D&D n°721 – Une bonne continuation

 

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« Radu Dracula, 5. Je ne te renierai pas ! » de Philippe Lemaire

Il y a des histoires en plusieurs tomes, un peu comme les saisons des séries télé. Quand les scénaristes manquent d’inspiration ou vous déçoivent, on arrête de regarder la série. L’ histoire revisitée de Dracula, qui rend hommage à Bram Stoker mais qui se passe de nos jours et a été profondément modifiée dans le fond, parait en plusieurs tomes. Après avoir biftonné sur les épisodes précédents, (1 , 2 , 3 et 4) je ne suis toujours pas lassé.

Ce cinquième opus ou cinquième saison tient la route, le lecteur reste en haleine tout du long et souhaite connaître la suite. Mis à part le Maître des vampires et ses « enfants » dont sa vraie fille, Judas l’Iscariote et Thomas de Torquemada, un nouveau personnage apparaît, le Graal lui-même, sous la forme d’un berger écossais descendant de Jésus (par Marie-Madeleine). Bizarrement, le vilain Radu nous est presque sympathique, pas comme le Grand Inquisiteur.

Nul doute que je lirai le dernier, le 6, qui vient de paraître.

D&D n°720 – Too much

 

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« Madame la Marquise et les Gentlemen Cambrioleurs » de Frédéric Lenormand

Cet auteur célèbre et prolifique m’était complètement inconnu. J’ai acheté son dernier roman sur les conseils de Fantasio (qui a lâché son blog mais continue à chroniquer sur facebook) et l’ai lu sans partager son enthousiasme. Il faut dire que le roman historique n’est pas vraiment ma tasse de thé.

Mais c’est agréable à lire et ça ne manque pas d’humour, ce qui est déjà largement suffisant pour aller au bout sans ennui. Un humour qui ressemble un peu à celui de Chandler, avec des comparaisons excessives ou absurdes, mais pratiqué ici de manière systématique. Tout est un peu « trop » d’ailleurs, la marquise exagère dans ses vêtements et frasques pour se faire remarquer, le flic est trop bête, les personnages si caricaturaux qu’ils n’entrainent pas la sympathie et les aventures trop peu probables pour croire au récit.

Bref, c’est sympathique et distrayant mais sans fond ni grand intérêt.

Et il n’y a qu’un seul gentleman cambrioleur, Alfred Lupin, le frère de l’autre.

D&D n°719 – Fission temporelle

 

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« L’insolite aventure de Marina Sloty » de Raoul de Warren

Les lectures se suivent mais ne se ressemblent pas. Après ma découverte de la semaine dernière, j’essaye un autre auteur de fantastique francophone du XXe siècle de moi inconnu. Ce Raoul est réédité par les Oswald en 2000. Et non, il ne s’agit pas d’un « roman initiatique ».

Là, le style est simple et l’histoire assez originale : une jeune femme fait un saut dans le passé (suite à une expérience nucléaire) de 1959 à 1870. Elle tombe amoureuse de son grand-père et va tout faire pour l’épouser.

Si ce récit de fantôme du futur est relativement prenant, on ne criera pas au chef d’œuvre ni on ne recherchera les autres romans de l’auteur. Ça traine en longueur et je ne partage pas les valeurs du monsieur. Mais chacun ses goûts et les miens sont discutables, comme vous savez…

D&D n°718 – On continue dans la même veine cervicale

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« iZombie », saison 2 (2016), série développée par Rob Thomas et Diane Ruggiero-Wright

La deuxième saison maintient le rythme et la légèreté de la première. Malgré les complications et les changements d’état des uns et des autres, la série reste distrayante et se regarde sans prise de tête ni ennui. Comme ce n’est pas la règle, je tenais à vous le signaler.

La fin de saison en dérapage incontrôlé voit mourir un certain nombre de vilains méchants mais en annonce d’autres, forcément.

D&D n°717 – Quel style !

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« Aux portes des ténèbres » de Jean-Louis Bouquet

Ce livre, paru en 1956 et lu en 2016, est pour moi une fascinante découverte. Aux côtés de Jean Ray, Bradbury et Lovecraft au tout début de la collection Présence du futur, l’auteur ne dépare pas parmi ses voisins beaucoup plus connus (… des incultes comme toi, Henri ! me direz-vous à juste titre).

Il faut d’abord entrer dans la première nouvelle (il y en a cinq, toutes excellentes) c’est-à-dire s’habituer au style particulièrement châtié et précis, presque précieux, complètement disparu de nos jours. Que la langue française peut être belle et riche ! Cette écriture singulière participe au décalage temporel. Difficile de dater ces récits. Disons qu’ils se déroulent dans le première moitié du XXe siècle, tout en faisant appel à des événements antérieurs.

Ces histoires de fantômes, de possessions, où interviennent des esprits malfaisants, sont confrontées chez le narrateur envoûté aux arguments rationnels de la médecine ou à ceux de la psychiatrie. Mais c’est bien le fantastique qui l’emporte.

Bademoude découvre un grand maître de la littérature fantastique. Il était temps !

D&D n°716 – Et ta sœur ?

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« Supernatural », saison 11 ( !) (2015-2016), série créée par Eric Kripke

Les séries qui ne se prennent pas au sérieux et font rigoler, y a pas de raison de s’en priver. J’ai donc regardé avec le sourire cette onzième (OMFG, c’est le cas de le dire) saison. Je vous ai bien sûr déjà entretenus des précédentes.

L’esprit reste le même, et mes respects aux scénaristes qui arrivent à conserver une cohérence interne dans ce gigantesque foutoir. Figurez-vous que Dieu a une sœur, Amara, dite Les Ténèbres, belle mais mauvaise, qui veut détruire ce qu’a créé son frangin, c’est-à-dire tout. Nos deux héros, qui n’en ratent pas une, l’ont libérée. Elle est mauvaise, oh qu’elle est mauvaise. Mais elle a un faible pour Dean.

Sur la fin, voilà que Dieu revient de ses longues vacances et qu’il se décide à affronter sa sœur. Pour la combattre, il va falloir l’aide de tous, de Lucifer, des démons, des anges et des archanges. Pas moins. On va donc retrouver avec plaisir le Roi de l’Enfer et sa mère la sorcière

Moi, ça me fait rire.

D&D n°715 – C’est pas du Shakespeare

 

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« Un tueur sous la pluie » de Raymond Chandler

Ce bouquin est annoncé en couverture comme un « polar culte présenté par Gunnar Staalesen ». Il s’agit en fait de trois nouvelles , dont une inédite en français, du début de carrière de l’auteur et qu’il ne souhaitait pas republier, donc  ni un roman ni culte. Ne se moquerait-on pas légèrement du monde chez Folio Policier ?

Sinon, Gunnar compare Chandler à Shakespeare ! Faut oser. Il n’y a aucun fond dans ces nouvelles, philosophique, sociologique, métaphysique ou autre.  Sans parler de l’absence de psychologie des personnages. Le privé s’appelle Dalmas ou Carmady mais c’est le même que Marlowe.

Par contre, pour la forme, ça déménage. Des  chapitres courts, de l’action incessante, beaucoup de poésie dans les paysages, de détails dans les descriptions des personnages et de leurs vêtements (dommage d’ailleurs, parce que plus personne ne s’habille comme ça aujourd’hui) et, remarquable, des explosions d’humour dans les comparaisons (« un sourire qui lui pendait aux lèvres comme les toiles d’araignée d’un vieux plafond », ou, à propos d’un ex-boxeur « son visage avait reçu tout ce qui était possible, sauf peut-être le Pont de Brooklyn ».)

J’avoue de pas avoir compris grand-chose à la résolution des intrigues emberlificotées, sauf la dernière, mais l’important n’est pas là.