D&D n°746 – Trop long, dommage

 

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« Journal d’un marchand de rêves » de Anthelme Hauchecorne

Hervé, mon pote de toujours, fait des échanges avec des écrivains un peu plus renommés que lui. Anthelme Hauchecorne est de ceux-là. D’ailleurs, j’avais bien aimé ses précédents bouquins, comme écrit   et .

Le style a changé. Anthelme écrit plus simple, ses phrases sont plus courtes et les renvois de bas de page ne concernent plus que les références culturelles. La technique aussi a évolué, avec  des chapitres courts qui annoncent la suite, un peu comme un page-turner, mais ça n’a pas bien marché pour moi car j’ai mis longtemps à finir. Sans doute parce que c’est trop long. Heureusement, l’auteur a gardé son humour et ça aide beaucoup.

L’histoire est originale : un scénariste américain – oui, là aussi on change, on a quitté le Nord de la France pour Hollywood, avec un peu Bruxelles à la fin quand même – devient un rêveur et raconte ce qui lui arrive au pays des songes. Sa vie de l’autre côté est particulièrement trépidante et agitée. Dans ces contrées il rencontre surtout des méchants, humains et mécaniques, dans des environnements souvent horribles, et il tombe amoureux. Les personnages changent de camps et ne sont pas ce qu’ils disent être, les ennemis d’hier sont les amis de demain et inversement. Tout est compliqué et confus et notre héros est balloté de ci de là sans vraiment maîtriser ce qui lui arrive (c’est aussi parfois le cas du lecteur).

Je ne comprends pas pourquoi cette histoire occupe 550 pages là où 300 auraient suffi.

(Et j’ai toujours le même souci esthétique (bien que l’éditeur ait changé) avec l’utilisation de polices énormes ou grasses qui heurtent mon mauvais goût.)

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D&D n°745 – Sans moi

 

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« Dans la forêt » de Jean Hegland

Trop sensible aux avis autorisés, et nonobstant curieux, je m’achète encore de la blanche. Mauvaise pioche.

Au bout de cinquante pages – quand même !- j’arrête de m’ennuyer dans la tête d’une jeune fille qui vit isolée avec sa sœur et dont les parents sont morts. Mais ils reviennent dans les pensées de la narratrice qui nous inonde de détails sans intérêt sur la danse classique et nous cite l’encyclopédie parce qu’elle a déjà lu deux fois tous les bouquins. Il y aurait semble-t-il une apocalypse douce en cours car l’électricité et l’essence viennent à manquer. Mais je sais déjà que je vais m’ennuyer pendant des heures alors non, à mon âge, j’ai autre chose à faire pour occuper mes yeux et mes neurones.

Désolé pour ce « magnifiquement écrit et profondément émouvant ». Chacun(e) ses mauvais goûts et les vaches seront bien gardées.

D&D n°744 – Sombre-sombre ou naïf-naïf ?

 

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« Dark Eden » de Chris Beckett

Conseillé par un zami d’Hervé, et sous une couverture belle et intrigante, je découvre ce Chris. Un roman qui a gagné le prix Arthur C. Clarke. Bon d’accord.

Mon avis reste mitigé sur cette science-fiction qui se la joue en immersion. Débarqué dans un monde sombre où la lumière est fournie par les vivants de la planète, et non venue du ciel, on commence par se manger des tas de termes nouveaux dans un langage-écriture « différent ». Mais on trouve vite ses repères et on suit les pensées, les déboires et les espoirs d’un groupe d’humains tous descendants d’un couple d’astronautes échoués il y a 160 ans (et donc quelques générations) dans ce drôle d’endroit. La consanguinité a ses inconvénients et les cinq cents habitants ont souvent des tares physiques ou mentales.

Le héros John n’est pas vraiment sympathique et les personnages secondaires moins décrits sauf l’héroïne féminine Tina et un plus malin que John mais aux pieds tordus. On rentre quand même dans leurs pensées primitives, ces descendants n’ayant plus comme culture que des histoires leur servant de religion. John est celui qui n’accepte pas cet ordre établi et immuable. Il va changer les habitudes et découvrir des choses.

Le fond et l’idée ne sont pas inintéressants, le pathos bien présent mais pas trop, et on va au bout des plus de 500 pqges. Mais pour arriver à un cliffanger et non à une fin. C’est là où ça m’énerve passablement. Du coup, je ne suis pas sûr de lire la ou les suites…

 

D&D n°743 – Décevant

 

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« L’océan au bout du chemin » de Neil Gaiman

Comme quoi, hein, tous les bestsellers n’ont pas grâce à mes yeux. Pourtant je suis, ou j’étais, plutôt fan du monsieur. Mon pote Hervé a même pondu une bio pour la Yozone en 2007, en citant mes papiers sur ses bouquins.

Dans ce court roman écrit gros, il nous raconte une aventure de quand il était petit. Comme j’en ai bientôt dix fois plus, je ne parviens pas à me projeter dans un petit garçon de 7 ans en culottes courtes qui aime la confiture. Ce n’est pas un livre pour la jeunesse mais on s’y croirait.

D’horribles choses en provenance de mondes ou dimensions autres vont gâcher la vie tranquille du gamin, sous la forme d’une gouvernante méchante. Heureusement, il sera aidé par une amie disposant de pouvoirs anciens. Elle a 11 ans d’apparence, avec sans doute quelques siècles de plus.

Alors oui c’est bien raconté, avec du suspens et de l’émotion. Pourtant, on referme le bouquin après quelques heures en sachant qu’on l’oubliera et ne le relira pas.

C’est traduit par un grand professionnel. On lit quand même, page197, « jusqu’à ce que tu closes les yeux… ». Ça fait drôle.

D&D n°742 – Couchers de soleil

 

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« Duma Key » de Stephen King

J’avais un a priori contre le maestro, sans doute dû à une mauvaise rencontre entre un livre et mon état d’esprit du moment, il y a plus de dix ans. Du coup, j’évitais de lire du King. Et pas parce que c’est un bestseller puisque je ne suis pas le dernier à acheter Murakami ou  Fred Vargas. Là, c’est un zami selon facebook qui a convaincu mon pote Hervé, lequel s’est empressé de me le donner à lire.

Eh ben je ne regrette pas les 850 pages (oui, vous avez bien lu) de ce gros  roman. Evidemment que c’est lent et long mais on tourne les pages compulsivement et on y retourne dès qu’on a cinq minutes devant soi.

Un entrepreneur de travaux publics a un terrible accident de chantier. Il s’en sort difficilement, tout le côté droit abimé. Sa femme le quitte et Il va s’isoler sur une petite île de Floride et se met à peindre, guidé par son bras fantôme qu’il a perdu lors de l’accident. Progressivement, ce qu’il peint devient la révélation d’un talent immense et d’un pouvoir surnaturel. Et si ce qu’il dessinait pouvait modifier la réalité ? Et quel horrible secret va-t-il révéler sur l’histoire de cette petite île aux plages ensoleillées ?

Je ne suis pas peintre ni artiste et ne peux juger de la pertinence des pages sur l’inspiration, et la fin du roman est un peu excessive, mais j’ai été emporté par le récit et ne suis pas déçu du voyage.

D&D n°741 – Espacer les doses

 

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« Un amour de Panthera » de Pierre-Alexis Orloff

Bizarrement, alors que je n’apprécie guère les pavés, j’aime bien les feuilletons. Sans doute que, lus à petite dose, ils font l’effet d’une série télé dont on attend l’épisode suivant de semaine en semaine. Du coup, on peut en avaler des heures ou des centaines de pages sans se lasser, si c’est à votre goût, évidemment.

Là c’est le quatrième d’une série et les bouquins sont très espacés dans le temps. Ce qui est relativement gênant – mais pas trop – pour se rappeler les noms et les rôles des personnages, dont le nombre croît avec la complexification du scenario. Je l’ai déjà dit en racontant mes impressions sur les tomes 1, 2 et 3 et je continue à prendre du plaisir à la lecture de cette histoire.

Cette fois, Panthera, qui vit un amour lesbien avec son amie Tanya, tombe amoureuse d’un homme quand, au même moment et par un heureux hasard ( hum…), c’est également le cas de sa copine. Sinon, les choses avancent tout doucement, malgré les bagarres et fusillades, et le lecteur n’est pas beaucoup plus avancé après avoir fini l’épisode. Mais, tout bien considéré, là n’est pas l’important. L’essentiel est dans le voyage et la satisfaction procurée par l’écriture agréable et les rebondissements incessants.

D&D n°740 – Ça tourne bizarre alors on bémolise

 

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« Le mambo des deux ours » de Joe R. Lansdale

Cette troisième aventure de deux copains est une suite dramatique de la précédente. Hap et Leonard se rendent dans une ville pas loin de chez eux où le Klan fait encore la loi et où la jolie avocate Florida (qui avait aimé Hap avant de lui préférer un gros flic noir) a disparu. Missionnés par leur copain policier, ils débarquent dans cette localité terriblement hostile et en prennent, comme prévu, plein la tronche.

La lecture est facile et sympathique. L’humour est toujours là, heureusement, parce que les coups et les horreurs ne manquent pas et il sert de respiration. Malheureusement cet humour est de plus en plus graveleux ou scabreux, vulgaire, à base de bite, de cul et de merde, lourdingue et limite machiste et homophobe Au second degré, bien sûr, puisque les héros sont un homo et un humaniste gentil. N’empêche, l’accumulation peut fatiguer. Dommage.

Sinon, il y a encore de très belles pages sur l’étrange amitié qui lie les deux potes, compliquée par la fait que Leonard a maintenant un petit ami.

Comme je lis la série dans l’ordre de parution, je verrai bien si ce changement est temporaire ou permanent. En tous cas, on est maintenant loin du lyrisme flamboyant d’un Burke à qui j’avais pu associer Lansdale après les premiers romans que j’avais lus de lui.