D&D n°778 – Ah, la famille…

 

« The Catch », saison 2 (2017), série créée par Jennifer Schuur

Après une première saison particulièrement enlevée à multiples rebondissements, cette deuxième conserve un rythme trépidant. Ça dépote grave y compris dans les dialogues et faut suivre (sous-titres obligatoires en ce qui me concerne, d’autant qu’il y a deux acteurs brittons (ci-dessus), excellents par ailleurs et déjà cités dans le bifton de la saison 1).

Ben, escroc professionnel, travaille maintenant pour le FBI, histoire de ne pas moisir en prison, se refaire une vie d’honnête homme, et marier sa belle Alice. Son copain et criminel Rhys participe aux coups montés par le FBI. Mais débarquent bientôt dans l’histoire Margot, la sœur de Rhys, qui remplace leur maman comme cheffe de l’organisation criminelle. Puis arrivent le frère d’Alice et enfin la fille de Ben et Margot.

Les coups tordus sont incessants et les retournements arrivent à vous surprendre jusqu’à la toute fin de saison. Moyennement crédible mais rigolo et délassant.

D&D n°777 – Mais bof, quoi !

 

« Le choix » de Paul J. McAuley

On ne lit que du bien sur cette nouvelle collec’ du Belial’ consacrée aux novellas (longues nouvelles ou romans courts). Vous me connaissez. Je me suis dit : c’est pour moi !

J’avais lu du McAuley en Ailleurs et Demain. Les Diables blancs, un truc en Afrique avec de la bio un peu hard qui ne m’avait pas déplu. On partait donc avec des a priori positifs.

Après une longue et lente introduction pour décrire les problèmes débiles de deux ados (l’un a une mère écolo grabataire, l’autre un père qui le tabasse), dans une Angleterre où la mer a monté, et comment ils font bien de la voile, les jeunes découvrent un artefact alien (un dragon, ben voyons) qui explose. L’un des deux va choisir de vendre l’écharde métallique qui l’a blessé, l’autre pas. Voilà le choix. La fin tourne vaguement au roman noir mal écrit. C’est nul et sans aucun intérêt.

Ah oui, prix Sturgeon…  pauvre Theodore.

P.S.: Evidemment, les couv’ d’Aurélien Police, ça aide.

D&D n°776 – Pauvre Jean-Pierre

 

« Le paradoxe de Fermi » de Jean-Pierre Boudine

Pour nous donner sa réponse au fameux paradoxe, cet agrégé de mathématiques nous raconte la fin du monde qui commence en 2022 (je suis toujours étonné que les auteurs de SF donnent des dates qu’ils savent fausses à l’avance, mais bon, attendons 22).

Toute la civilisation mondiale se délite peu à peu à cause d’une crise boursière. C’est l’engrenage fatal, plus d’énergie, conflits nucléaires, etc. En un rien de temps, quelques années, les humains sont retournés à la sauvagerie primaire et tout le monde s’entretue. Le narrateur s’est réfugié dans la montagne, seul et affamé, et raconte comment il a vécu cette apocalypse. Tout ça pour arriver à une longue discussion qu’il a eue sur le paradoxe. Je vous laisse découvrir sa réponse.

L’auteur est donc matheux mais pas biologiste du tout et il aurait pu se renseigner. Selon lui la famine serait liée au fait que les variétés cultivées sont stériles. Ah bon ? Quant à ses délires sur les chiens et les loups, je les lui laisse. Le personnage mange surtout de la viande crue (alors qu’il fait du feu pour la fumer) et s’étonne que, lors des premières crises alimentaires, les gens aient relâché leurs animaux domestiques au lieu de les manger.

Quant aux sentiments ordinaires de l’être humain, l’amour et l’amitié, ça n’existe tout simplement pas. Il parle de relations seulement vers la fin et parce qu’il faut bien, dirait-on. On ne peut que plaindre un être dépourvu de toute empathie.

Ce roman a l’avantage d’être court (199 pages) et se lit vite. C’est noir foncé, profondément pessimiste.

Il est suivi d’une postface de Jean-Marc Lévy-Leblond qui, lui, discute vraiment du paradoxe de Fermi à la lumière de la pullulation récente des exoplanètes.

D&D n°775 – Et ta mère ?

 

« Supernatural », saison 12 (2016-2017), série créée par Eric Kripke

 

Dans cette saison – pour la précédente c’est ici – Sam et Dean retrouvent leur maman, revenue de l’au-delà à l’âge de sa mort quand ils étaient petits. Et ce en plus des monstres habituels à décapiter, des agissements tortueux de Crowley roi de l’Enfer et de ses démons, et de Lucifer qui change de « vaisseau » (de corps humain) jusqu’à celui de président des States. Pour ne rien arranger, cet archange à la sale mentalité va faire un bébé avec la secrétaire du prez. De quels monstrueux pouvoirs disposera ce nephilim ? Hein ?

Histoire de compliquer, ils vont devoir se coltiner les Hommes de Lettres venus d’Angleterre (Albion est perfide aussi pour les Ricains), bardés de technologie avancée bien plus efficace contre les monstres que les flingues et coutelas des bûcherons des colonies.

Et voilà-t-y pas que maman préfère chasser avec les Brittons.

Comme d’habitude ça défouraille et se castagne avec plaisir. Ce qui n’empêche pas de philosopher sur l’amour filial, fraternel et sur l’amitié, toujours sans prétention et avec une bonne dose d’humour.

D&D n°774 – Le space-op’ psychédélique

 

« Le chant du cosmos » de Roland C. Wagner

Wagner c’est comme Wul, j’aime bien mais je n’ai pas encore tout lu. L’Atalante son éditeur s’est mis à faire des poches. Bonne idée. Alors j’achète, même si c’est moche : couverture minimaliste et dos illisible (c’est écrit noir sur bleu). Mais bon, je ne comprends rien à l’édition, vous le savez.

C’est un long roman agréable et facile à lire, avec de l’humour et un héros sympathique, des planètes bien zarbies, des bestioles de toutes sortes, et un hyper méchant vilain horrible qui perd à la fin. Il s’agit bien sûr et carrément de l’avenir de l’univers qui se joue, dans des parties entre mentalistes pas télépathes mais psychomachins difficiles à décrire (malgré la qualité de linguiste du héros). On parle déjà de psychosphère et aussi de musique, même de wackanwall, et du Ôm primitif. Il y a plein de mots inventés qui passent très bien (et ce n’est pas si facile).

Tout est affaire de vibrations, d’empathie, de good vibes indispensables à l’équilibre de l’univers. Je n’ai pas tout compris des processus psychophysiques en cause (avec des quatrons et des onduleurs d’espace-temps) mais le héros non plus. Quant à l’auteur, je ne sais pas. En tout cas c’est hypercool, voire babacool dans l’esprit. C’est aussi vegan avant la mode (1999) et les animaux ont le beau rôle, surtout le maedre.

Du bon Wagner, comme souvent.

D&D n°773 – Classique

 

    

« L’Orphelin de Perdide » de Stefan Wul

Vous vous doutez bien que je suis grand fan de Maître Wul, je vous le disais déjà il y a dix ans en Yozonie. Et pourtant je n’avais pas encore tout lu.

On retrouve dans ce roman l’écriture souple et sans accroc, la beauté des paysages et les aventures sur les planètes sauvages. Mais on n’évite pas la belle blonde un peu cruche amoureuse d’un salaud, le vieux soldat fidèle et le héros grand, fort et intelligent. J’avoue que le qualificatif de mulâtre m’a déplu, qui résonne chez moi comme péjoratif. Et l’enfant perdu, au début et à la fin.

C’est facile à lire mais ça a pris quelques rides. L’idée est belle quoi qu’inexpliquée et il n’y en a qu’une. Alors il faut bien remplir les autres chapitres avec des aventures.

Ce n’est de loin pas le meilleur Wul à mon mauvais goût et je ne vois pas bien pourquoi il est recommandé à la jeunesse. Mais cela fait un moment que je ne comprends rien à l’édition et à son marketing.

D&D n°772 – Fred fatiguerait-elle ?

 

« Quand sort la recluse » de Fred Vargas

Les fidèles savent que j’apprécie la dame et que je la lis avec plaisir. Même si ses plus récents rompols , beaucoup plus longs, m’enthousiasment moins.

Cette histoire est un peu trop à l’image de la façon de penser d’Adamsberg, brumeuse, confuse et qui part dans tous les sens. Après une première enquête expédiée en un rien de temps par le commissaire rappelé des brouillards islandais, ce dernier s’intéresse on ne sait trop pourquoi à des morts par morsure d’araignée. La quête est longue et cela devient verbeux et vaseux. Comme si l’auteure tirait à la ligne. On a bien du mal à croire à cette histoire, parfaitement horrible par ailleurs.

Adamsberg, ce génie de l’intuition, se regarde penser et le lecteur subit. D’autant que j’ai deviné le coupable bien avant le policier. J’ai la triste impression que plus les romans de Vargas sont récents, plus ils deviennent bavards donc ennuyeux et moins j’y trouve satisfaction. C’est ballot.