D&D n°689 – Rectification : c’est une daube !

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« Les Revenants », saison 2 (2015), série créée par Fabrice Gobert

Me voilà contraint de revenir sur mon opinion précédente concernant cette série bien de chez nous. Tout ce qui agaçait dans la première saison devient insupportable.
Le jeu des acteurs, mauvais ou mal dirigés ou les deux, se réduit à une expression par personnage (regard de chien battu pour le père, d’horreur pour la mère, etc.) comme si brosser un caractère un peu compliqué était au-dessus des capacités des scénaristes et des acteurs. La mise en scène est de plus en plus affectée avec de longs gros plans des acteurs rendus plus laids que nature. La lenteur de chaque mouvement de caméra provoque l’énervement.
Quant au scénario, il n’y a ni ligne directrice ni cohérence. Les morts peuvent faire des enfants aux vivants, ne doivent pas s’éloigner des autres sous peine de souffrir de maladie de peau. Mais pas tous, et des fois c’est une vivante qui est malade. Aucune explication, même vague ou bateau comme dans la zombie-litt (genre un virus) n’est proposée. Les morts ressuscitent sans raison, soit avant, soit après l’inondation due au barrage. La plupart en masse, en horde, quand d’autres ont un trajet personnel. Certains mangent de la chair humaine, d’autres non. On ne saura jamais ni comment ni pourquoi ils reviennent. Même l’hypothèse vaseuse de la vengeance est écartée. On ajoute aussi une couche de confusion avec une secte à la Temple Solaire qui suicide ses membres…
Que reste-t-il ? Une série prétentieuse qui se veut elliptique, qui se prend un peu pour Lost avec ses flash-backs et son côté choral. Mais c’est totalement raté : aucun des personnages ne provoque la sympathie et, donc, on se fout complètement de ce qui leur arrive.

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D&D n°688 – Le polar régionaliste.

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« Danse avec le taureau » de Philippe Ward

On ne présente plus l’éditeur de Rivière Blanche et l’auteur, entre autres, des aventures de Lasser, détective privé des dieux, co-écrit avec Sylvie Miller.

Là, il nous propose un très sympathique petit polar, rondement mené et bien construit, qui se lit en quelques heures. Nous sommes au Pays Basque et dans le milieu de la tauromachie. Il y est aussi question de légende, de religion zarbie et d’une épée magique. Le dépaysement (pour un étranger comme moi) est garanti et on apprend des choses sur les gens de là-bas, tout en suivant les déductions de l’héroïne, une profileuse à la française.

Cet agréable roman m’a un peu gêné aux entournures morales. Même si l’héroïne n’aime pas la corrida, elle est bien la seule. L’auteur fait preuve d’une neutralité bienveillante envers les aficionados et leur tradition. Pour ma part, sans trop dévoiler l’intrigue, j’ai pensé à ce dessin de Siné.

 

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D&D n°687 – Une série fantastique chez les Grenouilles

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« Les Revenants », saison 1 (2012), série créée par Fabrice Gobert

Ne crachons pas dans la soupe, c’n’est pas tous les jours qu’on voit une série fantastique française. Et elle n’est pas si mauvaise.

J’ai quand même eu du mal avec son extrême lenteur qui fait genre, ses images léchées en bleu froid à la mode et surtout avec quelques acteurs, soit mauvais, soit mal dirigés, comme le capitaine des pandores. On n’évite pas non plus le cliché de l’endroit dont on ne peut s’échapper…

Sinon, aucune explication ne parait tenir après ces huit premiers épisodes et le rapport avec le barrage reste des plus énigmatiques. J’ai été assez pris pour que ma curiosité me fasse aller au bout de cette saison.

Donc, si vous aimez les séries lentes et les mystères qui vont s’épaississant, vous pouvez essayer.

D&D n°686 – Une mamie pour moi illisible.

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« L’Ange à l’épée » de C.J.Cherryh

Cela fait bien trois ou quatre tentatives en plusieurs dizaines d’années que j’essaye de lire du Carolyn Cherryh (qui résonne bêtement comme Caroline Chérie alors que pas du tout). Et ne commencez pas à me traîter de macho, hein, j’ai plusieurs fois exprimé mon admiration voire mon adulation pour des Leigh Brackett , Catherine Moore  Ann Mac Caffrey, Marion Zimmer Bradley ou, plus récemment, Catherine Dufour  ou Gudule  ou Fred Vargas . Mais Carolyn, non. C’est comme ça

J’ouvre donc mon CLA (dans les derniers), histoire de me changer les idées. Caramba ! Encore raté ! Décidément, les Hugo et autres Nebula…

Pourtant j’insiste – l’ai-je déjà lu ? – et me prends les pieds dans les mots. J’ai déjà discouru en râlant sur la SF immersive, où on ne comprend pas trois mots par phrase (genre les adulés du microcosme China Mieville  ou Ian McDonald) ou encore la SF elliptique pour intuitifs (choisissez votre auteur abscons préféré). Carolyn combine les deux : on ne comprend rien des lieux et des conflits rigoureusement étrangers et on doit deviner ce qu’il se passe.

L’idée de départ est une jeune fille pauvre sur un bateau crasseux qui sauve de la noyade un beau blond. C’est un type de la haute mais elle est amoureuse et courageuse. OK. Elle va l’aider dans ses embrouilles mais on ne peut rien suivre avant d’avoir lu les cinquante pages à la fin où sont décrites la géographie (avec cartes détaillées), les religions et le reste de ce monde mouillé. Désolé mais je ne lis pas comme ça. Alors j’arrête.