D&D n°794 – Ma vieille mémoire est une menteuse.

« La porte condamnée » de Julio Cortázar

Ah, Cortázar ! Un de ces argentins qui m’a fait aimer la littérature sud-américaine, il y a plus d’un demi-siècle…Et je vous causais récemment de ma lecture aujourd’hui du fantastique de là-bas.
Eh ben mes neurones mémoriels yoyotent de plus en plus. Les quatre nouvelles ne ressemblent pas à mes souvenirs. Le premier texte est un conte pour enfants dont on voit venir de loin la chute qui n’a rien de fantastique. Le second, qui donne son titre au recueil, est bien peu original. Le troisième est le plus intéressant avec une espèce d’orgasme collectif suite à un concert. Quant au dernier texte, sa chute est d’une incroyable banalité.
Mais bon, Cortázar écrit formidablement et, à deux euros, on va pas rouspéter non plus, hein.
Remarque idiote : pourquoi un entrebâilleur pour illustrer une porte condamnée ?

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D&D n°792 – De la littérature jeunesse

 

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« Alice automatique » de Jeff Noon

En1996,  Jeff Noon écrit un troisième tome aux aventures d’Alice de Lewis Carroll. Excusez-moi les connaisseurs, experts et érudits, mais je laisse tomber après 30 pages environ.

J’aime beaucoup Noon et je l’ai maintes fois bavassé dans mes biftons, mon pote Hervé aussi. Mais là, soyons clairs, il fait de la littérature jeunesse et, excusez-moi encore, je n’ai plus douze ans depuis trop longtemps.

Dans cette nouvelle trad’, sans doute les jeux de mots sont-ils bien rendus, mais ça reste des jeux de mots pour les nienfants, entraînant des dialogues lourdingues plutôt que drôles. Le non sense ausssi m’a paru artificiel et peu fin. Bref, j’ai pas aimé et c’est la première fois que ça m’arrive avec Jeff.

D&D n°788 – Interpellé

« La glace et le sel » de José Luis Zàrate

Je vais être honnête, comme d’hab’. J’ai laissé tomber deux fois ce bouquin pourtant très court. Pour des raisons que je vais tenter d’expliquer. C’est Sandrine, une collègue du temps jadis, qui vient d’en causer par là, qui m’a convaincu de le finir.

C’est le capitaine du « Demeter » qui raconte le transport de Dracula et de sa terre maudite de là-bas jusqu’en Angleterre. Une sorte de spin off littéraire vraiment spécial, d’un auteur mexicain !

L’écriture est d’une incroyable puissance lyrique et poétique, tout à fait formidable. Mais plus de la moitié du livre, là où j’ai abandonné deux fois, est d’un érotisme homosexuel torride. Alors oui, on est tous un peu les deux, homo et hétéro, tout ça etc., question de position du curseur, nia nia nia. Mais là, bon, je dois être trop hétéro pour suivre et adhérer au délire du capitaine qui ne fait que ça, rêver de baiser ses hommes d’équipage (il ne peut pas) ou carrément son bateau ! Parce qu’il a trop aimé un autre qui en est mort. Rêves érotiques appuyés et réalité se mélangent pendant toute la longue première partie.

J’ai donc écouté Sandrine et été au bout. Les deuxième et troisième parties sont complètement différentes, le lyrisme fait place à un journal des faits (disparition progressive des membres de l’équipage) puis à une analyse sensible d’une fin annoncée.

Alors à vous de voir, l’écriture est splendide et addictive, l’histoire est un bout méconnu du mythe fondateur de la bitlit eudmerde, le traitement est très original mais parfois difficile à adopter pour un vieux straight.

D&D n°787 – Voilà du nouveau

« Greenland » de Heinrich Steinfest

Du nouveau pour Henri, bien sûr, qui a acheté ce bouquin sur les conseils d’un libraire éclairé (il lui en a acheté d’autres mais qu’il n’a pas pu finir, comme biftonné précédemment). Précisons que, outre mon mauvais goût proverbial, je suis totalement inculte en littérature teutonne.

Ce livre est aux frontières des genres mais ressort plutôt du fantastique, qui se passerait dans un futur proche, c’est donc aussi de la SF. Un gamin de 10 ans voit soudain un store vert qui pend à sa fenêtre et qui est une porte vers un autre monde. Un monde hostile mais il a le courage de s’y rendre pour y sauver une petite fille.
Quarante ans après il est cosmonaute en route pour Mars et il retrouve le store vert dans son vaisseau spatial.

Je n’en dirai pas plus. Le texte change de couleur quand on change de monde (noir ici et vert là-bas) C’est plein de surprises et surtout c’est à la fois noir et léger, dramatique et humoristique. Je n’avais jamais rien lu de pareil et ne peux que vous le recommander chaudement.

La littérature avec de la légèreté dedans, c’est toujours mieux que sans, m’est avis.

D&D n°785 – Grignotage sans ennui

 

« Dimension Arnauld Pontier » de Arnauld Pontier

J’avais apprécié son roman chez Rivière Blanche, alors j’essaye son recueil de nouvelles au titre bizarre mais c’est la collection qui veut ça. Parce qu’il n’y a pas qu’une dimension, ni au monde, ni à l’auteur.

On ne s’ennuie pas pour plusieurs bonnes raisons. D’abord les nouvelles sont courtes (en briton ou amerloque des shorts, pas de novelettes ni de novelas). Donc, si vous vous faites suer, vous passez à la suivante (y en a plein : vingt-sept). Cela m’est arrivé sur un truc tellement hard science que je n’ai pas tenu. Ensuite ce sont de vraies histoires avec une fin, une chute on dit. Et j’ai lu des paquets de textes où seule l’ambiance importait, avec une fin ouverte ou pas de fin du tout. Et enfin c’est un joyeux mélange de SF et de fantastique, ce qui fait que l’on est chaque fois surpris.

J’ai apprécié l’esprit, avec un humour  discret et une légèreté générale. Par contre j’ai tiqué sur les introductions précédant chaque texte. Cet exercice difficile a une fâcheuse tendance à être prétentieux (la palme revenant à ce vieil Isaac) et ne sert pas à grand-chose. Chacun(e) peut voir ou comprendre ce qu’il veut dans un texte, pourquoi l’auteur l’a écrit n’a pas, pour moi, d’intérêt.

Dommage que le recueil s’achève sur un texte hommage à velléité humoristique qui ne m’a pas fait rire.

Sinon, le temps passé à la lecture de ce bouquin était agréable et ce n’est pas à chaque fois, comme vous le savez…

D&D n°782 – Un certain ennui

 

« Kalpa impérial » de Angélica Gorodischer

Je vous ai déjà balancé mes lieux communs sur l’Argentine du foot, du tango, des gauchos et des colonels mais aussi de Borgès, de Cortazar ou de Bioy Casarès. La dame vient de ce pays et on le ressent en la lisant.

Le style et le discours sont profondément originaux. À ce titre, le bouquin mérite la lecture. Mais, quand on a un mauvais caractère et bien peu de patience, on se lasse de ces longues histoires de tel ou tel empereur ou ville inventés et on finit par laisser tomber.

Je m’excuse auprès de la dame, de l’éditeur courageux spécialisé hors norme, et de ceux qui savent ce qu’est la littérature mais l’ennui m’a gagné progressivement et je n’en avais plus rien à faire de ce qu’il allait advenir dans les pages suivantes. J’ai lu la moitié mais je m’arrête là, faute d’envie d’en lire plus.

Mais c’est beau, hein, une langue pleine de longues phrases sans fin bourrées d’itérations et de virgules tout en évitant d’être pénible. Il y a même de l’ironie et de l’humour, malheureusement je n’ai pas accroché.

D&D n°781 – C’est pas l’extase

 

« Les talents de Xanadu » de Theodore Sturgeon

Trouvé pour un nieuro chez un libraire, je me disais que je n’avais pas lu celui-là ou que je n’en avais plus souvenance.

La première nouvelle qui donne son titre au recueil est fort sympathique, les autres moins, parfois longues et ennuyeuses. Il est vrai que dans les années 40 et 50 du XXe siècle, du temps de l’Age d’Or de la SF, les auteurs mangeaient grâce à leurs textes courts dans des revues.

Pourtant, hormis ces chefs d’œuvre incontestés que sont Cristal qui songe et Les plus qu’humains, j’avais bien aimé aussi deux novellas noires de Maître Sturgeon.