D&D n°618 – Nostalgie et crise de la quarantaine.

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« Fugues » de Lewis Shiner

Folio SF a publié une série de bouquins « Rock et SF », où la zique et la science-fiction (au sens très large) sont mélangés. On y trouve un chef d’œuvre comme Armageddon Rag et d’autres trucs comme Le Temps du Twist. Celui dont je vous cause aujourd’hui, j’ai réussi à le finir mais c’n’était pas gagné d’avance.

Un quadra réparateur d’électronique (de la fin des 80’, pas d’ordinateurs mais de platines, d’amplis et de hauts-parleurs) est en pleine crise. Son couple bat de l’aile dans l’ennui du quotidien, il boit beaucoup de bières et se réfugie dans la musique de sa jeunesse. Ça tombe bien : Ray le narrateur, Lewis né en 1950 et moi faisons partie de la même génération, quand sont apparus les Beatles, les Doors, les Beach Boys et Jimi Hendrix. Par contre, je ne suis pas un érudit ni n’ai une mémoire des noms de musicos, des marques d’appareils ou des titres de chansons. Alors le name dropping du début a bien failli me faire interrompre cette lecture. Mais la nostalgie de cette époque et le style de Shiner m’ont permis de continuer. L’écriture est originale, mélangeant les formes passées et présentes dans les mêmes paragraphes, et les phrases courtes donnent de la nervosité à ce pourtant très long roman plus psychologique qu’autre chose.

Sans explication, un peu comme dans Le Voyage de Simon Morley de Jack Finney, Ray arrive à se projeter dans le passé pour assister à un enregistrement des Beatles, ou rencontrer Jim Morrison et lui faire réaliser un album. Puis ce sera le tour de Brian Wilson et de Jimi Hendrix. Ce type ordinaire deviendra copain avec ses idoles.

Mais le fond de l’histoire est bien celui de la crise de la quarantaine, et comment Ray arrivera à résoudre ses problèmes avec les femmes (son épouse, son ex, un nouvel amour) et ses parents (la mort d’un père qu’il détestait et des relations peu claires avec sa mère).

Cet étrange mélange entre une vie banale et des capacités extraordinaires, raconté avec style et subtilité sur fond de nostalgie, m’a permis de prendre plaisir à cette lecture.

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2 réflexions sur “D&D n°618 – Nostalgie et crise de la quarantaine.

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