D&D n°826 – Vienne, hiver 1902

« Du sang sur Vienne » de Frank Tallis

Oui, j’avais acheté aussi le tome 2 des Carnets de Max Lieberman et j’ai poursuivi ma lecture. Pas forcément une bonne idée, même si ni le style ni le format ne changent, les pâtisseries viennoises sont un rien lourdingues, à force. La description minutieuse des monuments et statues avec les noms de rues et de quartiers, même en Français ça me gonfle, alors…

Sinon, on change complètement d’enquête et les deux potes, le psy et le flic, recherchent un serial killer qui a des méthodes bien particulières. On fait encore appel aux théories fumeuses de papa Freud pour décrypter les mystères et on baigne dans des milieux variés notamment ultranationalistes bien racistes qui prônent la suprématie des races nordiques, cafés sordides à putes et à soldats, bas-fonds où se réfugient les ultra pauvres ou encore franc-maçonnerie. Là j’ai un peu zappé les rites, parfaitement inutiles à l’histoire mais que Frank, qui a bien fait sa doc (une page et demie de remerciements), tient absolument à nous expliquer en détail.

Mis à part ces défauts légers, Max le psy tombe amoureux et doit annuler ses fiancailles, ce qui le perturbe fort. Et, comme dans le premier opus, il se retrouve à la fin seul à seul avec l’assassin et est bien près de mourir (impossible, c’est le héros).

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D&D n°825 – Sigmund et apfelstrudel

« La justice de l’inconscient » de Frank Thallis

Je comprends pourquoi ce bouquin de pur fantastique avec zombies et démons de F.R. Thallis  est paru en Grand Détectives. C’est parce que son auteur, un psychologue anglais renommé, signe Frank Thallis « Les carnets de Max Lieberman », des enquêtes d’un jeune psychiatre dans la Vienne du début du XXe siècle.

Ce jeune homme a pour meilleur ami un inspecteur de police qui fait appel à lui pour faire le profil de ses suspects. Adepte de Freud, un type jovial et sympathique ( !) qu’il va voir de temps en temps chez lui, le psy analyse lapsus et hésitations, fait parler les témoins en les allongeant sur un lit ou même en les hypnotisant  (ce qui ne plait pas à Sigmund) et analyse leurs rêves. Il soigne aussi à l’hôpital une jolie hystérique qui va les aider par son esprit scientifique.

L’affaire est compliquée : une jeune et belle voyante est retrouvée assassinée dans une pièce fermée de l’intérieur et par une balle en plein cœur que l’on ne retrouve pas. Tous ses clients sont suspects. C’est l’occasion de faire le tour de la société viennoise en 1900 : grands et petits bourgeois, commerçants, politiciens ou de mileux moins recommandables. Frank a fait un gros travail de documentation (il y a une page de remerciements) et on apprend beaucoup sur les cafés (bien sûr), les différentes recettes du breuvage qui y est servi et la variété des pâtisseries. On visite aussi une expo d’art moderne où expose Klimt et on y écoute et joue beaucoup de musique. Vienne, quoi.

Malgré l’abondance de détails qui allonge un peu le texte, l’histoire est enlevée et on ne s’ennuie pas. La lecture est facilitée par le découpage en courts chapitres. Dépaysant, délassant et original.

D&D n°824 – Le monde n’est pas assez moche

 

« Zulu » de Caryl Férey

Je me retrouve en Afrique du Sud, mais de nos jours. Rassurez-vous, le racisme est toujours là. Ça commence par le jeune zoulou Ali qui voit son frère brûler et son père être pendu par les Noirs à la botte des Blancs.

Suite au crime horrible d’une jeune Blanche, le chef de la criminelle de Cape Town prend en charge l’affaire. C’est ce même Ali devenu grand, beau et intelligent. Pendant toute la première partie on apprend à connaître Ali et ses deux adjoints, leurs forces et leurs faiblesses, leurs familles, leurs amours. Et à la fin de la première partie, on coupe les mains à la machette puis on égorge  le plus jeune des deux adjoints. Je me suis arrêté.

Ce polar a gagné plein de prix, les gens adorent lire des horreurs et les auteurs adorent les écrire. Je n’ai jamais supporté la violence gratuite, les supplices et autres viols (sans parler du gore) en littérature comme ailleurs. Ce n’est pas à l’aube de mes septante balais que je vais cesser ma bisounourserie. Cette complaisance des uns et des autres pour les horreurs, sous prétexte de les dénoncer ou d’en rigoler, m’écœure. Pour être tout à fait honnête, ça dépend aussi de l’auteur. Par exemple il se passe des choses horribles dans les romans de Burke mais je ne trouve pas ça gratuit, pas comme Caryl qui tue un de ses personnages sympathiques après nous avoir attendris avec sa femme cancéreuse et ses deux gosses.

On remarque que pour mieux vendre un livre déjà primé, on utilise le fait qu’on en a fait un film. Allez voir un film après avoir lu le livre, pourquoi pas ? Mais l’inverse…

D&D n°823 – C’est beau

 

« 24 vues du Mont Fuji, par Hokusai » de Roger Zelazny

Roger est un de mes auteurs préférés, depuis longtemps. Le mec empile les chefs d’œuvre, en pure SF (L’Île des morts) , en fantasy héroïque (Dilvish le damné) ou mythologique (Seigneur de lumière) , sans parler de post-apo (Les culbuteurs de l’enfer) ou de sa série des 9 princes d’Ambre.

J’ai acheté ce bouquin il y a quelques semaines et j’attendais de trouver les estampes d’Hokusai. Finalement j’ai lu le bouquin sans connaître les images, mais elles sont décrites au début de chaque chapitre.

Petit à petit l’histoire se dévoile. Ne lisez donc pas la quatrième de couverture. Une dame qui va mourir (mais qui est encore bien vaillante) fait une sorte de pèlerinage autour du Fuji, retrouvant chacun des points de vue adoptés par le peintre. Elle nous raconte progressivement qui elle est et pourquoi elle est là, pour tuer son mari (qui est déjà mort mais pas complètement). Je ne vous en dis pas plus, découvrez le reste.

Sans avoir la culture nécessaire, n’étant pas du tout japonisant, je me suis pourtant laissé happer par le texte, comme souvent avec Roger et j’ai pris mon temps pour lire cette novella (la collec’ s’appelle « Une heure lumière » mais il m’a fallu bien plus que ça).

D&D n°822 – Un thriller écolo-fantastique qui fleure bon les seventies

 

« Prophétie » de David Seltzer

Encore Néo ? Oui, mais Néo/Plus et couverture de Kelek ! Encore un prêt et encore du bon. J’avoue que j’étais totalement ignorant de ce monsieur et de son œuvre. La quatrième de couv’ parle d’horreur. Certes, mais certainement pas que, et pour la bonne cause, pourrait-on dire.

Un médecin idéaliste constate qu’il ne peut changer le monde malgré son investissement dans les ghéttos, on lui propose un travail pour une agence de l’environnement. Il part avec sa femme musicienne avec qui il a besoin de reprendre un amour éffiloché par un quotidien harrassant.

Ils se rendent dans un pays magnifique, une forêt du Maine où sont en conflit l’industrie du papier qui veut tout raser et les tribus indiennes qui n’en veulent pas. La tension est vive et l’homme du gouvernement, notre ex-médecin, doit trouver un compromis.

Mais les Indiens tombent malades ou tournent dingues quand leurs enfants naissent morts-nés ou difformes. Et un horrible monstre tue dans la forêt.

C’est bien amené et prenant, un thriller, quoi, qui véhicule de belles idées écolos, même s’il y a des morts. Votre Bademoude a aimé.

D&D n°821 – Un Viking anglais chez les Incas

 

« La Vierge du Soleil » de H. Rider Haggard

Henry sait y faire pour raconter des histoires incroyables. Loin de She ou de Allan Quatermain, les aventures extraordinaires sont celles d’un pêcheur du port d’Hastings au XIVe siècle.

Il y a d’abord un Livre I où ce courageux descendant d’un fier Viking, dont il a hérité une épée formidable, se bat contre des Français venus piller et incendier sa ville. Il sauve une aristo aux beaux yeux bleus. Il se rend alors chez son oncle à Londres où il devient en quelques années un des plus riches commerçants. Il recueille un étranger basané qui devient son ami. Mais la belle aristo débarque, avec un favori du Roi et il va tout perdre. Il se sauve alors avec son pote sur un de ses bateaux. Une terrible tempête va les entraîner de l’autre côté de l’Atlantique. Et commence alors le Livre II.

Je  ne vous raconte pas la suite, j’ai déjà trop défloré. Mais vous la devinez. Après de terribles épreuves il parviendra au pays de son copain, un prince Inca en fait, tombera encore amoureux, cette fois d’une fille de la Lune, mais ce sera très très compliqué pour devenir enfin son mari et le Roi de son peuple.

Bon, être anglais est quand même un avantage, hein, la culture, la science infuse, le christianisme vous rendent plus fort !

D&D n°820 – Le scribe enquête

 

« La Cité de l’horizon » de Anton Gill

Au début des années huitante, 10/18 lancait sa collection Grands Détectives et, comme je prenais souvent le train, je dévorais les avemtures de Napoléon le flic australien, Frère Cadfaël du Moyen-Âge, et autres polars historiques et ethnologiques divers et variés. Bizarrement, je n’avais pas tenté le scribe du temps de Toutankhamon.

Ce Huy, pour avoir cru aux idées réformatrices et monothéistes d’Akhenaton (alors que ce malade fut une catastrophe pour son pays, mais c’est un autre débat) perd son boulot à la mort du pharaon et manque de finir en exil. Divorcé donc seul, et pauvre, il rencontre un vieil ami très riche qui lui confie une enquête. Il y aura autant de morts que dans une enquête de Barnaby (beaucoup) et il finira par découvrir la vérité, triste, et ça finira mal. Mais pas pour lui qui a rencontré une jeune femme sublime.

C’est pas mal, ça se lit vite mais l’auteur ne semble pas savoir à quoi servent les chapitres. Il coupe son récit n’importe où, comme il fait suivre un dialogue du présent d’un long flash-back dans le passé d’un des intervenants sans prévenir. C’est assez étrange à la lecture.