D&D n°706 – Au-delà du pessimisme.

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« Joko fête son anniversaire » de Roland Topor

Un roman court et un coup de poing dans la gueule.

Topor, génie multi-tâches, est aussi à l’aise dans l’écriture que dans le dessin et bien d’autres formes artistiques. Sa vision macabre et profondément originale de l’humanité ne le quitte pas, quand tout se tord et devient monstrueux.

Joko va devenir un porteur de gens, plus horribles et méchants les uns que les autres. Les pires horreurs vont lui arriver. Et ça finit mal, forcément.

Formidable traitement de la méchanceté brute, qui caractérise l’humain.

Incontournable et indispensable, accrochez-vous mais lisez-le !

 

D&D n°705 – Dans la série : héros qui ont passé l’âge…

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« Vengeances » de Colette Vlerik

Y a des périodes comme ça, où ce que vous lisez vous recolle le bourdon, genre les années qui filent et la mort qui rôde et se rapproche.

Ce roman n’y est pour rien, fort sympathique et facile à lire. Mais son héros, ou presque, un certain Léon, a la septentaine bien tassée. Ce qui ne l’empêche pas de retomber amoureux de son amour d’enfance tout en jouant l’aventurier. Même si, contrairement à Dave Robicheux, il boit volontiers du whisky et déteste la violence physique.

Bon, c’est sympathique et très bien vu, psychologiquement parlant. Les autres personnages principaux sont, selon la formule consacrée, bien campés et crédibles. L’histoire réserve des surprises et on a hâte de connaître les réponses. On pourrait donc qualifier ce livre  de thriller, mais d’un genre tranquille. Et pourtant toute l’histoire tient en une semaine. Paradoxal ? Inattendu, plutôt, ce besoin de douceur dans les sentiments et la nécessité de prendre le temps de manger, entre amis si possible.

Au-delà de l’histoire à rebondissements, une philosophie de vie, ou un art de vivre, transparait dans les propos des unes ou des autres, comme l’épilogue beau et triste à la fois.

D&D n°704 – Abracadabrantesque.

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« Le Carnaval aux Corbeaux » de Anthelme Hauchecorne

Votre Riri chéri ou honni lit peu, ces temps. Ainsi va  la vie, imprédictible. Mais, même en lisant doucement, quelques pages après la télé et avant le dodo, comme un pingouin moyen,  j’ai été au bout de ce drôle de roman avec une sorte de délectation proche du gustatif, plutôt éclair au chocolat ou polonaise que madeleine, si vous voyez ce que je veux dire.

Je vous ai déjà causé de ce gars aux drôles de nom et prénom. Je me sens bien avec lui. Il écrit du sombre, du macabre, du terrible, avec une prose à la fois recherchée et vulgaire, prosaïque et poétique, tragique et ironique. Bref, le monsieur a du style et de l’humour, et ça transpire même dans les  périodes les plus dantesques.

Inutile de pitcher, ce n’est pas vraiment racontable. Dedans il y a plein de trucs mythologiques (matière où je suis d’une innocence crasse) sur la Mort, et tout ce qui peut bien exister entre Elle et nous les vivants. Et ça passe par une sorte de cirque, de carnaval d’automne, d’octobre plus précisément, à la Toussaint, quoi.

Une ambiance, une atmosphère, très lourde et très légère en même temps, et indiscutablement une patte, voire une aile, de corbeau, évidemment.

Vivement et mortellement recommandable.

P.S.: Le livre lui-même est relié en dur et abondamment mais remarquablement illustré.