D&D n°622 – Bof, bof, bof !

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« Alternative Rock », recueil de nouvelles

Je vous ai déjà entretenu de cette opération « Rock et SF » de Folio SF, au travers de trois romans, de Shiner , de Houssin et de Martin. Sans rien comprendre au comment du pourquoi la nostalgie des sixties-seventies est grave tendance de nos jours parmi les quadras, je ne peux, a priori, que me réjouir du retour de mes icones d’ado-adulescent.

Nonobstant – et pourtant je suis moins décati, semble-t-il, que certains auteurs – la résonnance affective ou émotive a bien du mal à se faire avec ce ramassis de trucs épars écrits n’importe quand. Les deux seuls textes qui m’ont – un peu, sans exagération – touché sont l’Elvis le Rouge de Walter John Williams (1994, il y a vingt ans à peine) déjà lu ailleurs et, dans une encore moindre mesure, Snodgrass de Ian R. Mac Leod (1992, no further comment, merci).

Peut-être qu’un jour on m’expliquera à quoi servent ce type de livres regroupant du déjà écrit (et déjà publié par ailleurs éventuellement), sur une thématique décidée plus tard.

Déjà que j’ai beaucoup de mal avec les appels à textes où un(e) anthologiste demande à ses ami(e)s d’écrire un truc sur un thème. L’écriture aujourd’hui, sur commande, pour répondre à des contraintes et avec des dates butoir, comment dire… ? Chacun(e) son monde et sa place dans l’icelui de merde dont je ne suis déjà plus ?

D&D n°621 – Ah, les Suédoises…

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« Annika Bengzton, crime reporter » (2012), série créée à partir des romans de Liza Marklund.

Quand j’étais ado – pas boutonneux, on ne peut avoir tous les défauts –, on fantasmait sur les Anglaises (petites ou pas) [Margate, été 65, elle s’appelait Sue…], et sur les Suédoises, ces étrangères libérées, pour avoir une première expérience sexuelle [St. Anton, Autriche, hiver 66. elle s’appelait … ça ne vous regarde pas]. Je ne sais pas pourquoi ces souvenirs à la con me sont revenus après avoir visionné les six téléfilms qui constituent la première (ou unique ?) saison de ce drôle de feuilleton.

Annika est journaliste dans une presse qui aime les scandales et les scoops, elle bosse dur et n’a pas froid aux yeux. Ce qui n’arrange pas son couple et l’oblige à quitter ses deux enfants plus souvent qu’elle n’en aurait envie, quoi que… Elle a du flair, intuite les trucs comme une enquêtrice professionnelle, fait parler les témoins comme les flics (quel drôle de pays démocratique, la Suède, où chacun peut consulter les notes de frais des élus ou discuter avec le commissaire en charge de l’enquête !).

Mais il faut dire qu’elle sait y faire. Une grande sèche fausse blonde – pas mon type a priori – mais avec un charme ravageur malgré un menton à fossette digne d’un cow-boy. Tout est dans l’actrice, et dans le rôle (paraît-il un peu autobiographique) écrit par sa créatrice.

Je me suis fait avoir. En tout cas, ça s’essaye. Et ne faites pas comme moi, regardez-les films dans l’ordre chronologique de la série, à cause des trucs familiaux (pathos des relations à ses enfants et aux mecs).

D&D n°620 – Mea culpa, mais pas maxima.

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« Cherudek » de Valerio Evangelisti

Plus d’un mois, environ, pour lire ce bouquin. Mais, comme j’ai été au bout, me voilà en « droit » d’en causer un brin. Ça faisait un bail de lurette…
Le gus et son anti-héros (la pire des ordures extrémistes religieuses catho, un inquisiteur tortureur et tueur, espinguouin avec un nom boche, Eymerich) m’avaient – jusque-là – plutôt énervé qu’emballé.
Dans cette histoire qui se passe, comme d’hab’ avec Valerio, en plusieurs temps (là c’est milieu XIVe siècle, de nos jours et jamais, ou temps zéro suspendu), on parle de purgatoire, d’hérésie, d’alchimie et de métaphysique, un max, et du monde qui est triple : celui du corps, celui de l’âme et celui de l’esprit.
Juste pour vous donner une idée. Je ne suis pas érudit – j’ai fait caté mais y a longtemps – et n’ai jamais lu de traités en latin, ni ne sais rien des haines entre dominicains et franciscains. Alors, toutes ces références, pour moi, c’est comme Lovecraft et Le Nécronomicon de l’arabe dément. Il peut bien me citer qui il veut, Evangelisti au nom prédestiné, je n’irai pas fouiller la toile pour ça. Bref, ça discute ferme sur toutes sortes de choses, et on suit tous les méandres filandreux de la psychologie de l’inquisiteur au cœur froid, mais qu’une petite fille blonde pourrait émouvoir, tellement ils sont tordus, ses méandres.
Il y a aussi des aventures, de l’action quoi, des zombies (mais oui mais non, en fait moribonds), quelques tortures – le gore est tellement tendance – et d’autres joyeusetés : femmes laides et sales, insectes sanguinolents, crasses diverses et excréments.
Le roman m’a quand même accroché (relativisons, hein, un mois c’est très long) puisque je voulais connaître la fin. Valerio est un pro, et son traducteur Serge Quadruppani un sacré écrivain. Il y a aussi, dans le fatras métaphysico-troppo, une hypothèse qui m’a bien plu sur les hallucinations collectives. Non je ne spoilerai pas, tralala.
Ah oui, pour rigoler, il faut lire autre chose, mais vous le saviez déjà.