D&D n°584 – L’obsession de la guerre.

 

Joyeuses-Apocalypses

« La guerre mondiale n°3 » in « Joyeuses Apocalypses » de Jacques Spitz

J’ai repris la lecture de ce bouquin mais, malheureusement, plus j’avance et plus je suis déçu. C’est toujours bien écrit, toujours cynique, toujours désabusé, mais ça me lasse.

Là, dans les années 50 ou 60 ?, les vilains Soviétiques décident de conquérir l’Europe. Et pour être vilains bêtes avec leur général dictateur, ils le sont. Heureusement il y a la marine anglaise et l’esprit pratique des Américains, qui finissent par mettre la tannée aux Soviétiques, moyennant force bombes atomiques et autres développements techniques du plus haut létal. Et des soldats congelés qui ne mangent pas, entre autres. Mais, à la fin, les Eurasiens ne sont pas plus heureux, libérés d’une dictature pour une autre.

Bouffer du sabre et du goupillon, je n’ai rien contre, mais je n’ai pas la patience de lire tous ces détails de vraie géographie et de fausses stratégies militaires. J’ai fini en lisant en diagonale. La morale est la même que dans les romans précédents : il n’y a rien à tirer de l’humanité. Dont acte.

D&D n°583 – Et si on faisait plus compliqué ?

 

Haven_S4_DVD

« Haven », saison 4 (2013), série créée par Sam Ernst et Jim Dunn, d’après Stephen King.

En fin de saison 3, Audrey était repartie dans l’autre monde par la grange avec Duke. Celui-ci se retrouve à Chicago, six mois ont passé. Il retourne à Haven pour continuer à combattre les troubles en compagnie du flic (qui a démissionné mais quand même). Avec une petite qui entend et sait des choses, ils finissent par faire revenir Audrey devenue Lexie. Elle retrouve la mémoire et son amour pour le flic quand William, qu’elle avait connu dans l’autre monde, déboule à Haven, mais il est méchant.

Audrey et William sont physiquement connectés, ça va être difficile de les séparer. Étaient-ils amants ? Et tous ces troubles, qui donc les fabrique ? Hein ? On finit, grâce à la petite nouvelle qui est décidément bizarre, par retrouver le portail interdimensionnel dans le phare. Et bzzz boum, cliffhanger final.

Pour plus d’explications ou de complications attendez la saison 5, car Duke est encore touché, et gravement. Quant à Audrey…

Les scénaristes commencent à fatiguer, espérons pour eux qu’ils arriveront à retomber sur leurs pieds. Mais ça reste à la fois invraisemblable et prenant, malgré les trois expressions faciales du flic.

D&D n°582 – Les petits et les grands sont-ils gentils ou méchants ?

 

Joyeuses-Apocalypses

« L’Homme élastique » in « Joyeuses Apocalypses » de Jacques Spitz

Après avoir dévoré  La Guerre des Mouches, je continue avec le second roman de cet « omnibus » de chez Bragelonne (qui ne publie pas que de la bit-lit pour décervelé(e)s, rappelons-le).

Cette histoire m’a beaucoup moins enthousiasmé. La première partie est le journal d’un savant fou, sans morale ni sentiment, qui met au point une machine à agrandir ou rétrécir les choses et les gens, en augmentant ou raccourcissant la distance entre le noyau des atomes et leurs électrons ( !).C’est froid et (pseudo)scientifique, sans un poil d’humour, cynique. Grâce à son invention, il convainc les généraux, pour qui la vie humaine n’a pas plus de prix que pour lui, et gagne la guerre avec ses micro soldats contre les vilains – devinez qui ? – Teutons.

La seconde partie est plus enlevée, c’est la fille du savant qui raconte. L’invention de son père se mondialise et c’est l’occasion de se moquer des travers des uns et des autres : Soviétiques confits dans la bêtise d’état, Prussiens hiérarchiques, Anglais isolationistes ou Américains conquérants. C’est progressivement un pur délire avec des chirurgiens grands comme une fourmi ou des soldats volants de 400 mètres de haut. L’humanité se transforme en complètement autre chose et c’est la fin pour le savant qui finit dans un enclos réservé à ceux qui sont restés normaux. La philosophie de la conclusion est encore un exemple de l’extrême pessimisme de son auteur sur l’avenir de l’humanité.

J’ai vite décroché de la première partie et l’ai lue en diagonale, la seconde partie rattrape un peu la première mais on ne peut croire une seconde à ce possible, contrairement à l’histoire des mouches.

D&D n°581- Drolatiquement terrible.

 

Joyeuses-Apocalypses

« La Guerre des Mouches »  in « Joyeuses Apocalypses » de Jacques Spitz

Fatigué des mauvais romans anglo-saxons (un exemple parmi de nombreux essais ne méritant pas un billet), soit mal écrits soit mal traduits, et peu importe, je sors ce bouquin acheté d’occas’ dans mon étagère des « à lire ».

Bonne pioche ! Nom de d’là ! Ben oui, je ne suis pas érudit ni n’ai tout lu. Chance sur moi, donc ! Ce roman ne date pas d’hier mais de 1938, même moi n’étais pas né, c’est dire. Il faut dire que L’œil du purgatoire m’avait fortement impressionné.

La première chose qui fait plaisir ? C’est écrit en français par un Français. Mais qui ne se la pète pas en tordant les phrases ou avec des mots rares. C’est juste bien écrit (selon mes critères, faut-il le préciser ?). Alors, c’est terrible et drôle, c’est fin et sarcastique, c’est une fin du monde où l’orgueil de notre espèce humaine est ridiculisé, où ses techniques (peu importe qu’elles paraissent aujourd’hui obsolètes, les actuelles ne feraient pas mieux) sont inefficaces, où sa science, confite dans la tradition et le suivisme, est impuissante, où ses armées, gouvernements, organisations, académies ne peuvent rien.

En 1938 il y a encore des colonies, des empires, français, britton et teuton, il y a encore des soviets. C’est l’occasion pour se moquer de tous ces racismes et nationalismes, alors que l’espèce humaine rencontre une autre espèce intelligente : les mouches.

Comment être foncièrement pessimiste et drôle à la fois. Si vous ne l’avez pas lu, lisez-le.

P.S. : C’est aussi un pied de nez aux donneurs de leçons d’écriture : on peut raconter une histoire avec une plume formidable sans pratiquement aucun dialogue.

D&D n°580 – Nebula ? Vraiment ?

 

McDevitt

« Seeker » de Jack McDevitt

N’ayant jamais rien lu du monsieur, j’ai entrepris sans aucun a priori ce qui s’annonçait comme un mélange de space opera et d’enquête mystérieuse.

Au bout d’une centaine de pages, lues péniblement en me forçant, je n’irai pas plus loin. C’est ennuyeux et sans le moindre intérêt. Il faudrait que je passe des semaines pour parvenir au bout des 545 pages, et je n’ai pas de temps à perdre.

Non, ce n’est pas une chronique ou une critique ni même une recension. C’est un billet d’humeur, et je l’ai mauvaise. Ne me dites pas que vous êtes surpris.

D&D n°579 – Lent mais bon.

 

1q84-livre-1

« 1Q84, livre 1 » de Haruki Murakami

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé lire Murakami, sa subtilité, sa vision du monde et sa façon d’écrire le fantastique. J’ai pourtant longtemps hésité devant cet énorme pavé de plus de 1500 pages. Après des mois d’attente sur mon étagère des trucs à lire, je sors enfin ce tome 1, le seul que j’ai acheté, par prudence.

Eh bien j’ai eu tort d’avoir peur. Et pourtant c’est long, et lent. J’imagine que les amateurs ont déjà lu les douzaines de recensions dans toutes les langues qu’ils pratiquent, ce japonais élevé aux États-Unis de dimension planétaire ratant de peu le Nobel depuis quelques années. Je ne vais donc pas vous raconter les histoires parallèles de deux nippons en 1984 : la fille de Témoins devenue meurtrière par choix moral et le fils de collecteur de redevances, matheux devenu écrivain et nègre.

Le titre bizarre n’est pas sans signification, référence voulue au chef d’œuvre de George Orwell . Le monde d’aujourd’hui, ou d’hier, n’est pas la dystopie dictatoriale de Big Brother, mais ce n’est pas pour autant le paradis. Loin s’en faut. La misère n’est pas que manque de nourriture, de toit ou de soins, elle est aussi sexuelle et sociétale. Sans compter les difficultés de communiquer, avec ses parents, avec les autres et de se comprendre soi-même. Faut-il s’engager, en poltique ou en religion, suivre un maître, ou se tenir à l’écart ? Comment les souvenirs interfèrent avec le présent ?

Et que penser d’un ciel avec deux lunes, ou des Little People ?

P.S. : Parce que c’est vous, et parce que c’est lui, j’ai retrouvé les liens de mes vieux billets sur Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil , Les amants du Spoutnik , Kafka sur le rivage , Le passage de la nuit et Saules aveugles, femme endormie.

D&D n°578 – Toujours impeccable.

 

WhitechapelBBCAmerica

« Whitechapel », saison 4 (2013), série créée par Ben Court et Caroline Ip.

Je vous ai déjà vivement conseillé cette série anglaise. Dans la troisième saison  les enquêtes étaient reliées entre elles par les amours contrariées du beau blond d’inspecteur coincé. Dans cette saison 4, les trois enquêtes (chacune en deux épisodes) ont plusieurs fils rouges qui tournent autour des amours des DC (les jeunes inspecteurs de l’équipe) et d’une mystérieuse présence qui semble hanter le commissariat.

Le niveau ne baisse pas et reste excellent dans cette série sombre, parfois horrible, mais qui demeure extrêmement prenante grâce à la qualité des acteurs, des images et des scénarios. Le jeune DI et le vieux DS sont maintenant de véritables alliés et cela leur sera indispensable pour mettre fin aux agissements des tueurs en série qui semblent pulluler dans ce quartier londonien.

Comme dans mes précédents billets, je ne vous raconte rien, ce serait dommage.

P.S. : J’apprends qu’Il n’y aura pas de saison 5, c’est ballot.