniste d’hôtel.

Après une première partie à Pompeï, Fazimel et Lasser sont engagés par Jupiter et les dieux romains, aussi antipathiques que les autres. Ils seront aidés par le chef de la mafia, un faune et un étrange personnage nommé Herb.

Le privé, après avoir joué les Marlowe et les James Bond, peut maintenant enfiler le costume de Bob Morane puisqu’il va voyager dans le temps, affronter les lions du cirque et participer aux orgies de Caligula comme aux fêtes des hippies des seventies.

Même si j’ai eu l’impression que le bouchon était poussé un peu trop loin,  après l’intervention de la patrouille du temps et les révélations sur la vraie nature de Fazimel, j’ai lu le livre avec plaisir et le dépaysement était au rendez-vous.