D&D n°772 – Fred fatiguerait-elle ?

 

« Quand sort la recluse » de Fred Vargas

Les fidèles savent que j’apprécie la dame et que je la lis avec plaisir. Même si ses plus récents rompols , beaucoup plus longs, m’enthousiasment moins.

Cette histoire est un peu trop à l’image de la façon de penser d’Adamsberg, brumeuse, confuse et qui part dans tous les sens. Après une première enquête expédiée en un rien de temps par le commissaire rappelé des brouillards islandais, ce dernier s’intéresse on ne sait trop pourquoi à des morts par morsure d’araignée. La quête est longue et cela devient verbeux et vaseux. Comme si l’auteure tirait à la ligne. On a bien du mal à croire à cette histoire, parfaitement horrible par ailleurs.

Adamsberg, ce génie de l’intuition, se regarde penser et le lecteur subit. D’autant que j’ai deviné le coupable bien avant le policier. J’ai la triste impression que plus les romans de Vargas sont récents, plus ils deviennent bavards donc ennuyeux et moins j’y trouve satisfaction. C’est ballot.

D&D n°757 – La routine

 

« Tape-cul » de Joe R. Lansdale

Pour me changer les idées et lire simple, je continue les aventures de Hap et Leonard. Pas besoin de réfléchir et ça coule tout seul. Au moins il y a un peu d’humour à l’intérieur.

Là c’est un Hap amoureux qui veut sauver la fille de sa Brett chérie des griffes de vilains maquereaux. Il va le faire par amour, et Leonard va l’aider par amitié.

Ils vont s’allier à un nain pénible, à son frère géant repenti ex-pasteur et à d’autres types. Mais c’est à trois avec Brett qu’ils vont s’attaquer à des dizaines de costauds armés et s’en sortir par miracle. Le réalisme n’est pas au rendez-vous mais heureusement Joe ne fait plus dans l’extrême dégueulasserie comme dans les bouquins précédents. Il y a même des passages bisounours avec un tatou et des  chiens de prairie.

On tourne un peu en rond avec Hap le doux idéaliste qui n’aime pas les armes à feu mais qui est obligé de tuer, Leonard qui n’a pas ce problème et un résultat final pas brillant : une pute sera toujours une pute.

Pour passer quelques heures sans se prendre la tête.

D&D n°755 – Oxford dans les sixties

 

« Endeavour, saison 4 » (2017), série créée par Russel Lewis

Ce n’est ni la première ni la dernière fois que je le dis : les Anglois savent faire des séries télé. Et ils s’en foutent des formats. Cette quatrième saison est constituée de quatre téléfilms d’une heure et demi. Avec à chaque fois, une enquête originale et difficile, à rebondissements, qui peut interférer avec les relations humaines compliquées qu’entretient le jeune Morse avec ses collègues, son mentor et la fille de ce dernier, et le reste du genre humain.

Comme déjà bavassé plus tôt, cette série préquelle qui n’a plus à voir avec les romans de Colin Dexter que par son personnage principal, est parfaitement imaginée et réalisée. Et, vous l’aurez compris, on y trouve bien plus qu’une enquête bien ficelée. Les acteurs y sont, comme d’habitude, remarquables.

D&D n°747 – Entre amitié, rigolade et écœurement

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« Bad Chili » de Joe R. Lansdale

Le dernier Hap et Léonard que j’avais lu m’avait laissé circonspect sur la vulgarité de l’humour lourdingue qui baignait cet épisode. Celui-là, le suivant, reste dans la même tonalité, et ce n’est plus dans les blagues échangées mais carrément dans les faits relatés.

Raul, le petit ami de Leonard, le quitte pour un biker et se retrouve impliqué dans des histoires bien cradingues. Je ne vous raconte pas mais il y a de la bagarre, comme d’habitude, du chantage, mais aussi d’horribles tortures et des morts. On frise souvent le trash et le mélange sexualité, violence extrême et scatologie devient fatiguant si ce n’est vomitif. Pour adultes avertis, certes, et qui n’ont froid ni aux yeux ni aux miches, comme la nouvelle conquête de Hap.

Mais – et là je vous laisse, ô lecteurs, gloser et ricaner sur l’auteur de ces lignes – le bouquin se lit vite et bien, avec souvent un sourire aux lèvres, entre deux haut-le-cœur. Nos deux amis deviennent copains avec un privé et, grâce à lui et à leur pote flic local, ils mettront fin aux exactions d’affreux méchants dont un géant particulièrement vicieux.

D&D n°740 – Ça tourne bizarre alors on bémolise

 

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« Le mambo des deux ours » de Joe R. Lansdale

Cette troisième aventure de deux copains est une suite dramatique de la précédente. Hap et Leonard se rendent dans une ville pas loin de chez eux où le Klan fait encore la loi et où la jolie avocate Florida (qui avait aimé Hap avant de lui préférer un gros flic noir) a disparu. Missionnés par leur copain policier, ils débarquent dans cette localité terriblement hostile et en prennent, comme prévu, plein la tronche.

La lecture est facile et sympathique. L’humour est toujours là, heureusement, parce que les coups et les horreurs ne manquent pas et il sert de respiration. Malheureusement cet humour est de plus en plus graveleux ou scabreux, vulgaire, à base de bite, de cul et de merde, lourdingue et limite machiste et homophobe Au second degré, bien sûr, puisque les héros sont un homo et un humaniste gentil. N’empêche, l’accumulation peut fatiguer. Dommage.

Sinon, il y a encore de très belles pages sur l’étrange amitié qui lie les deux potes, compliquée par la fait que Leonard a maintenant un petit ami.

Comme je lis la série dans l’ordre de parution, je verrai bien si ce changement est temporaire ou permanent. En tous cas, on est maintenant loin du lyrisme flamboyant d’un Burke à qui j’avais pu associer Lansdale après les premiers romans que j’avais lus de lui.

D&D n°738 – Yal est grand

 

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« L’homme aux semelles de foudre » de Yal Ayerdhal

Oui, comme avec Wagner, les francophones ont perdu bien trop tôt, avec Ayerdhal, un de leurs meilleurs auteurs de science-fiction. J’avais le privilège d’être son ami et sa perte a été carrément douloureuse. Du coup, trop proche, je n’ai pas pu parler de ses derniers livres, les chefs-d’œuvre que sont Rainbow Warriors et Bastards.

Avant de le connaître j’avais bavassé de quelques-uns de ses bouquins comme Le chant du drille ou Mytale  et avait été impressionné par les idées et le style.

Mais Ayerdhal était aussi un auteur de thrillers, et ce bouquin au titre fabuleux en est un. Deux copains vont essayer de retrouver et sauver un ami commun qui est devenu écoterrorriste. Une belle espionne va s’interposer, comme les services secrets du monde entier.

Les thrillers ça va vite sans s’arrêter et, souvent, ça frise avec le complotisme et les implications sont mondiales. Mais ce n’est pas ma littérature favorite et je préfère le Yal auteur de SF à l’écrivain de thrillers. Mais évidemment que c’est bien, hein.

D&D n°735 – Deux potes dans les embrouilles

 

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« Hap and Leonard », saison 1 (2016), série de Jim Mickle et Nick Damici

D’après les romans de Joe R. Lansdale dont je vous entretiens ces dernières semaines, alors forcémuche que je devais mater cette minisérie de six épisodes.

C’est globalement assez proche de l’histoire (la première) dans l’esprit et dans le déroulé. Mais, entre une série d’aujourd’hui et un bouquin écrit à la fin des 80’, il y a des variations. Elles sont parfois de taille, comme l’invention d’un petit ami à Leonard. Ou plus circonstancielles, comme l’arrivée du couple de superméchants qui assassine des flics dès le premier épisode. Il y a aussi pas mal de flashbacks qui remontent aux années hippies ou carrément à l’enfance des héros.

Visuellement, c’est beaucoup plus violent et, à mon avis, moins drôle qu’à la lecture. Mais ça reste une bonne série pleine de rebondissements et d’action (violente, vous avez suivi) avec du sang et des larmes. La fin de la saison correspond très exactement au début du deuxième livre des aventures de nos deux lascars. Il y aura donc, selon toute vraisemblance, une suite.