D&D n°729 – Les hippies dans les années 80

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

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« Les Mécanos de Vénus » de Joe R. Lonsdale

Ben oui, ce mal poilé d’Henri a une douce (la pauvre !) et même qu’elle lui fait des cadeaux pour la Noyel des mécréants. Comme espéré, il a trouvé, dans ses chaussettes virtuelles et sous son absence de sapin, les premiers bouquins avec Hap et Leonard de ce Lonsdale qui lui avait bien plu.

Cette première aventure n’a rien d’une enquête, contrairement au sous-titre de l’éditeur, qui en fait beaucoup aussi avec ce titre inventé, alors que, en vo, c’est « Savage Season » ! Mais bon, le marketing a ses raisons que je ne veux pas comprendre et que je considère plutôt comme un manque de respect envers l’auteur. Les rouspétances s’arrêtent là parce que merci quand même à Folio policier d’éditer et de continuer à rendre disponible ce genre de littérature.

C’est Hap qui raconte. Hippie idéaliste dans les années 60, il a même été en prison pour ses idées, mais depuis il ne croit plus trop à la révolution des mentalités et vivote comme cueilleur de roses dans le Texas de l’Est. Il a un pote, Leonard, un noir homo ancien du Viêt-Nam avec qui il entretient avec humour et taquinerie une solide amitié qui constitue la colonne vertébrale du livre, et de la personnalité des deux personnages. Hap est toujours amoureux de la belle Trudy, celle-là même qui l’a laissé tomber quand il était en taule. La voilà qui revient, après toutes ces années (on est à la fin des 80) pour lui proposer un plan d’enfer : récupérer un paquet de fric, caché dans des marécages que Hap connait bien.

Je ne vous raconte pas la suite de déboires et de désillusions que devront subir Hap et Leonard, avec les vrais faux idéalistes qui entourent Trudy, puis avec les purs méchants que ces derniers fréquentent. Ce sera très dur mais ils finiront par s’en sortir.

C’est un roman d’action et d’aventures, noir si vous voulez pour ses personnages, mais qui n’a rien de policier et surtout qui, contrairement à la plupart des textes du genre, ne manque pas de fond, sur l’idéalisme et ce qui reste des illusions de construire un monde meilleur. Je me laisse un peu de temps avant de lire la suite.

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D&D n°728 – New York

 

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« Manhattan Ghost » de Philippe Ward et Mickaël Laguerre

Mon pote Hervé m’a fait un cadeau: un « artbook » de chez Rivière Blanche, son éditeur. C’est une nouvelle de Philippe Ward illustrée par des photos de Mickaël Laguerre.

Il semblerait que père et fils soient tous deux fanatiques de la Grosse Pomme. Ce bouquin leur permet d’illustrer cette passion, par le texte et par l’image. Les photos sont chouettes et le texte intriguant et inattendu.

On y croise Marilyn, bien sûr, dont le Philippe est amoureux transi (il lui a, depuis, consacré un thriller) mais aussi d’autres grands noms comme Billie Holiday, Charlie Parker ou Edgar Allan Poe. Ben oui, des morts. Je vous laisse découvrir comment une fliquette vivante, elle, et musicienne, va résoudre le problème de ces habitants fantômes de Manhattan : la disparition de John Lennon.

Hommage à New York, mais aussi à leurs idoles, papa et fiston Laguerre nous proposent un petit ouvrage bien sympathique et original (et pas cher: dix nieuros).

D&D n°727 – Fantasy au mégalithique

 

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« Le prince déchu » de Bernard Simonay

Eh oui, de temps en temps, je lis du Simonay. Même pas honte. C’est pour grand public friand d’aventures rigoureusement impossibles. Dans ce bouquin-là, on suit le réveil d’un superhéros doté de pouvoirs extraordinaires, à l’époque où les Bretons d’alors alignaient des pierres levées.

Ce jeune chasseur plus grand et plus fort que tout le monde n’est pas vraiment le fils de son père. J’en dévoile moins que la quatrième de couv’ en vous disant que c’est un demi-dieu, la réincarnation d’un prince de cette ancienne civilisation technologiquement avancée, celle de l’Atlantide.

Alors c’est un très gentil, aimé des animaux, et des jolies filles qu’il rencontre lors de son périple, mais qu’il ne faut pas trop énerver, sinon ses pouvoirs se réveillent et nul  ne peut lui résister.

Je vous ai déjà causé de cet auteur qui sait y faire pour m’entrainer dans ses histoires où les mystères trouvent une explication à base de civilisations disparues. Simonay est très habile techniquement mais je pense qu’il entraine l’adhésion aussi parce qu’il est sincère, qu’il croit à ses théories. Et je trouve ça respectable.

D&D n°726 – Encore du plaisir

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« Une lame de lumière » de Andrea Camilleri

C’est difficile d’être déçu lors de la lecture d’une enquête du commissaire Montalbano, et ce ne sera pas pour cette fois. En fouillant mes archives je retrouve ce bifton sur cette excellente série de la RAI tirée des romans de Camilleri.

Si vous ne connaissez pas le rompol sicilien, essayez ! C’est plein de soleil, de nourriture qui donne faim et de jolies femmes, mais aussi de mafia et de trahison.

Il vaut mieux avoir vu la série ou lu les romans précédents, pour retrouver avec plaisir les autres membres du commissariat mais aussi la vie personnelle de Montalbano, qui tombe amoureux, alors que sa régulière travaille loin de la Sicile. La vie privée et les intrigues amoureuses sont aussi les ingrédients de l’enquête criminelle principale, mais il y en a deux autres.

Ne vous inquiétez pas, tout reste parfaitement cohérent et facile à suivre. Comme d’habitude, le commissaire trouve le coupable à l’intuition et au culot, mais il n’en sortira pas indemne, avec ce passé qui lui revient à la figure.

La traduction bien particulière est due à Serge Quadruppani, qui prend le temps de s’en expliquer dans un avertissement liminaire.

D&D n°725 – Les robots n’ont pas d’humour

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« Westworld » saison 1 (2016), série créée par Jonathan Nolan et Lisa Joy

Vous le savez, votre Bademoude n’est pas un exégète des séries télé ni un critique, il donne son ressenti qui varie selon l’humeur. Cette série fait et a fait un tabac et va entrainer (un peu comme Lost) des milliers de pages de blogs de dingues qui revoient vingt fois les épisodes. J’ai tout visionné mais une fois, comme un pékin ordinaire que je suis.

C’est très mystérieux au début, avec de la violence et du sexe (normal c’est une série HBO) et, bien que légèrement trash, c’est prenant. Certaines interrogations tombent tout de suite : on est bien dans un vaste parc d’attractions où on paye pour revivre le western, avec plein de personnages-robots humanoïdes (les hôtes) que l’on peut baiser et tuer sans qu’ils ne puissent vous faire du mal.

Puis les couches de complexité se superposent, chez les hôtes en bas comme chez les humains dans leurs labos qui les fabriquent et les programment. Peu à peu le code des hôtes semble bugger, que se passe-t-il ? Certains ont des souvenirs, alors qu’à chaque nouvelle remise à zéro ils ne devraient plus en avoir.

Bon, c’est extrêmement lent et ça peut lasser. Les questionnements ne sont pas vraiment originaux : qu’est-ce que la conscience de soi ? Qu’est-ce que l’humain ? Peut-on créer des êtres conscients ? Et c’en est même parfois lourdingue. Mais, à mon humble avis, ces questions d’aujourd’hui méritent qu’on y réfléchisse.

Les épisodes finaux révèlent une vérité sur les personnages principaux qui peut surprendre (les naïfs comme moi, au moins). Quant à la fin…Evitez donc de lire les analyses avant visionnage.

Sinon, j’ai trouvé qu’il y avait des trous dans le scénario, ou des ellipses bien pratiques, en particulier sur comment vont et viennent les hôtes en réparation ou en consultation chez les programmeurs. J’ai aussi regretté l’absence totale d’humour, que j’ai pourtant tendance à associer à l’intelligence, alors que la noirceur de la nature humaine est, pour le moins, prégnante.  On peut toujours mégoter et trouver des failles ou à redire, mais cette série (n’oubliez pas que je suis meilleur public pour les séries que pour les bouquins) m’a bien plu quand même.

D&D n°724 – Enfin un délice

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

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« Sur la ligne noire » de Joe R. Lansdale

Vous commencez à me connaître. Ça fait plus d’une décennie (et 724 biftons) que je sévis dans la bloguitude. Je suis vieux et pas toujours aimable mais je me soigne. La preuve ? Je ne dis plus du mal que des estrangers. Et, sur ce coup, je retrouve le plaisir de lecture, celui qui vous fait partir ailleurs et tourner compulsivement les pages.

De retour dans le Texas de l’Est, avec Joe. Dans l’omnibus à trois romans de Folio policier, j’avais déjà bien aimé Un froid d’enfer et Les marécages et je m’étais gardé le dernier pour un moment comme celui-là, quand je suis vraiment déçu par les bouquins de SF et fantasy que les jeunes et moins jeunes d’aujourd’hui adulent et priment.

Oh que j’ai bien fait ! Je sens que Lansdale va bientôt rejoindre le panthéon de mes auteurs préférés toutes catégories.

C’est un gamin de treize-quatorze ans qui raconte, à la fin des années cinquante dans ce Texas limitrophe de la Louisiane. Il vit dans un cinéma drive-in l’été où il découvre une vieille boîte rouillée avec dedans non pas la carte d’un trésor mais des lettres d’amour un peu bizarres. Avec sa sœur ado délurée à queue de cheval, son chien fidèle, son pote hirsute et le vieux projectionniste noir, il va mener l’enquête et apprendre beaucoup. C’est émouvant, ça sent le vécu, c’est fin et drôle, c’est aussi un plaidoyer contre le racisme qui sévit encore dans ce Sud profond chez les petits blancs comme chez les richards. Les personnages secondaires ressemblent à ceux de Burke, sauf que le héros est un gamin qui apprend les choses de la vie.

Il est temps que je lise les aventures de Hap Collins et Leonard Pine.

D&D n°723 – Encore ?

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« Morwenna » de Jo Walton

Oui, encore un bouquin multiprimé qui me tombe des mains malgré un effort de 170 pages. Encore le journal d’une jeune fille (malheureuse bien sûr). J’avais déjà donné cette année avec Jane Rogers pénible  ou Jack Womak plus couillu, si j’ose dire.

Là, la petite est en pension, elle a perdu sa jumelle et sa maman est une méchante. Elle a une patte folle et personne ne l’aime. OK pour un début. Elle lit beaucoup, énormément, deux livres par jour entre les cours et les études (respect !)  et, raison vraisemblable des nombreux prix décernés, essentiellement de la SF et de la fantasy. Le name dropping et le title dropping est permanent. Ce qui m’a fatigué mais a dû plaire à plein de gens.

Sinon, il ne se passe rien ou pas grand-chose. Elle s’ennuie en pension et passe ses week-ends là où elle a vécu avant, au pays de Galles. Ah oui, elle voit des fées et leur parle. Dans le genre événement important, elle doit s’acheter un soutif et se pose des questions sur les tailles.

Comme c’est toujours pareil après la moitié du livre, j’ai arrêté.