D&D n°599 – Comme la fin d’une très longue histoire.

Inspecteur Lewis
« Lewis », saison 7 (2013), série créée par Chris Burt et Kate McKerrell

Il me semble vous avoir causé de l’Inspecteur Morse, héros de Colin Dexter, dont j’avais lu les enquêtes avant de les retrouver en épisodes de série télé. Ce flic bougon, alcoolique, n’écoute que du classique, roule en Jaguar, marche à l’intuition et se trompe souvent dans des fausses pistes. Il meurt à la fin.
Mais son adjoint, Lewis, revient à Oxford après la mort de sa femme. Ce n’est plus inspiré par Dexter, qui n’a jamais écrit ça, mais par ses personnages et un peu son esprit.
Dans la série, Lewis a pour adjoint, Hathaway, un grand blond original, ancien séminariste et fumeur, qui le seconde efficacement pour tout ce qui est scientifique ou culturel.
Bref, cette septième saison comprend trois histoires, chacune de deux épisodes. Oui c’est bizarre mais c’est anglais, alors bon.
Sinon, je vous l’ai déjà dit, j’aime beaucoup ces ambiances classiques à l’anglaise, bien construites, bien jouées et qui se passent dans la formidable Oxford.
Outre les enquêtes compliquées, pleines de suspects et de renversements de perspectives, on s’attache à la vie privée de ce vieux Lewis qui finit par craquer pour la légiste. La dernière histoire (Intelligence design) est particulièrement difficile à vivre pour Hataway qui envisage sérieusement de démissionner, quand, dans le même temps, Lewis décide de prendre sa retraite.
Eh ben non, ce ne sera pas la fin puisqu’une huitième saison a été commandée. C’est anglais, vous dis-je.

D&D n°598 – Pour alimenter un blog, pourquoi pas la fin du monde ?

 

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« Mondes en collision » de Immanuel Velikovsky

En ce moment, tout ce que je lis m’ennuie. J’essaye plein de trucs modernes, de la fantasy avec la french touch qui ressemble trop au reste que c’est même pas la peine, de la SF grave moderne de gauche deleuzienne illisible, ou alors à l’ancienne, façon récriture de vieux Fleuve Noir sans humour et chiants comme un roman d’aventures déjà lu vingt fois.

Tout me gonfle, rien ne m’accroche. Quand on a beaucoup lu, même si on ne se rappelle plus grand-chose, on se lasse vite du truc toujours pareil, de la même chose, de la même musique, ou de l’exercice de style pénible qui fait genre. Vous vous en tapez, je comprends. Mais faut écrire des billets idiots pour éviter les pubarderies infernales des blogs gratuits.

J’essaye aussi, tant qu’à faire, des trucs graves de ouf de l’impossible, comme l’étonnant Mondes en collision, un essai qui se veut scientifique paru en 1951 en langue grenouille. Comment dire ? Une comète est passée au moment de l’exode des Israélites, à la fin du Moyen Empire égyptien. Le monde en a été bouleversé, le soleil s’est levé à l’Ouest (comme le monsieur) et la Terre s’est retournée. D’ailleurs les Mayas et les Hindous le disent aussi. Il y a eu, à cette occasion ou à une précédente, la disparition des dinosaures, le Déluge, la submersion de l’Atlantide, une nuit de sept jours et la manne, une sorte de miel ou d’ambroisie, est tombée du ciel pour nourrir les rares humains survivants. C’est au-delà de la fantasy mais c’est, là encore, illisible, et l’humour n’est pas volontaire. Excusez-moi si j’ai zappé des pages entières n’y suis allé au bout du bouzin. Il paraît qu’il est expliqué à la fin que cette comète, qui est passée deux fois en 52 ans environ, en fait, c’est la planète Vénus. Ah bon. Sortir des sentiers rebattus de la science officielle, ça me va, mais le monsieur, psychiatre de son état, pousse le bouchon dans l’infini…

P.S. : j’ai donc googlisé après coup. Figurez-vous qu’il y a encore aujourd’hui des mécréants (collègues !) qui le prennent très au sérieux. Comme là http://bistrobarblog.blogspot.ch/2013/03/mondes-en-collision-velikovsky-le.html

Bon, de toute façon, la fin du monde est proche. Tout le monde le dit, même la NASA !

D&D n°597 – Un peu de soleil ?

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« Death in paradise », saison 3 (2014),  série créée par  Robert Thorogood

Après avoir visionné un ou deux épisodes d’une série un peu dure, comme True Detective, il est bon de passer à un registre plus léger avant d’aller faire un dodo non cauchemardeux. Quoi de mieux qu’une de ces enquêtes sous le soleil des Antilles ?

Je vous ai déjà dit mon plaisir à regarder les deux premières saisons de cette série estampillée BBC mais franco-britannique tournée en anglais à la Guadeloupe. Sur une île inventée, Sainte Marie, un inspecteur du continent aide ses collègues locaux à résoudre des crimes. Après un ultra coincé toujours en costard et pompes cirées, un nouvel inspecteur grand et blond débarque dans l’île pour enquêter sur la mort de son prédécesseur. Le nouveau s’adapte beaucoup mieux aux coutumes locales mais c’est un grand timide un peu gauche et maladroit. Ce qui ne l’empêche pas de raisonner comme Hercule Poirot et, après avoir résolu l’énigme, de rassembler tous les suspects pour confondre l’assassin.

L’ambiance est vraiment agréable, le ton léger et l’humour toujours au rendez-vous. Seul l’inspecteur a changé, les autres personnages restant fidèles à eux-mêmes. Même le lézard vert, et même surtout la jolie DS à moitié française qui s’intéresse de près à son nouveau chef.

Il n’y a pas que le glauque, le gore et la violence dans les séries télé policières. Tant mieux !

D&D n°596 – Série télé et philosophie.

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« True Detective » (2014), série créée et écrite par Nic Pizzolatto

Cette série HBO de huit épisodes fait le buzz et un tabac. Vous me connaissez, je ne suis pas un critique et me contente de vous donner mon ressenti.

Le générique est formidable, les images belles et le propos original dans le traitement. Ce qui permet de tenir parce que c’est lent, voire très lent au début. Deux flics devenus privés sont interrogés séparément par deux vrais policiers d’aujourd’hui. On revit, avec leurs yeux, l’enquête qu’ils ont menée en 1995, celle du meurtre rituel d’une jeune femme. Ils finiront par trouver le coupable. Mais, en 2002, la déclaration d’un type arrêté dans une autre affaire va relancer l’enquête. Dans les deux derniers épisodes nos privés vont enfin découvrir la vérité.

Les deux « héros » sont très dissemblables, l’un est un philosophe, disons pour simplifier nietzschéen, solitaire et au passé lourd d’agent des stups sous couverture qui s’est bien cramé la cervelle. L’autre a tout du gros con primaire, grossier et simpliste, qui trompe sa femme. Les deux boivent beaucoup. Le portrait psychologique de l’un comme de l’autre est particulièrement fouillé, ainsi que la relation bizarre qui s’instaure entre les deux.

J’ai failli laisser tomber vers le milieu, un épisode violent et sans intérêt pour l’histoire avec une bagarre entre bikers et blacks. Mais, dès l’épisode suivant, j’ai repris avec plaisir le cours de cette longue histoire.

Je pense que ça va faire gloser les spécialistes. Je m’en moque un peu mais je vous conseille vivement le visionnage de cette série hors-norme. La version originale est obligatoire, à cause des accents trainants du Sud et de la Louisiane où se déroulent les faits.

D&D n°595 – Quel talent !

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« Entre chien et louve » de Anne Duguël

Après avoir péniblement fini une anthologie de jeunes auteurs français d’aujourd’hui,  j’en concluais que la littérature fantastique était un art difficile, très.

Heureusement pour les francophones, il y a nos voisins belges qui, depuis longtemps, maîtrisent le genre. Gudule est bien la digne héritière de Jean Ray et de Michel de Ghelderode. Je vous disais il y a peu mon admiration pour son talent. Ce n’est pas après cette lecture que je vais changer d’avis.

Un contremaître belge ramène d’Afrique une très jeune Congolaise. En ces temps-là, de racisme pré décolonisation, ils doivent s’installer à l’écart des autres, et la jeune femme passe du grand soleil aux brumes incessantes des Ardennes et à ses sapins tristes. Après cinquante ans de cette vie, le bonhomme meurt. Mais son esprit passe dans le corps d’un chien. La vielle noire le recueille et, plutôt que de parler toute seule, elle raconte sa vie à ce corniaud et ex-compagnon.

Avec une parfaite maîtrise de la progression dramatique, par petites touches, le passé et les souvenirs remontent. D’abord le Congo et ses sorcelleries (et ses berceuses), puis les longues années d’une vie tous les jours pareille, jusqu’au paroxysme final. Dans leur maison loin de tous, ils ont pourtant des voisins, un couple de Flamands et leur fils mongolien avec sa chienne demi-louve.

C’est fort, c’est beau, c’est violent, ça râpe les tripes et vous surprend au tournant.

Je me répète : bravo et respect !

D&D n°594 – Pour tous les goûts.

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« L’amicale des jeteurs de sorts », anthologie de Thomas Bauduret et Christophe Thill

En ce moment sur les réseaux, blogs et Facebook, les auteurs glosent sur leurs réactions aux recensions de leurs œuvres par des critiques officiels, des chroniqueurs assermentés ou des biftonneurs autoédités. Vous m’aurez tout de suite rangé dans la dernière catégorie. Cette intro’ pour dire pour la énième fois que mon avis, non seulement n’a pas grand intérêt, mais en plus n’a strictement aucune incidence sur la vente des ouvrages de ces chers mais tellement égotiquement fragiles auteurs. Bref.

Les anthologies, je n’en ai jamais raffolé et ça ne va pas commencer avec celle-là. Plein de textes, en général courts (et heureusement) de plein de gens plus ou moins connus du minusculocosme de la SFFFF de pouêt (auquel j’appartiens, précise-je). C’est-à-dire des passionnés, certains pleins de l’illusion de devenir célèbre et de pouvoir vivre de leur clavier, d’autres qui y arriveront peut-être (genre un sur cent environ et encore), des qui ont du talent, d’autres pour qui c’est moins évident, des qui bossent comme des malades pour un résultat médiocre, des qui pondent un truc vite fait pour avoir une nouvelle de plus publiée.

Le thème, vous l’aurez compris au titre, c’est la magie et les magiciens. J’aime bien la littérature fantastique mais, c’est le moins qu’on puisse dire, c’est un art difficile, voire très difficile. Alors – comme je suis déjà grave cramé – je ne vous parlerai pas des bouses mais je citerai trois nouvelles qui m’ont vraiment plu. Celle de Jean-François Seignol, grand spécialiste amoureux du tango et ça se lit, celle d’Anthelme Hauchecorne au nom impossible mais au talent indéniable, et celle de Karim Berrouka qui a mis de la SF et de l’humour dans sa contribution.

D&D n°593 – Accrochez-vous aux branches !

 

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« Lost Girl », saison 2 (2011-2012), série créée par Michelle A. Lovretta

Je vous avais parlé de ma découverte de cette série sans prétention.

Malheureusement, la deuxième saison a été allongée à 22 épisodes au lieu de 13 et il semblerait que les scénaristes recrutés aient eu du mal à assurer. Les petites histoires sont toutes plus invraisemblables les unes que les autres. On invente à chaque fois des faes nouvelles, très loin des gens du Petit Peuple comme des espèces habituelles de la fantasy urbaine. L’humour se fait rare, les personnages sont devenus des caricatures d’eux-mêmes et les incohérences scénaristiques se font encore plus nombreuses. De nouveaux personnages débarquent et le seul éventuel intérêt reste la bisexualité affirmée de l’héroïne Bo.

Mais, si vous survivez à ce fatras, ça s’améliore vers la fin (en gros au quatrième DVD sur cinq) où on retrouve ce qui avait fait le charme de la première saison. Le grand combat contre le garuda (un méchant de chez méchant qui se nourrit des inimitiés entre faes, se transforme en aigle de feu et est pratiquement invincible) est bien mené et apporte son lot de surprises et de retournements.

Il était temps, sinon j’aurais arrêté là. Je visionnerai donc la saison 3, après une pause bien méritée.