D&D n°709 – Quand il fait froid au Cameroun.

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« La forêt de cristal » de J.G. Ballard

Sans doute avais-je lu ce roman en Présence du Futur mais il ne m’avait pas particulièrement marqué. Je l’ai relu (un demi-siècle environ plus tard) dans sa nouvelle traduction par Michel Pagel [merci au dirlit Pascal de sa tolérance à la bademouderie !] et je reste circonspect.

Je ne vais pas, comme d’aucuns critiques stakhanovistes, vous pondre douze pages expliquant comment et pourquoi ce roman est (en fait presque ?) un chef d’œuvre. Pas mon style.

C’est un roman qui veut faire de la vidéo, ou de la peinture. Enfin, il décrit des images, des situations très cinématographiques avec un paysage d’une beauté à couper le souffle. Malheureusement je n’ai pas les bonnes lunettes 3D, ou mes neurones d’imagination ne se branchent pas très bien. Je comprends les phrases mais elles ne font émerger que quelques images, dont un crocodile en joaillerie et un type courant avec un crucifix en pierres précieuses, mais guère plus.

Le narrateur, médecin de lépreux, désabusé, est une sorte d’anti-héros égotiste à l’extrême. Bon d’accord, il se demande si une non-mort en cristaux ne vaudrait pas mieux que sa petite vie de séducteur à deux balles.

Le roman a beau être « court » (selon les critères d’aujourd’hui qui ne sont pas les miens), une belle idée ne suffit pas pour plus de deux-cent-cinquante pages. On finit par s’ennuyer dans ces descriptions de lumières que l’on ne voit pas, ces scènes d’action comme rajoutées pour dire, ces personnages à la psychologie sommaire.

Chacun ses goûts et, vous êtiez prévenus, les miens sont mauvais.

D&D n°708 – Un traitement intelligent de la singularité.

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« Person of Interest », saison 5 et finale (2016), série créée par Jonathan Nolan

Une de mes séries préférées de ces dernières années se termine. J’en raconte assez dans mes précédents biftons (saison 1, saison 2 et saison 3) pour ne pas recommencer le pitch.

Bien que déçu par la saison 4, j’avais hâte  de retrouver Shaw la belle brune, qui est bien vivante (mais dans quel état !), et Root son amie à demi machine. On est vite happé par la série comme aux meilleurs moments des premières saisons. Evidemment que les choses tourneront mal, mais pas pour tout le monde, heureusement.

Aucune envie de vous dévoiler le dénouement en cascades. Si vous avez apprécié les saisons précédentes vous adorerez cette finale subtile pleine de morale, d’éthique, de philosophie existentielle, de sentiments  amicaux et amoureux.  Le tout sans jamais ennuyer, larmoyer ni prendre la tête. Du grand art.