D&D n°837 – Une lecture fatiguante

« Chefs d’œuvre du fantastique, de E. T. A. Hoffmann à Stephen King », réunis par Jacques Goimard

Plein de bonne volonté et de désir de m’instruire, je reprends cet omnibus, de la page 337 à 560.

On commence par un classsique, Le Horla de Guy de Maupassant dont je ne me souvenais pas, ni de l’histoire tout en non-dit, ni du style que je pensais plus simple. Et c’est un peu pareil pour le suivant Comment l’amour s’imposa au Professeur Guildea de Robert Hichens. Lokis de Prosper Mérimée,un peu plus  explicite est déjà plus intéressant. Un ours-garou, quand même ! Le Olalla de Robert-Louis Stevenson m’a déçu pour un Stevenson.

Et boum ! Juste derrière c’est de l’horreur  pure avec Le radeau de Stephen King. Vraiment très explicite.Après les précédents textes, c’est violent.

Puis c’est le meilleur de cette série, Père et fille de Thomas Owen, un juste équilibre entre une écriture soignée et une histoire fantastique. Ça m’a donné envie de  chercher les Owen dans ma bibal.

Publicités

D&D n°835 – À boire et à manger

« Chefs d’œuvre du fantastique, de E. T. A. Hoffmann à Stephen King », réunis par Jacques Goimard

Il semblerait qu’un membre de ma famille proche me trouve léger  sur les références aux Grands Anciens dans ces biftons d’humeur. Il n’a pas tort mais je ne suis ni exégète, ni critique, ni chroniqueur et, surtout, mes neurones mémoriels sont presque tous cramés. Bref, je me retrouve à lire du « classique », en tout cas sur les auteurs retenus, parce que les textes…

Je n’ai lu qu’un bout, dans l’ordre (336/1121)) choisi puisqu’il n’a rien de chronologique et mélange les auteurs de différents siècles. Faut laisser un blanc entre chaque nouvelle.

On commence par une préface que je n’ai pas finie pour définir le  fantastique, et on l’oublie.

Achim von Arnin est un rien ennuyeux dans son « Melük Marie Blainville ». Le « Viy » de Gogol est étonnant à plus d’un titre, surtout sur les mœurs des étudiants ukrainiens dans cette histoire reprise du folklore. Dans ces deux textes s’éveille la sorcière, belle et méchante.

Le texte de William W. Jacobs, « la Patte de singe » aurait pu rester inconnu de moi. « Peter Brugg a disparu » de William Austin est assez original sans avoir ni queue ni tête (de diable, bien sûr).

« Le jeune maître Brown » de Nathaniel Hawthorne est d’un niveau  au-dessus, avec de l’humour (que j’espère volontaire) sur le satanisme dans les villages.

Maintenant, deux pépites qualifiables de chefs d’œuvre, « La Faux » de Ray Bradbury et « Marée basse » de  Jacques Sternberg, sur la mort. Sans doute très connues, je ne me souvenais pas les avoir lues.

Charles Dickens a écrit du fantastique (Ah bon ? me dis-je, ignare que je suis) mais « le Signaleur » ne m’a pas paru terrible du tout, et mal construit. Mais qui suis-je pour oser dire sur un maestro incontourné ?

« Celui qui se faisait appeler Schaeffer » de  Yves  et Ada Rémy ne m’a pas enthousiasmé, ni « La bête à cinq doigts » de William Harvey.

Et voilà Edgar Poe avec « La chute  de la Maison Husher », dont personne, même pas Bademoude, n’osera contester la présence dans un bouquin avec un titre pareil.

« La morte amoureuse » de  Théophile Gauthier est un peu trop emberlificotée dans un vocabulaire recherché pour que j’éprouve du plaisir à sa lecture. Dommage.

Quant à « Le Chupador », ce n’est pas du tout le Claude Seignolle dont j’avais souvenance: sorcellerie et campagne, simplicité et fantastique. Non, c’est un texte  hyper travaillé (à en devenir pénible) sur une forme impossible (même dans un texte fantastique) de vampirisme.

Je m’arrête là. Chefs d’œuvre ? Il y en a mais de nombreux textes n’on pas emporté mon adhésion. C’est comme ça. Je suis pénible, je sais.

D&D n°822 – Un thriller écolo-fantastique qui fleure bon les seventies

 

« Prophétie » de David Seltzer

Encore Néo ? Oui, mais Néo/Plus et couverture de Kelek ! Encore un prêt et encore du bon. J’avoue que j’étais totalement ignorant de ce monsieur et de son œuvre. La quatrième de couv’ parle d’horreur. Certes, mais certainement pas que, et pour la bonne cause, pourrait-on dire.

Un médecin idéaliste constate qu’il ne peut changer le monde malgré son investissement dans les ghéttos, on lui propose un travail pour une agence de l’environnement. Il part avec sa femme musicienne avec qui il a besoin de reprendre un amour éffiloché par un quotidien harrassant.

Ils se rendent dans un pays magnifique, une forêt du Maine où sont en conflit l’industrie du papier qui veut tout raser et les tribus indiennes qui n’en veulent pas. La tension est vive et l’homme du gouvernement, notre ex-médecin, doit trouver un compromis.

Mais les Indiens tombent malades ou tournent dingues quand leurs enfants naissent morts-nés ou difformes. Et un horrible monstre tue dans la forêt.

C’est bien amené et prenant, un thriller, quoi, qui véhicule de belles idées écolos, même s’il y a des morts. Votre Bademoude a aimé.

D&D n°811- Zombies et gargouilles, même combat

 

518byHrxxBL._SX303_BO1,204,203,200_

« Les portes de l’interdit » de F. R. Tallis

Acheté au hasard dans une collec’, Grands Détectives, que j’aime bien, ce roman n’est en aucune façon un roman policier, c’est un roman fantastique classique à l’ancienne.

Après un passage aux Antilles où il assiste à une chasse au zombie, un jeune médecin « des nerfs » de la fin du XIXe siècle, élève de Charcot, va vivre des aventures impossibles, possédé qu’il est par un démon suite à une expérience de mort imminente.

Ecrit par un psychologue anglais mais se déroulant en France, ce roman brasse large, des zombies aux gargouilles, de la démonologie à l’alchimie et à la métaphysique pratique avec ouvertures de portails vers les Enfers, sans oublier les perversions sexuelles, les drogues et l’électricité !

Étonnant.

D&D n°805 – Lire sans bien comprendre

« Toxoplasma » de David Calvo

Déjà je vous rassure, j’ai lu jusqu’au bout. C’est signe de qualité pour un lecteur comme moi qui n’hésite pas à laisser tomber quand ça coince trop. Mais je suis loin d’avoir tout suivi.

Une des deux héroïnes, Kim, est une informaticienne et s’exprime avec des termes que je ne comprends pas. Et ce n’est pas parce que sa copine non plus que c’est rassurant. Cette dernière, Nikki, a pour référence, qui l’aide à penser et à comprendre ce qui lui arrive, une vidéothèque de VHS trash, gore et porno. Là encore cette culture m’est parfaitement étrangère et le seul nom que j’ai reconnu est celui de Cronenberg. Il y a aussi des références aux jeux vidéo et je n’y ai jamais joué.

Sinon, le monde est en déliquescence, des conflits partout, et ce sont les méchants qui gagnent. L’île de Montréal où se déroule le récit est une exception qui s’est organisée en commune, libertaire et autogérée. Mais l’armée et les fédéraux ont bloqué les ponts et l’assaut est imminent. Nos deux copines vivent de drôles de trucs, Kim dans ses runs de hackeuse a le don de voir un autre monde au-delà des lignes de code et Nikki trouve des animaux dépecés, des dessins étranges et rêve d’une forêt.

Ce n’est pas racontable, ni le déroulé ni la fin, alors c’est votre choix de vous laisser entraîner dans cette quête bizarre, aux confins du réel et du virtuel, avec pas mal de fantastique dedans. Même si j’ai fini, je reste circonspect et j’ai eu bien du mal à suspendre mon incrédulité, trop vieux sans doute pour me projeter dans cette apocalypse.

D&D n°802 – Magie hybride

« Satinka » de Sylvie Miller

En voilà un drôle de bouquin. En Californie, de nos jours, une jeune femme rêve de trains ! Ben oui. Elle serait une sorte de réincarnation physique d’une immigrante irlandaise du XIXe siècle. La première partie du livre, très documentée, nous raconte l’arrivée des visages pâles en Californie, pendant que les ouvriers amenés de Chine construisent la ligne de train qui reliera le Pacifique à l’Atlantique et que l’on massacre les peaux-rouges. C’est ce que vit dans ses visions la jeune femme.

Quand on avance dans cette histoire, enlevée et au style agréable, commencent à apparaître les magies. Car il y en a plusieurs : celle du Clan des Irlandais, celle des Chinois et celle des Amérindiens. La pauvre héroïne a bien du mal à s’y retrouver et à comprendre ce qui lui arrive. Le lecteur aussi parfois qui ne sait trop où il va avec tous ses pouvoirs fabuleux que la petite ne contrôle pas et qui la font voyager dans le temps.

Sans dévoiler la fin optimiste, on sera surpris de tous ces mélanges mais satisfait que, comme le veut la génétique, la vigueur hybride triomphe.

L’objet livre n’est pas à mon (mauvais) gout : relié épais et rouge et avec une couverture un peu « jeunesse » pas très adaptée.

Le site de la dame : https://miller.noirduo.com/

D&D n°799 – Aventures fantastiques

   

« Les habitants du mirage » de Abraham Merritt

Eh oui, encore un tirage aléatoire dans ma collec’ de reliés OPTA des années 70. Comme pour le Carsac, aucun souvenir, même pas une bribe. Pourtant c’est vraiment pas mal pour un truc sorti en 1932.

Un géant blond genre Viking part en expédition scientifique dans le désert de Gobi. Doué pour les langues, il est repéré par des Ouigours qui le prennent pour la réincarnation d’un de leurs anciens rois. Et, bizarrerie de la génétique ou autre explication de cet atavisme, il retrouve des souvenirs et des façons de penser de ce type de l’ancien temps. Dans une vallée secrète, les prêtres l’aident à redevenir celui qui invoque un très méchant dieu, en forme de kraken, et qui exige des sacrifices humains !

De retour dans son monde, il voyage avec un ami cherokee dans le grand Nord. Ils découvrent là encore toute une région, quasi tropicale, sous un mirage. Les habitants, des nains dorés (le Petit Peuple !) emmenés par une beauté brune, sont en conflit avec des Ayjirs, surtout des femmes rousses dont une belle sorcière mais aussi un autre grand costaud méchant et un prêtre sournois qui – vous l’aviez deviné – invoque ce dieu du Vide à tentacules en lui sacrifiant des jeunes filles. Devenant alternativement cet horrible ancêtre puissant ou le gentil grand blond, le narrateur vit des aventures impossibles et combat les unes ou les autres.

Le plus remarquable est la recherche d’explications rationnelles à base de mondes parallèles, et j’ai apprécié ce paragraphe, page 253 : « Et je me dis, alors, que la science et la religion sont vraiment proches parentes , ce qui explique en grande partie pourquoi elles se haïssent si fort, que les hommes de science et de religion sont parfaitement semblables dans leur dogmatisme, leur intolérance, et que chaque âpre bataille religieuse sur telle ou telle interprétation de foi ou de culte a son équivalence dans les batailles scientifiques sur un os ou un rocher. » Bon, après, il tempère et fait l’éloge de « Einstein qui a osé bousculer toutes les conceptions de l’espace et du temps… »

Encore un classique, dont HPL était fan (il me semble), mais qui mérite (hi hi !) lecture.

Les illustrations sont de Michel Desimon, qui fit aussi des couv’ du vieux Fiction et c’est vrai que les dames sont peu vêtues chez Abraham