D&D n°547 – Un nouveau mythe, historico-extraterrestre.

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« L’Origine des Victoires » de Ugo Bellagamba

Quel étrange bouquin que voilà ! Faut dire que c’est du Ugo Bellagamba. Mon pote Hervé avait déliré sur « Tancrède, une uchronie » en son temps déjà lointain de la Yozone. Ce quadra avait déjà une belle plume et de belles idées.

Là, il invente carrément une mythologie. Une société secrète de femmes d’exception, les Victoires, combattent depuis la nuit des temps un extra-terrestre hostile qui manipule l’esprit des hommes, l’Orvet. Ce roman est composé de sept histoires à différents moments de l’humanité, mais toujours dans le même coin du Monde (Marseille en 1973, Digne-les-Bains en 1932, Nice en 1881, L’abbaye du Thoronet en 1270, Fréjus (Forum Julii) en 31 avant J.-C., Toulon en 2032 et les calanques de Marseille il y a 21 000 ans).

Ugo est historien et ça se lit. Il joue avec l’Histoire, ré interprète les événements en faisant intervenir l’Orvet et ses ennemies. Il invente aussi le futur, en écrivain de science-fiction.

C’est intrigant et novateur, bien écrit, pas trop lourd dans les références historiques, parfois un peu elliptique. Les passages les plus faibles, de mon point de vue, concernent la nature et l’origine de l’extra-terrestre. Les explications de nature scientifique ou psychologique ne m’ont pas totalement convaincu.

Mais il y a bien peu à redire sur cet hymne à la femme et aux femmes, sur ces clins d’œil à l’Histoire et sur l’originalité du fond comme de la forme du livre, illustré de photographies.

D&D n° 546 – Culte.

 

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« Le dieu venu du Centaure » de Philip K. Dick

Un des rares avantages d’être vieux, avec des neurones de mémoire de faible qualité, c’est qu’on peut relire des trucs trente ou quarante ans après sans problème, on ne se rappelle de pratiquement rien.

Ce fut donc le cas avec ce bouquin culte d’un auteur culte. J’avoue avoir un peu de peine avec le style du maître mais apprécier ses nouvelles

Le Dick mystique, celui dit « de la trilogie divine » et du roman Radio Libre Abelmuth, est parfois pénible à suivre pour qui n’est pas passionné par ces questions. Pourtant ce n’est pas difficile à lire.

Ce dieu venu du Centaure parle de l’aliénation des hommes, à leur travail qui les empêche de vivre leur vraie vie et l’amour, à la drogue que les colons martiens prennent pour s’échapper de leur vie pénible et sans avenir, et à leurs croyances religieuses. Après un début que j’ai trouvé particulièrement confus et manquant de rythme, un milieu un peu plus intéressant mais bourré de répétitions de situations ou de raisonnements, la fin est à la fois intéressante et absconse. J’ai dû perdre d’autres neurones que ceux de mémoire parce que je ne suis pas sûr d’avoir compris et l’histoire et le message.

Mais bon, on ne discute pas des auteurs cultes. Comme je ne me rappelais de rien, je ne peux pas juger la nouvelle trad’ par rapport à l’ancienne. Le bouquin lui-même est, à mon très ô combien humble avis, pas le meilleur de l’auteur (quoi qu’en pensent les vrais amateurs et connaisseurs), et, par conséquent, pas indispensable…

D&D n°545 – Tous les vingt-sept ans.

 

172563HavenSaison3

Haven, saison 3 (2012-2013), série créée par Sam Ernst et Jim Dunn.

La série totalement invraisemblable, dont j’avais regardé, intrigué et surpris, les saisons un et deux, continue sur sa lancée foutraque.

Chaque épisode apporte comme précédemment son lot d’invraisemblances et son « troubled » (perturbé ?). Après la disparition de notre héroïne en fin de saison 2, la quête de son identité multiple successive (elle était déjà à Haven 27 ans avant, et encore 27 ans avant), se poursuit. On finit par en apprendre plus sur ce fameux Colorado kid (mais je ne vous en dirai rien, non mais). Le flic bellâtre commence à énerver un peu avec ses trois expressions faciales, les autres, ça va.

Les scénaristes ont l’air de fatiguer. Comme je n’ai pas lu le bouquin de King, je ne sais pas comment, lui, dépatouille son histoire. Le dernier épisode de la saison 3 est, en quelque sorte, une fin, même si elle n’est pas heureuse ni celle attendue. Mais comme la saison 4 est en tournage, c’est donc bien un clffhanger. Il m’étonnerait quand même que la saison 4 se passe vingt-sept ans dans le futur.