D&D n°810 – Immortels

« Lumière du monde° de James Lee Burke

Dave et Clete sont de nouveau en vacances dans le Montana mais cette fois en famille, avec Molly sa douce et Alafair sa fille écrivaine pour Robicheaux, et pour Purcel sa fille retrouvée Gretchen Horowitz , une beauté à longues jambes et yeux violets qui fut tueuse à gages pour la Mafia. Les deux filles sont pourtant les plus grandes amies du monde.

Alors bien sûr que ça va mal se passer dans cette nature sublime. Un malade de tueur en séries est aussi là pour exercer sa vengeance. Et ce ne sont pas les pourris qui manquent, des ratés et des méchants pleins de fric, et Clete qui tombe amoureux (à 80 piges mais il en aura toujours 50) de celle qu’il ne fallait pas, et les flics locaux ripoux ou obtus.

Sur près de 700 pages – ah oui quand même ! – James nous accroche avec son talent, ses héros cassés et sa philosophie, ses paysages et ses scènes d’action. Burke, quoi.

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D&D n°809 – Fille de

« La fille de femme-araignée » de Anne Hillerman

Je me suis fait une mise à jour dans le rayon Rivages/Noir poche, histoire de retrouver mes auteurs favoris (Westlake bien sûr, et Burke évidemment). Je découvre que les aventures des flics navajos de Tony Hillerman  continuent, par la plume de sa fille Anne. Bon.

Les enquêtes reprennent là où Tony, mort en 2008, les avait laissées. Le point de vue choisi est féminin, logique. Ce sont donc surtout les actes et pensées de Bernadette Manuelito, dite Bernie, la belle amoureuse de son mari Jim Chee, qui sont racontés. Le légendaire lieutenant Joe Leaphorn prend une balle dans la tête sous les yeux de Bernie. C’est le FBI qui est chargé de l’enquête, aidé par la police navajo avec Jim Chee comme responsable, mais c’est surtout Bernie qui s’en occupe.

Alors c’est pas mal, un poil longuet et fait selon les règles des cours ou ateliers d’écriture. Par exemple, la fin est super dramatique avec Bernie et Jim qui vont mourir, c’est sûr. Mais non, puisque ce sont les héros. Alors on n’y croit pas trop. D’ailleurs, même Joe ne meurt pas.

D&D n°808 – Le dernier Dortmunder

« Top Réalité » de Donald Westlake

Retour aux classiques et au plaisir garanti. Contrairement à beaucoup d’autres dont Mendoza, l’humour de Donald me touche et me fait vraiment rigoler. Même si cette dernière aventure de la bande de Dortmunder n’est pas la plus réussie ni la plus drôle. On ne s’esclaffe pas comme dans Dégâts des eaux  ou Les sentiers du désastre , par exemples, mais ça reste dans cette veine du comique de situation et de dialogues où le sourire ne vous lâche pas tout au long de la lecture.

Cette fois, à cause de ou grâce à la maman de Stan, chauffeur de taxi new-yorkaise émérite, les cinq compères experts en casses improbables vont être engagés pour jouer leurs propres rôles dans une série de téléréalité. Les producteurs télé, que Donald a l’air de bien connaître, vont se croire malins mais ils ne le sont pas autant que nos héros…

D&D n°807 – Sale

« Le mystère de la crypte ensorcelée » de Eduardo Mendoza

Qui n’a pas envie d’ouvrir ce bouquin avec « Mon tombeau » de Clovis Trouille en couverture ? C’est malheureusement mensonger, il y a bien des nones mais ce sont des coincées revêches normales. Quant aux jeunes femmes dévêtues il n’y en a pas non plus. Il y en a bien une sans soutien-gorge mais dans les 80’ c’était d’une grande banalité.

Un délinquant légèrement malade mental, le narrateur, sera libéré s’il résout le mystère de la disparition d’une (ou deux) jeunes filles d’un pensionnat de bonnes sœurs. Pourquoi le flic de la Mondaine lui confie cette tâche alors qu’il ne lui fait pas confiance n’est pas expliqué.

Le « héros » se caractérise par son extrême puanteur : il ne se lave jamais et se déguise avec ce qu’il trouve dans les poubelles.

On croit deviner des velléités d’humour dans les phrases emphatiques et les situations grotesques. Je n’ai même pas souri et la complaisance dans la crasse et l’immondice m’ont empêché d’adhérer.

Il me semble avoir déjà lu du Mendoza. Eh oui. Hélas.

D&D n°804 – Chez les Frisons

« Comme un rat mort » de J. van de Wetering

Dans les années huitante et nonante du XXe siècle, je prenais souvent le train et j’achetais des poches adaptés au voyage. Je dévorais les 10/18 « Grands Detectives » (Napoléon flic métis du bush australien ou frère Cadfael le bénédictin du Moyen-Âge, entre autres) et les Rivages/Noir : Tony Hillerman, Donald Westake, James Lee Burke, George Chesbro et… Janwillem van de Wetering.

Ses flics d’Amsterdam, de Gier, Gripjstra et le commissaire ont des façons très particulières de mener les enquêtes et c’est encore le cas dans ce roman qui se passe en Frise, une province des Pays-Bas très indépendante. Entre le comique de situation (ils se perdent tout le temps), les personnages impossibles dont des Chinois et une fliquette motarde libérée, les trois policiers philosophent sur tout et rien, de la condition des femmes à la beauté des paysages et de leur métier au concept de culpabilité. L’intrigue policière demeure quand même en fil rouge et réserve, comme il se doit, des surprises, en plus du rat.

Le plaisir de lecture est dans le climat très particulier, l’ambiance décalée qui se dégage des romans de van de Wetering, entre humour et zénitude.

D&D n°796 – Le filon s’épuise

« Tsunami mexicain » de Joe R. Lansdale

Encore un titre imbécile (Captain Outrageous en v.o. n’est pas plus compréhensible mais bon) !

Dans cet énième opus (des biftons sur les précédents par là) de leurs aventures, Hap l’hétéro blond fait le héros et sauve une jeune fille noire. Le père de la petite, très riche, lui file un paquet de fric qu’il décide de claquer en faisant une croisière avec son pote Leonard, l’homo noir.

Rien n’est crédible et ne le sera pendant toute cette histoire en deux parties grossièrement raboutées l’une à l’autre, ni le choix d’une croisière bas de gamme, ni les raisons de leur échouage dans un bled mexicain où s’agitent de super mafieux et une belle archéologue pas timide. Tout n’est que prétexte à bagarres, scènes de torture parfois bien gore, de baise, de questions existentielles que se pose Hope sur sa vie et ses amours. Le tout assaisonné d’humour macho bien gras façon second degré.

Alors ça se lit facilement et des fois on sourit quand c’est trop. Mais il n’y a plus rien de nouveau sous le soleil de Hap et Leonard. Dommage.

D&D n°772 – Fred fatiguerait-elle ?

 

« Quand sort la recluse » de Fred Vargas

Les fidèles savent que j’apprécie la dame et que je la lis avec plaisir. Même si ses plus récents rompols , beaucoup plus longs, m’enthousiasment moins.

Cette histoire est un peu trop à l’image de la façon de penser d’Adamsberg, brumeuse, confuse et qui part dans tous les sens. Après une première enquête expédiée en un rien de temps par le commissaire rappelé des brouillards islandais, ce dernier s’intéresse on ne sait trop pourquoi à des morts par morsure d’araignée. La quête est longue et cela devient verbeux et vaseux. Comme si l’auteure tirait à la ligne. On a bien du mal à croire à cette histoire, parfaitement horrible par ailleurs.

Adamsberg, ce génie de l’intuition, se regarde penser et le lecteur subit. D’autant que j’ai deviné le coupable bien avant le policier. J’ai la triste impression que plus les romans de Vargas sont récents, plus ils deviennent bavards donc ennuyeux et moins j’y trouve satisfaction. C’est ballot.