D&D n°739 – Paradoxal

 

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« 11.22.63. » (2016), minisérie produite par Stephen King et J.J.Abrams

Je n’ai pas lu le bouquin et j’ai un peu peiné au visionnage de la série, mais j’ai bien fait d’aller au bout. Heureusement que c’était une minisérie en 9 morceaux (pilote + 8 épisodes).

De nos jours, un prof d’anglais d’un bled du Maine fait copain avec un tenancier de café.  Au fond de son établissement, il y a une porte qui permet d’aller dans le passé (en 1960) et d’en revenir. Le vieux est malade et le prof accepte d’y aller pour empêcher l’assassinat de JF Kennedy, espérant un monde meilleur.

L’atmosphère, les bagnoles, les fringues, la zique des sixties sont bien là, prégnantes et qui foutent un peu le bourdon à un quasi septua comme moi. Mais aux States les droits civiques des Noirs ne sont pas encore admis partout, et on y raffole pas des cocos.

C’est très lent et donc trop long, il y a des trucs drameux qui ne servent à rien dans l’intrigue principale, le comportement des personnages m’a paru souvent incohérent. Mais la fin est vraiment inattendue et réveille soudain l’intérêt. Je ne regrette donc pas les heures passées à regarder cette histoire, finalement.

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D&D n°738 – Yal est grand

 

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« L’homme aux semelles de foudre » de Yal Ayerdhal

Oui, comme avec Wagner, les francophones ont perdu bien trop tôt, avec Ayerdhal, un de leurs meilleurs auteurs de science-fiction. J’avais le privilège d’être son ami et sa perte a été carrément douloureuse. Du coup, trop proche, je n’ai pas pu parler de ses derniers livres, les chefs-d’œuvre que sont Rainbow Warriors et Bastards.

Avant de le connaître j’avais bavassé de quelques-uns de ses bouquins comme Le chant du drille ou Mytale  et avait été impressionné par les idées et le style.

Mais Ayerdhal était aussi un auteur de thrillers, et ce bouquin au titre fabuleux en est un. Deux copains vont essayer de retrouver et sauver un ami commun qui est devenu écoterrorriste. Une belle espionne va s’interposer, comme les services secrets du monde entier.

Les thrillers ça va vite sans s’arrêter et, souvent, ça frise avec le complotisme et les implications sont mondiales. Mais ce n’est pas ma littérature favorite et je préfère le Yal auteur de SF à l’écrivain de thrillers. Mais évidemment que c’est bien, hein.

D&D n°737 – Roland est grand

 

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Poupée aux yeux morts de Roland C. Wagner

J’ai eu la chance de rencontrer ce type peu avant qu’il ne se casse la pipe en bagnole. C’était un mec rare, avec une idéologie selon mon cœur, généreux en amitié et  tenace en combativité quoi que pacifique. On retrouve tout ça dans son dernier chef-d’œuvre Rêves de gloire. J’avais lu aussi un bout de sa série avec Tem mais je ne connaissais pas ses premiers romans.

Les Moutons électriques (encore eux) ressortent en poche (Hélios), après une édition premium et chère que je n’avais pas achetée, une autre de ses pièces maîtresses, Poupée aux yeux morts, qui est la réécriture de  trois romans parus au Fleuve Noir Anticipation dans les années 80. Même remanié, le bouquin est un vrai pavé écrit petit et serré de plus de 440 pages. Ça me fait penser que je vais devoir changer de lunettes.

Un pilote de vaisseau spatial revient d’un voyage de cinquante ans mais le traitement n’a pas marché et il en a soixante-dix quand il est de retour sur Terre. Son amour qui était censé l’attendre, la belle Sue, est devenue une condit(ionnée). Son cerveau a été trafiquée mais elle n’a pas vieilli et fait la pute. Commence alors la (très) longue quête du héros pour qu’elle soit guérie et les méchants (des puritains) punis. Mais les choses se complexifient de plus en plus et bientôt c’est le sort de l’humanité, voire de la galaxie, qui sera en jeu. Il y a de l’action (notre vieux naute possède des implants qui le rendent balaize), des paysages exotiques et des villes futuristes.  Mais aussi un Paris à l’ancienne pour satisfaire les touristes extra-terrestres et où se déroule l’essentiel des aventures.

Le héros sera secondé par un drôle d’alien tout droit sorti d’un dessin animé, le fouinain, par des clones d’un rigolo faiseur de calembours, par des Matraqueurs sauvages et par ses anciens copains informaticiens.  Il y a aussi beaucoup de musique et des références aux classiques de la SF. Mais je ne vous en raconte pas plus. Vous le découvrirez comme moi, avant le feu d’artifice final.

Que dire ? Lisez et relisez un des grands maîtres français de la science-fiction !

D&D n°736 – Exercice de style

 

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« L’homme qui traversa la Terre » de Robert Darvel

Les Moutons Électriques font de beaux livres et en voilà un exemple. Sous cette splendide couverture de Melchior Ascaride se trouve un « roman d’amour et de vengeance ».

Pour apprécier l’ouvrage, il faut aimer l’écriture à l’ancienne, avec des mots rares (que je n’avais jamais lus), qui raconte une aventure totalement impossible.

Il convient aussi d’apprécier le merveilleux scientifique et ses  codes de la fin du XIXe, début du XXe. Il faut aussi comprendre les références, les jeux de mots sur les noms et goûter un humour teinté d’ironie et de distanciation sur ce qui est raconté.

Il faut enfin aimer se faire interpeller par l’auteur au cours de la lecture.

Sous ces conditions, nul doute que ce livre vous plaira.

D&D n°735 – Deux potes dans les embrouilles

 

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« Hap and Leonard », saison 1 (2016), série de Jim Mickle et Nick Damici

D’après les romans de Joe R. Lansdale dont je vous entretiens ces dernières semaines, alors forcémuche que je devais mater cette minisérie de six épisodes.

C’est globalement assez proche de l’histoire (la première) dans l’esprit et dans le déroulé. Mais, entre une série d’aujourd’hui et un bouquin écrit à la fin des 80’, il y a des variations. Elles sont parfois de taille, comme l’invention d’un petit ami à Leonard. Ou plus circonstancielles, comme l’arrivée du couple de superméchants qui assassine des flics dès le premier épisode. Il y a aussi pas mal de flashbacks qui remontent aux années hippies ou carrément à l’enfance des héros.

Visuellement, c’est beaucoup plus violent et, à mon avis, moins drôle qu’à la lecture. Mais ça reste une bonne série pleine de rebondissements et d’action (violente, vous avez suivi) avec du sang et des larmes. La fin de la saison correspond très exactement au début du deuxième livre des aventures de nos deux lascars. Il y aura donc, selon toute vraisemblance, une suite.

D&D n°734 – Ah, ces Amerloques…

 

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« L’arbre à bouteilles » de Joe R. Lonsdale

Il ne m’aura pas fallu longtemps avant de retrouver Hap et Leonard pour de nouvelles aventures. Et là on peut dire que c’est une enquête, même si les deux amis ne sont pas policiers ni privés. Après l’épreuve terrible subie dans le bouquin précédent, ils comptent respirer un peu quand Leonard hérite de son oncle Chester : des dollars et une maison à retaper. Mais l’héritage comprend aussi d’étranges documents et un cadavre d’enfant.

Les deux potes vont enquêter pour sauvegarder l’honneur du défunt et arrêter les horreurs commises par un psychopathe. Ils seront aidés par Florida, une belle avocate avec qui Hap espère oublier son ex-femme Trudy, et quelques flics locaux moins pourris que les autres.

Dans ce pays où tout peut arriver, on rencontre des fous de dieu et des dealers de crack aux enfants pré pubères mais aussi d’attendrissantes grand-mères et des athées convaincus qui deviennent incontrôlables, comme Hap et Leonard.

D&D n°733 – Une achronie ?

 

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« Dans les Arènes du Temps » (Lasser, tome 4) de Sylvie Miller et Philippe Ward

Après avoir apprécié les premier, deuxième et troisième opus de la série, je me suis acheté le quatrième.

Voilà que les petits bouquins distrayants (qu’on disait « de gare » sans aucune péjoration de ma part) atteignent les 500 pages ou presque. Décidément, je n’arrive pas à me faire à cette tendance lourde (indeed).

Dans ce quatrième opus l’accent est mis sur l’assistante de Lasser, Fazimel, qui joue cette fois les premiers rôles. L’histoire est racontée de son point de vue comme de celui du détective et la belle se révèle être bien autre chose que réceptionniste d’hôtel.

Après une première partie à Pompeï, Fazimel et Lasser sont engagés par Jupiter et les dieux romains, aussi antipathiques que les autres. Ils seront aidés par le chef de la mafia, un faune et un étrange personnage nommé Herb.

Le privé, après avoir joué les Marlowe et les James Bond, peut maintenant enfiler le costume de Bob Morane puisqu’il va voyager dans le temps, affronter les lions du cirque et participer aux orgies de Caligula comme aux fêtes des hippies des seventies.

Même si j’ai eu l’impression que le bouchon était poussé un peu trop loin,  après l’intervention de la patrouille du temps et les révélations sur la vraie nature de Fazimel, j’ai lu le livre avec plaisir et le dépaysement était au rendez-vous.