D&D n°791 – L’Histoire décalée

 

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« Le Bâtard de Kosigan. II. Le fou prend le roi » de Fabien Cerutti

Oui, je sais, c’est de la fantasy historique moyenâgeuse. Voir mon bifton sur le premier tome. La quatrième de couv’ est, comme d’habitude, imbécile qui compare Cerutti à deux que je n’aime pas, Jaworski   et Gentle. Comme ces derniers vendent bien, ce doit être attractif ? Bref, pour moi, heureusement que les aventures du Bâtard ne ressemblent pas à ce qu’on lit chez ces deux-là.

L’auteur est agrégé d’Histoire alors je le crois quand il raconte le début de la Guerre de Cent Ans. Mais m’est avis qu’il invente tout ce qui concerne la sorcellerie, les méchants elfes noirs, les druides, les ogres et les dragons. Toutes ces « races anciennes » (plutôt des espèces), dont certaines sont intelligentes, ont été éradiquées par l’Inquisition mais il en reste. D’ailleurs, la quasi invincibilité du héros n’est-elle pas due à son sang noir ? Alors de l’Histoire, oui, mais avec des méchants vraiment zarbis (la preuve ? Même les Anglois peuvent être gentils !).

Alors ça ferraille, bastonne et cavalcade sans arrêt. Il y a des blessés et des morts, et même un peu de torture, mais pour le héros qui ne s’en ressent presque plus le lendemain (sang noir, tout ça). Dans ce tome, il n’a pas le temps de culbuter la marquise mais il sauve la jolie dame qui lui rendra la pareille.

Alors c’est bien de la fantasy historique mais ce n’est pas lourd (malgré le nombre de pages), on comprend presque tout le vocabulaire et la plume est alerte.

Il y a toujours cette deuxième trame qui se passe à la fin du XIXe et qui sert de caution « véridique » aux mémoires de Kosigan. Son descendant d’alors aurait-il, lui aussi, un destin ?

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D&D n°782 – Un certain ennui

 

« Kalpa impérial » de Angélica Gorodischer

Je vous ai déjà balancé mes lieux communs sur l’Argentine du foot, du tango, des gauchos et des colonels mais aussi de Borgès, de Cortazar ou de Bioy Casarès. La dame vient de ce pays et on le ressent en la lisant.

Le style et le discours sont profondément originaux. À ce titre, le bouquin mérite la lecture. Mais, quand on a un mauvais caractère et bien peu de patience, on se lasse de ces longues histoires de tel ou tel empereur ou ville inventés et on finit par laisser tomber.

Je m’excuse auprès de la dame, de l’éditeur courageux spécialisé hors norme, et de ceux qui savent ce qu’est la littérature mais l’ennui m’a gagné progressivement et je n’en avais plus rien à faire de ce qu’il allait advenir dans les pages suivantes. J’ai lu la moitié mais je m’arrête là, faute d’envie d’en lire plus.

Mais c’est beau, hein, une langue pleine de longues phrases sans fin bourrées d’itérations et de virgules tout en évitant d’être pénible. Il y a même de l’ironie et de l’humour, malheureusement je n’ai pas accroché.

D&D n°770 – Gouleyant

 

« Le Paris des Merveilles. III. Le royaume immobile » de Pierre Pevel

Ben forcémuche, hein. Après les tomes I et II, étant donné ce que je vous en avais dit, je ne pouvais que lire ce troisième. Et j’ai bien fait.

On retrouve avec plaisir le mage Griffont et la belle enchanteresse Isabel grâce à la plume alerte et drôle qui narre leurs aventures. Aucune lassitude ne s’est glissée entre deux chapitres et j’ai lu le bouquin avec le sourire et l’envie d’y retourner dès que j’avais cinq minutes. Et – vous commencez à me connaître après des centaines de biftons – ça ne m’arrive pas très souvent.

Vous pouvez vous reporter aux avis indiqués en lien plus haut sur les deux premiers tiers. Les aventures sont différentes, comme les protagonistes secondaires et les machinations, mais l’ambiance, la légèreté et l’élégance sont toujours au rendez-vous, avec un petit plus sur les bagnoles de la Belle Époque.

Encore un auteur de la SFFFF qui fait plaisir à lire. Mème si ses Lames du Cardinal m’ont gonflé au deuxième volume, je lirai volontiers sa nouvelle série.

D&D n°769 – Brutal mais sympathique

 

« Le Bâtard de Kosigan I. L’ombre du pouvoir » de Fabien Cerutti

D’habitude, je goûte moyennement la fantasy moyenâgeuse à la GRR ou à la Gentle qui n’en finit jamais. Mais, vous me connaissez, j’essaye de rester ouvert d’esprit. Alors – la faute à Pascal Godbillon – je tente ce Prix des Imaginales et des lycéens 2015. Eh ben, je me suis fait avoir. C’est prenant et bien enlevé. On ne s’ennuie pas et on est souvent surpris au détour d’un chapitre.

J’ai malgré tout été gêné par la deuxième trame narrative et épistolaire. Contrairement aux aventures impossibles du quasi invincible chevalier mercenaire dans une Champagne uchronique du XIVe siècle, elle concerne son héritier à la fin du XIXe. Sans doute est-ce aussi une façon de pousser le lecteur à acquérir la suite ?

Bon, encore un du microcosme, mais, pas comme d’autres plus en vue, celui-là a mérité ses prix, à mon mauvais goût et humble avis.

D&D n°763 – La magie à vapeur subtile

 

« Le Paris des Merveilles. II. L’élixir d’oubli » de Pierre Pevel

Sans doute passe-je par une période de bonne humeur, histoire de contrarier mon pseudo, mais j’ai lu avec avidité et plaisir ce tome II, peu après le tome I.

Sur une autre trilogie de l’auteur, façon mousquetaires et dragons, j’avais calé au milieu de deuxième volet. Mais là, pas du tout, les aventures extraordinaires du mage Griffont et de la belle enchanteresse Isabel m’ont tenu en haleine, le sourire aux lèvres, tout du long.  Je ne comprends pas vraiment pourquoi mais le fait est. L’élégance des personnages, d’esprit comme de costumes, s’accorde parfaitement avec le style à l’ancienne mais pas trop qui sait rester léger et alerte.

On y rencontre,  steampunk oblige, des personnages célèbres comme Lupin et Lord Dunsany en ce début de XXe siècle, ou  Cartouche dans le long flashback au XVIIIe, et même Merlin ! Mais ils apparaissent presque naturellement dans l’histoire, sans aucune lourdeur.

Alors non, il n’y a pas plus de message philosophique ou moral dans cette trilogie que dans la précédente mais cette fois je n’en ai pas éprouvé le manque. La légèreté et l’élégance seraient-elles des remèdes à la mélancolie ?

D&D n°752 – Légèreté et élégance

 

« Le Paris des Merveilles, I. Les Enchantements d’Ambremer » de Pierre Pevel

Décidément, je devrais me méfier de mes a priori concernant les genres littéraires. D’autant que ces derniers pratiquent allègrement l’hybridation et produisent donc, comme chacun sait, une progéniture vigoureuse. Je ne goûte guère la fantasy en général et déjà dit du mal du steampunk, histoire d’entretenir ma réputation de vieux rouspéteur. Or j’ai pris du plaisir à lire ce bouquin.

Il s’agit dans ce roman, le premier d’une trilogie (forcément), d’une fantasy steampunk où, au début du XXe siècle, dans un Paris parallèle, se côtoient mages et fées, enchanteresses et gnomes, dragons et chats ailés et même de méchantes gargouilles et des flics sympathiques.

On y lit les aventures d’un mage et d’une enchanteresse, tous deux beaux, élégants, drôles et intelligents et qui s’aiment d’un amour compliqué. Chacun vit sa vie mais ils vont combattre ensemble la très méchante Reine Noire, sœur jumelle de la Reine des Fées.

Le roman est suivi d’une nouvelle. Ha ! vous exclamerez-vous si vous avez lu mon précédent billet. Mais non ! vous répondrai-je, cette nouvelle se passe dans le même monde, avec les mêmes personnages et y trouve parfaitement sa place. Très steampunk, d’ailleurs, avec le Nautilus de Verne, originale et drôle.

En espérant que le tome II ne me fasse pas le même effet qu’avec Les Lames du Cardinal, une autre trilogie du même auteur.

D&D n°741 – Espacer les doses

 

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« Un amour de Panthera » de Pierre-Alexis Orloff

Bizarrement, alors que je n’apprécie guère les pavés, j’aime bien les feuilletons. Sans doute que, lus à petite dose, ils font l’effet d’une série télé dont on attend l’épisode suivant de semaine en semaine. Du coup, on peut en avaler des heures ou des centaines de pages sans se lasser, si c’est à votre goût, évidemment.

Là c’est le quatrième d’une série et les bouquins sont très espacés dans le temps. Ce qui est relativement gênant – mais pas trop – pour se rappeler les noms et les rôles des personnages, dont le nombre croît avec la complexification du scenario. Je l’ai déjà dit en racontant mes impressions sur les tomes 1, 2 et 3 et je continue à prendre du plaisir à la lecture de cette histoire.

Cette fois, Panthera, qui vit un amour lesbien avec son amie Tanya, tombe amoureuse d’un homme quand, au même moment et par un heureux hasard ( hum…), c’est également le cas de sa copine. Sinon, les choses avancent tout doucement, malgré les bagarres et fusillades, et le lecteur n’est pas beaucoup plus avancé après avoir fini l’épisode. Mais, tout bien considéré, là n’est pas l’important. L’essentiel est dans le voyage et la satisfaction procurée par l’écriture agréable et les rebondissements incessants.