D&D n°635 – De la post-apo avec plein d’aliens.

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« Defiance », saison 1 (2013), série développée par Rockne S. O’Bannon, Kevin Murphy et Michael Taylor

La série débute in media res, comme on dit pour faire le malin. C’est-à-dire qu’on plonge directement dans les aventures du héros et de sa fille adoptive sans trop comprendre ce qui se passe. On en saura plus au fur et à mesure. La Terre a été attaquée par plusieurs races d’aliens des différentes planètes du même système stellaire condamné, Votan. Après une guerre confuse qui a fait beaucoup de morts des deux côtés, notre planète a été transformée dans sa flore et sa faune (peut-être aussi sa géologie ?) et ne ressemble plus à rien. Dans ces territoires, humains et Votans de différentes sortes essayent de vivre ensemble. Par exemple dans la ville de Defiance (ex-Saint-Louis, Missouri) qui embauche notre héros et son alien de fille comme gardiens de l’ordre.

Les salades n’arrêtent pas entre les différentes races pour acquérir pouvoir et richesse. Les uns comme les autres ont bien du mal à coexister entre eux et avec les humains.

L’atmosphère post-apo est crédible. Les femmes y tiennent un rôle majeur, notamment la mairesse (une belle blonde) et sa sœur prostituée (une belle brune) qui font toutes deux battre le cœur de notre shérif ex-militaire. D’autres rôles majeurs sont tenus par des dames aliens plus ou moins sympathiques.

Les humains non plus ne sont pas tous gentils, et une « République » très militarisée souhaite contrôler cette cité autonome.

Mis à part la révélation progressive du passé compliqué, on accroche assez vite à ce mélange intéressant des races et des problèmes. Et bien sûr que l’amour est possible entre races humanoïdes venues de différentes planètes. Manquerait plus que pas. Comment voulez-vous intéresser les spectateurs, sinon ?

Délassant, avec de bons acteurs et de belles actrices, de l’action, de l’humour, de l’amour et de l’aventure. Pour amateurs pas trop exigeants et ne cherchant pas la profondeur philosophique.

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D&D n°634 – Une plume.

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« Trois oboles pour Charon » de Franck Ferric

J’avais apprécié les précédentes publications de ce monsieur, comme La Loi du désert , Les Tengences divines et Dernière semaine d’un reptile. J’avais donc un a priori favorable avant de commencer la lecture de ce roman, paru en Lunes d’Encre (exceptionnel pour un auteur français).

Il y a une chose qui ne m’a pas déçu c’est l’écriture, le style, la plume, encore plus travaillée, évocatrice, riche sans être pédante ni tarabiscotée. On est immédiatement plongé dans l’histoire, l’environnement, les actions et les pensées du héros.

Malheureusement (pour moi), cette plume est au service d’une histoire d’une glauquerie intense. Le type en question – Sisyphe, comme indiqué en quatrième de couv’, je ne spoile donc pas – n’arrête pas de mourir à la guerre et d’assister aux horreurs qui vont avec. Il a beau ne rien comprendre à ces conflits, il y participe et nous fait baigner avec lui dans le sang et la tripaille.

Le fond (la philosophie, voire la métaphysique) qui transparait par moments dans ses discussions et ses relations avec Charon, ne m’a pas vraiment passionné et cette réinterprétation de l’histoire ou du mythe de celui qui s’oppose aux dieux et à son destin de mortel ne m’a pas convaincu.

Mais c’est sans doute une énième démonstration de mon inadéquation au monde d’aujourd’hui et à la littérature qui l’accompagne. Trois centaines de pages d’horreur et de tristesse sur l’absurdité de l’existence, ce n’est pas ma tasse de thé.

Alors oui c’est vachement bien écrit, et c’est assez rare pour que j’insiste. Faites-vous votre idée !

D&D n°633 – Drôle d’ambiance.

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« Mille fois mille fleuves… » de Christian Léourier

Encore un bouquin oublié que je ressors de mes étagères de campagne. Il ne m’en restait aucun souvenir. C’est de la SF bien de chez nous, bien écrite, pas trop bavarde et un peu elliptique.
Sur une planète paumée pleine de fleuves et de peuples primitifs (sans techno mais avec de la religion), on suit la vie d’une jeune fille choisie pour être l’épouse d’un fleuve et envoyée chez le Vieux Saumon, celui qui « dirige » ce monde. Elle y rencontre un homme-oiseau, c’est-à-dire un type qui vient d’une autre planète.
On ne comprend pas trop ce qu’ils fuient et qui les poursuivent mais, au bout de la route et de la survie en milieu hostile, elle mange un escargot qui lui révèle tout. Après ça va mieux et elle vit une vie pépère avec des bucherons.
Bon d’accord. Sinon, c’est assez sympathique et agréable à lire (nonobstant une moralité et une pudeur d’un autre siècle) mais je n’ai pas vraiment compris s’il y avait un fond ou un message.
En tous cas je sais pourquoi je ne m’en rappelais plus du tout.