D&D n°785 – Grignotage sans ennui

 

« Dimension Arnauld Pontier » de Arnauld Pontier

J’avais apprécié son roman chez Rivière Blanche, alors j’essaye son recueil de nouvelles au titre bizarre mais c’est la collection qui veut ça. Parce qu’il n’y a pas qu’une dimension, ni au monde, ni à l’auteur.

On ne s’ennuie pas pour plusieurs bonnes raisons. D’abord les nouvelles sont courtes (en briton ou amerloque des shorts, pas de novelettes ni de novelas). Donc, si vous vous faites suer, vous passez à la suivante (y en a plein : vingt-sept). Cela m’est arrivé sur un truc tellement hard science que je n’ai pas tenu. Ensuite ce sont de vraies histoires avec une fin, une chute on dit. Et j’ai lu des paquets de textes où seule l’ambiance importait, avec une fin ouverte ou pas de fin du tout. Et enfin c’est un joyeux mélange de SF et de fantastique, ce qui fait que l’on est chaque fois surpris.

J’ai apprécié l’esprit, avec un humour  discret et une légèreté générale. Par contre j’ai tiqué sur les introductions précédant chaque texte. Cet exercice difficile a une fâcheuse tendance à être prétentieux (la palme revenant à ce vieil Isaac) et ne sert pas à grand-chose. Chacun(e) peut voir ou comprendre ce qu’il veut dans un texte, pourquoi l’auteur l’a écrit n’a pas, pour moi, d’intérêt.

Dommage que le recueil s’achève sur un texte hommage à velléité humoristique qui ne m’a pas fait rire.

Sinon, le temps passé à la lecture de ce bouquin était agréable et ce n’est pas à chaque fois, comme vous le savez…

D&D n°782 – Un certain ennui

 

« Kalpa impérial » de Angélica Gorodischer

Je vous ai déjà balancé mes lieux communs sur l’Argentine du foot, du tango, des gauchos et des colonels mais aussi de Borgès, de Cortazar ou de Bioy Casarès. La dame vient de ce pays et on le ressent en la lisant.

Le style et le discours sont profondément originaux. À ce titre, le bouquin mérite la lecture. Mais, quand on a un mauvais caractère et bien peu de patience, on se lasse de ces longues histoires de tel ou tel empereur ou ville inventés et on finit par laisser tomber.

Je m’excuse auprès de la dame, de l’éditeur courageux spécialisé hors norme, et de ceux qui savent ce qu’est la littérature mais l’ennui m’a gagné progressivement et je n’en avais plus rien à faire de ce qu’il allait advenir dans les pages suivantes. J’ai lu la moitié mais je m’arrête là, faute d’envie d’en lire plus.

Mais c’est beau, hein, une langue pleine de longues phrases sans fin bourrées d’itérations et de virgules tout en évitant d’être pénible. Il y a même de l’ironie et de l’humour, malheureusement je n’ai pas accroché.

D&D n°781 – C’est pas l’extase

 

« Les talents de Xanadu » de Theodore Sturgeon

Trouvé pour un nieuro chez un libraire, je me disais que je n’avais pas lu celui-là ou que je n’en avais plus souvenance.

La première nouvelle qui donne son titre au recueil est fort sympathique, les autres moins, parfois longues et ennuyeuses. Il est vrai que dans les années 40 et 50 du XXe siècle, du temps de l’Age d’Or de la SF, les auteurs mangeaient grâce à leurs textes courts dans des revues.

Pourtant, hormis ces chefs d’œuvre incontestés que sont Cristal qui songe et Les plus qu’humains, j’avais bien aimé aussi deux novellas noires de Maître Sturgeon.

D&D n°775 – Et ta mère ?

 

« Supernatural », saison 12 (2016-2017), série créée par Eric Kripke

 

Dans cette saison – pour la précédente c’est ici – Sam et Dean retrouvent leur maman, revenue de l’au-delà à l’âge de sa mort quand ils étaient petits. Et ce en plus des monstres habituels à décapiter, des agissements tortueux de Crowley roi de l’Enfer et de ses démons, et de Lucifer qui change de « vaisseau » (de corps humain) jusqu’à celui de président des States. Pour ne rien arranger, cet archange à la sale mentalité va faire un bébé avec la secrétaire du prez. De quels monstrueux pouvoirs disposera ce nephilim ? Hein ?

Histoire de compliquer, ils vont devoir se coltiner les Hommes de Lettres venus d’Angleterre (Albion est perfide aussi pour les Ricains), bardés de technologie avancée bien plus efficace contre les monstres que les flingues et coutelas des bûcherons des colonies.

Et voilà-t-y pas que maman préfère chasser avec les Brittons.

Comme d’habitude ça défouraille et se castagne avec plaisir. Ce qui n’empêche pas de philosopher sur l’amour filial, fraternel et sur l’amitié, toujours sans prétention et avec une bonne dose d’humour.

D&D n°760 – Une fin expéditive

 

« Grimm », saison 6 et finale (2017), série créée par  David Greenwalt et Jim Kouf

Après quatre saisons sympathiques, la cinquième  a commencé à me lasser. Je ne devais pas être le seul puisque les scénaristes ont pondu la saison finale, torchée en treize épisodes quand les cinq précédentes en comptaient vingt-deux.

Eh ben ils se sont bien trituré les méninges et ont pondu une fin tout à fait jouissive en recollant tous les morceaux depuis la première saison. Bel effort.

Sachant que c’est la fin, on s’angoisse vraiment quand un super méchant, du type Satan, ange déchu surpuissant avec un bâton, veut emmener la fille d’Adalind dans son monde parallèle derrière les miroirs pour en faire son épouse. La petite a de la ressource et tous nos héros vont la protéger. Mais ce type est vraiment invincible. Et le voilà qui tue tout le monde, y compris nos héros gentils ?

Drôle de final, non ?

D&D n°754 – Du bizarre elliptique à La Défense

 

« La Panse » de Léo Henry

Il arrive à Folio SF et à son dirlitt Pascal Godbillon de publier direct des bouquins, sans passer par la case grand format avant. C’est le cas de Léo, un de ces jeunes auteurs talentueux adoubés par la critique, Lehman et La Volte. Excusez du peu. J’avais d’ailleurs parlé de sa nouvelle dans Retour sur l’horizon  et de son Rouge Gueule de bois . Son précédent roman chez Folio, Le casse du continuum, fait partie de ceux qui me tombent des mains trop vite pour que je m’autorise à en biftonner. Celui-là par contre je l’ai lu en entier, alors…

C’est l’histoire d’un mec, un peu lâche et sans ambition, qui n’aime pas sa petite fille ni son ex mais s’inquiète pour sa sœur qui a disparu. Il la retrouve à La Défense, qui semble embringuée dans une secte. Il devient technicien de surface et c’est long et glauque et les dirigeants de cette organisation secrète lui découvre des dons (Ah bon ?). La description des souterrains, parkings et tunnels du quartier d’affaires occupe une très large place, inutile pour ceux comme moi que cela ne fascine pas, mais crée une ambiance. Il y a une drôle de drogue dorée qui fait perdre la tête et un étrange secret sur sa provenance. Y aurait-il un lien avec un énorme insecte préhistorique ?

C’est original dans le traitement au présent, de  l’indicatif et de­ celui des smartphones, ­ d’un fantastique un peu gothique. Une curiosité, quoi.

D&D n°753 – Les elfes ne sont pas gentils

 

« Comme un conte » de Graham Joyce

Comme un conte… de fées. Sauf que ce sont des elfes et qu’ils ne sont pas vraiment gentils. Enfin, si on croit ce que raconte Tara, qui a disparu pendant vingt ans et qui revient retrouver sa famille et son petit ami après avoir passé seulement six mois dans l’autre monde.

Graham est un vrai malin qui joue sur tous les tableaux. Personne ne peut croire ce que raconte cette femme de trente-six ans qui en paraît dix-huit. Personne, ni ses parents, ni son frère, ni son psychiatre qui cherchent assidûment une explication rationnelle.

Remarquablement écrit et construit, en variant les points de vue et les souvenirs, le lecteur est emmené par le bout du nez et change de perspective selon les chapitres.

Ce n’est pas la première fois que je dis du bien de Joyce. De nombreux biftons en attestent (mais j’ai la flemme de vous chercher les liens). Le plus récent est par-là.