D&D n°673 – Encore un classique.

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« L’homme qui rétrécit » de Richard Matheson

Si, comme tout le monde, je connais cette histoire, je ne me souviens pas l’avoir déjà lue. C’est maintenant chose faite. C’est bien mieux que mes précédentes lectures (utilisez les flèches arrière en bas du texte).

La construction est magistrale, tout en flash-backs et en actions, avec ce qu’il faut de réflexions mais sans fatiguer. Pourtant j’ai eu du mal à visualiser ces actions, le traducteur Jacques Chambon étant un maître du genre, je ne sais qu’en penser.

Et, mais vous avez l’habitude, j’ai quand même trouvé un peu longuet. Parfois aussi répétitif comme la recherche de miettes de pain et les blessures incessantes guéries le lendemain. Tout le monde connait ce fameux combat avec l’araignée, moins celui, peu crédible, avec un moineau quand il fait encore 18 centimètres.

Sinon c’est fortiche et étonnamment intemporel. Tous les passages sur la frustration sexuelle m’ont étonné dans un roman de 1956 et la fin est quand même surprenante.

Évidemment que c’est à lire.

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D&D n°672 – Tout ça pour ça.

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« Panopticon » de Nicolas Bouchard

Toujours dans l’espoir de découvrir du nouveau et intéressant, j’ai acheté ce bouquin au hasard, sans rien savoir de son auteur.

Le héros, un philosophe ayant vraiment existé, Jeremy Bentham, s’intéresse à des gamins dotés de pouvoir et ils partent en voyage pour savoir qui les a rendus comme ça.

Je ne sais pas vous mais le passéisme me fatigue. Cette fascination pour l’Histoire, tordue et retravaillée, n’est pas à mon goût. J’apprécie le fantastique du XIXe siècle quand il est écrit à cette époque, pas quand un contemporain fait comme si.

Même si la lecture ne fut pas trop difficile, grâce sans doute à la technique de professionnel de Bouchard, j’ai eu tendance à sauter des paragraphes, surtout sur la fin. Car ce fut long, très et trop. J’ai insisté pour connaître la résolution du mystère et il n’y en avait pas.

D’autant que je n’ai pas cru à cette histoire. Rien n’est crédible, de l’omniscience du philosophe aux enfances des jeunes gens racontées par eux-mêmes, de la relation entre eux à leur évolution au cours du voyage. Quant à leurs pouvoirs…

Ah oui, j’oubliais, le titre. Eh bien c’est ça la résolution du mystère : la fameuse prison selon Bentham.

J’ai fait l’effort d’aller au bout. Je n’aurais pas dû.

D&D n°671 – Moyenne pioche.

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« Un tour de passe-passe » de Marco Malvaldi

Pour ne pas abuser dans l’inculture, il m’arrive d’acheter au pif des trucs. Par exemple ce polar italien. Parce que je fais confiance à la collec’ Grands Détectives, mais, comme déjà expliqué ailleurs, je devrais me méfier….

Il y a bien une ambiance italienne, avec du café et des embouteillages à Pise, pas grand-chose d’autre. L’intrigue est assez nulle et sa résolution aussi. Le héros, particulièrement plat et peu aimable, n’aime ni les vieux ni le changement. Genre, quoi. Il y a bien du vécu, semble-t-il, sur les congrès scientifiques mais ça ne suffit pas à rendre cette histoire intéressante

Bon, heureusement, c’est court et pas trop chiant. Il est possible que Marco ait une belle ou rigolote plume dans sa langue et que la traduction soit approximative. En tout cas, à le lire, je ne comprends pas comment ce roman a pu avoir un succès « retentissant » comme annoncé en quatrième de couv’.

D&D n°670 – Oh la gentille zombie !

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« i Zombie », saison 1 (2015), série développée par Rob Thomas et Diane Ruggiero-Wright

Encore une série pour adulescents, certes, mais avec de l’humour et une certaine originalité dans le traitement du phénomène zombie. Il s’agit de l’adaptation du comics éponyme de Chris Roberson et Mike Allred.

Notre jolie zombie travaille à la morgue, ce qui est pratique pour se nourrir, et partage – au travers de visions – les pensées et souvenirs de la personne dont elle mange le cerveau. Elle résout ainsi les enquêtes criminelles avec un flic de Seattle.

Mais il y a aussi de la romance, un ex-fiancé et des relations humaines parfois difficiles dans son état qu’elle garde secret, sauf de son patron qui travaille sur un remède

C’est assez enlevé et distrayant. Il y a bien du sang et des bagarres mais peu de complaisance sur le trash ou le gore, ce qui est reposant.

Garanti sans prise de tête, avec de l’humour et plutôt sympathique, par l’auteur de Veronica Mars.

D&D n°669 – Un classique avec la classe.

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« Je suis une légende » de Richard Matheson

Cela fait un petit bail que je n’ai pondu de bifton. J’ai beaucoup essayé de bouquins et ai été beaucoup déçu. Il y a, comme ça, des périodes où on est plus ou moins tolérant. Mais je ne râle plus trop. Des fois, ça fait de la peine aux auteurs et c’est pas le but. Alors je ne bavasse plus qu’en ayant lu, donc apprécié au moins assez pour finir.

Folio SF a changé ses couvertures mais aussi décidé de faire des sortes d’omnibus. Drôle d’idée. Pour l’été sans doute ? Celui-là regroupe les trois grands classiques de Richard Matheson pour moins de 15 nieuros.

J’avais lu Je suis une légende il y a si longtemps qu’il ne m’en restait qu’un très vague souvenir, même pas ravivé par le film sorti il y a quelques années et que je n’avais aucune envie de voir, sachant qu’il n’était pas fidèle au roman. J’entreprends donc cette relecture, dans la traduction de Nathalie Serval.

Et là, contrairement aux tentatives précédentes de ces dernières semaines, je reste les yeux coincés sur les pages et je finis le roman en deux jours. C’est fort, c’est âpre, c’est puissant, c’est intelligent et c’est fichtrement bien raconté.

On sent quand même un peu que ça date de 1954 avec la biologie approximative et le futur proche en 1976, mais c’est un chef d’œuvre.