D&D n° 636 = 151 – Alors là pardon, moi j’dis chapeau ! Ça c’est champion !

le déchronologue

« Le Déchronologue » de Stéphane Beauverger

Un papier d’avril 2009, parce que j’ai vu passer des « contributions* sur ce livre et, comme j’ai du mal à causer de ce que j’ai lu ces derniers temps, hop je recycle.

« Vous commencez à me connaître, enfin vous mes rares lecteurs éparpillés sur la toile : j’ai plus tendance à grogner qu’à m’esbaudir. La faute à la bademouderie constitutive. Ça m’arrive aussi de dire du bien mais il y a beaucoup plus de daubes que de délices dans ces 151 billets (quand même) depuis 3 ans que la Yozone m’a offert cet espace.Je viens de prendre une claque, une sorte de parce que c’est quand même de longues heures de lecture. Bravo Monsieur Beauverger ! Votre roman est un morceau bien goûtu dans la soupe clairette et sans saveur qui paraît chez les libraires de nos jours.

Vous lirez partout, chez les sites dédiés, des analyses argumentées de pourquoi cet ouvrage est bel et beau, ou pas. Sur ce coup, je vais rester sur le ressenti de lecture.

Un capitaine pirate, un vrai de la flibuste du XVIIe siècle dans les Caraïbes, nommé Henri Villon (pour le prénom je ne dirai rien mais pour le nom je m’incline bien bas) va vivre la fin du monde, provoquée par des factions venues du futur et qui jouent avec le Temps. Du coup, pour coller à la thématique, Beauverger tronçonne son histoire en mélangeant la chronologie, délinéarisant son roman en racontant dans le désordre les aventures de son narrateur et capitaine au grand cœur qui boit trop. Et il écrit d’une manière qui colle à l’époque – heureusement que Villon est lettré.

C’est prenant, c’est extraordinairement sympathique, c’est souvent (un peu trop peut-être ?) horrible et douloureux, c’est vraiment de la SF quand même (qui se passe dans un XVIIe siècle dystopié), c’est foutrement original et malin, ça évite les explications pénibles de la hard SF (du coup on n’est pas sûr de tout comprendre mais c’est pas grave, la physique quantique on ne comprend rien non plus), c’est très bien écrit (à mon avis évidemment), c’est un plaidoyer pour la liberté des hommes individuellement et des peuples (mayas dits itzas contre espagnols dits spaniards), c’est remarquablement documenté (il y a la biblio à la fin), c’est plein de bruits et de fureur, c’est terriblement dépaysant.
C’est un grand livre qu’il faut lire. Et ce malgré des petits défauts que je préfère passer sous silence.

Je n’en dirai pas plus, on est dans la catégorie super bouquin qui mérite plein de prix, en espérant que ce sera bien le cas. Alors, La Volte retirera à des milliers d’exemplaires après avoir corrigé les boulettes et coquillettes qui gâchent bêtement le plaisir.

Ah, ça fait du bien de lire des bons livres ! Merci encore Stéphane, vraiment. »

P.S.: Cinq ans et demi après, comme je n’ai pas relu la version Folio SF, je veux croire que les coquillettes ont disparu. Chapeau pointu !

 

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