D&D n°796 – Le filon s’épuise

« Tsunami mexicain » de Joe R. Lansdale

Encore un titre imbécile (Captain Outrageous en v.o. n’est pas plus compréhensible mais bon) !

Dans cet énième opus (des biftons sur les précédents par là) de leurs aventures, Hap l’hétéro blond fait le héros et sauve une jeune fille noire. Le père de la petite, très riche, lui file un paquet de fric qu’il décide de claquer en faisant une croisière avec son pote Leonard, l’homo noir.

Rien n’est crédible et ne le sera pendant toute cette histoire en deux parties grossièrement raboutées l’une à l’autre, ni le choix d’une croisière bas de gamme, ni les raisons de leur échouage dans un bled mexicain où s’agitent de super mafieux et une belle archéologue pas timide. Tout n’est que prétexte à bagarres, scènes de torture parfois bien gore, de baise, de questions existentielles que se pose Hope sur sa vie et ses amours. Le tout assaisonné d’humour macho bien gras façon second degré.

Alors ça se lit facilement et des fois on sourit quand c’est trop. Mais il n’y a plus rien de nouveau sous le soleil de Hap et Leonard. Dommage.

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D&D n°795 -On the road

« Gringoland » de Julien Blanc-Gras

Il m’arrive, comme à vous, de lire des ressentis de lecture, des chroniques, des critiques ou autres recensions sur des bouquins. Il y a un dingue, Hugues de la librairie Charybde, qui lit et publie comme une mitraillette, qui aime plein de trucs différents, dont ce titre qui m’a interpellé. Bonne pioche.

Je ne savais pas – mais que sais-je ? – qu’il y avait encore des routards au XXIe siècle. Non seulement j’ignorais tout de ces « néo hippies » mais je n’imaginais pas à quel point ce qu’ils vivaient était semblable à ce que j’ai connu entre 1966 et 1971. Il y a une différence pourtant énorme, plus personne ne croit qu’un monde meilleur soit possible. Mais on peut y rechercher une solution individuelle, ce que choisit le narrateur (au prénom si zarbi qu’on ne le connaît qu’à vingt pages de la fin).

J’ai sauté avec enthousiasme dans ce roman-récit. Léger, drôle, percutant, iconoclaste. Le début vous accroche et vous ne décrochez plus. Je ne connais rien du Mexique, ni d’hier ni d’aujourd’hui, mais j’ai cru à tout ce qu’il me racontait, ses aventures, joies et aléas de routard, ses rencontres formidables ou décevantes, ses lubies, folies, retours de bâtons ou de bad trips. On s’y croit vraiment, ça sent le vécu.

Puis, vers le dernier quart du livre, il quitte le Mexique pour la Californie. L’ambiance change complètement. Il vit avec une féministe qui n’a pas froid au zizi ni ne s’encombre de morale ou d’éthique pour réussir dans la mode. Ils se retrouvent à quatre dans la limo de Sharon Stone et son mec. Là j’ai repris mon incrédulité et regretté cette fin tout en amertume et mélancolie.

Je ne dirai pas dommage parce que Valentin devait bien, un jour ou l’autre, réintégrer son monde de blanc occidental. Au contraire, je vous en recommande la lecture, ex-routard(e) ou pas.

D&D n°794 – Ma vieille mémoire est une menteuse.

« La porte condamnée » de Julio Cortázar

Ah, Cortázar ! Un de ces argentins qui m’a fait aimer la littérature sud-américaine, il y a plus d’un demi-siècle…Et je vous causais récemment de ma lecture aujourd’hui du fantastique de là-bas.
Eh ben mes neurones mémoriels yoyotent de plus en plus. Les quatre nouvelles ne ressemblent pas à mes souvenirs. Le premier texte est un conte pour enfants dont on voit venir de loin la chute qui n’a rien de fantastique. Le second, qui donne son titre au recueil, est bien peu original. Le troisième est le plus intéressant avec une espèce d’orgasme collectif suite à un concert. Quant au dernier texte, sa chute est d’une incroyable banalité.
Mais bon, Cortázar écrit formidablement et, à deux euros, on va pas rouspéter non plus, hein.
Remarque idiote : pourquoi un entrebâilleur pour illustrer une porte condamnée ?

D&D n°793 – Vive le capitalisme sauvage !

« La Hanse Galactique. T1. Le Prince-Marchand » de Poul Anderson

Je croyais les gens du Bélial’ comme tous ceux du minusculocosme, des politiquement corrects « de gauche » bien pensante. Eh ben non, ils adorent ce héros immonde de Poul Anderson et vont en publier des palanquées. Le type est non seulement laid et grossier, il est totalement dépourvu de morale et d’éthique et va provoquer des guerres et des milliers de morts pour sauver sa peau.

Inutile d’en dire plus, je n’aime pas du tout cet esprit. Ce n’est même pas drôle. J’avais déjà trouvé Flandry d’une grande médiocrité.

Mais qu’est-ce qui m’a pris d’acheter encore du Poul Anderson ?

D&D n°792 – De la littérature jeunesse

 

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« Alice automatique » de Jeff Noon

En1996,  Jeff Noon écrit un troisième tome aux aventures d’Alice de Lewis Carroll. Excusez-moi les connaisseurs, experts et érudits, mais je laisse tomber après 30 pages environ.

J’aime beaucoup Noon et je l’ai maintes fois bavassé dans mes biftons, mon pote Hervé aussi. Mais là, soyons clairs, il fait de la littérature jeunesse et, excusez-moi encore, je n’ai plus douze ans depuis trop longtemps.

Dans cette nouvelle trad’, sans doute les jeux de mots sont-ils bien rendus, mais ça reste des jeux de mots pour les nienfants, entraînant des dialogues lourdingues plutôt que drôles. Le non sense ausssi m’a paru artificiel et peu fin. Bref, j’ai pas aimé et c’est la première fois que ça m’arrive avec Jeff.

D&D n°791 – L’Histoire décalée

 

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« Le Bâtard de Kosigan. II. Le fou prend le roi » de Fabien Cerutti

Oui, je sais, c’est de la fantasy historique moyenâgeuse. Voir mon bifton sur le premier tome. La quatrième de couv’ est, comme d’habitude, imbécile qui compare Cerutti à deux que je n’aime pas, Jaworski   et Gentle. Comme ces derniers vendent bien, ce doit être attractif ? Bref, pour moi, heureusement que les aventures du Bâtard ne ressemblent pas à ce qu’on lit chez ces deux-là.

L’auteur est agrégé d’Histoire alors je le crois quand il raconte le début de la Guerre de Cent Ans. Mais m’est avis qu’il invente tout ce qui concerne la sorcellerie, les méchants elfes noirs, les druides, les ogres et les dragons. Toutes ces « races anciennes » (plutôt des espèces), dont certaines sont intelligentes, ont été éradiquées par l’Inquisition mais il en reste. D’ailleurs, la quasi invincibilité du héros n’est-elle pas due à son sang noir ? Alors de l’Histoire, oui, mais avec des méchants vraiment zarbis (la preuve ? Même les Anglois peuvent être gentils !).

Alors ça ferraille, bastonne et cavalcade sans arrêt. Il y a des blessés et des morts, et même un peu de torture, mais pour le héros qui ne s’en ressent presque plus le lendemain (sang noir, tout ça). Dans ce tome, il n’a pas le temps de culbuter la marquise mais il sauve la jolie dame qui lui rendra la pareille.

Alors c’est bien de la fantasy historique mais ce n’est pas lourd (malgré le nombre de pages), on comprend presque tout le vocabulaire et la plume est alerte.

Il y a toujours cette deuxième trame qui se passe à la fin du XIXe et qui sert de caution « véridique » aux mémoires de Kosigan. Son descendant d’alors aurait-il, lui aussi, un destin ?

D&D n°790 – J’aurais dû me méfier

« Guide de survie pour le voyageur du temps amateur » de Charles Yu

Me méfier d’un titre à rallonge à velléité comique, même si, en amerloque, ce serait plutôt « Comment vivre en sécurité dans un univers science-fictionnel ».

J’arrête donc vers la page 50 parce que je m’ennuie, je ne comprends pas grand-chose (faut dire que le style et la construction…) et ne trouve pas ça drôle du tout. Le narrateur est un pauvre type, bien que très fort en maths et physique, qui répare des machines à voyager dans le temps. C’est remarquable à quel point sa vie et ses pensées ne présentent strictement aucun intérêt. Il y a aussi des graphiques abscons pour illustrer l’incompréhensible.

Comment peut-on éditer un truc pareil ? Parce qu’il a gagné un deuxième prix dans une université du Kansas ?