D&D n°561 – Noir c’est noir sur l’île verte.

9782070442911FS

« La main droite du diable » de Ken Bruen

Il me fallait un polar pour me changer de la SF fantasique plan-plan. J’avais acheté celui-là sur les conseils de Pascal G. (il se reconnaîtra), d’un auteur que je n’avais jamais lu.

Ben c’est pas rigolo, pas du tout. C’est du glauque intense. Ça se passe en Irlande, au début des années 2000, lors du boom économique des subventions européennes. Vous vous doutez que ce n’était pas le boom pour tout le monde et que ce changement s’accompagna de vrais déchirements sociétaux. (est-ce moi qui écris comme ça ?).

Le narrateur est un ex-flic devenu privé, alcoolique qui ne boit plus et qui traîne un lourd passé. J’ai pensé à Dave Robicheaux de James Lee Burke, sauf que dans la vie de Belle-Mèche il y a des moments de grâce, pas dans celle de Jack Taylor. En plus il est tout seul et asocial, et violent. Il faut dire que cette enquête est particulièrement sordide, autour de la pédophilie des prêtres dans une Irlande où le catholicisme ne se discute pas. Le titre original est d’ailleurs « Priest ».

L’auteur est un ex-prof de lettres et ça se lit. Il cite les Pensées de Pascal et nous raconte, en passant, la vie tragique de David Goodis. Il y a aussi plein de références musicales, dont une partie seulement m’a parlé, et, malgré les efforts louables du traducteur et ses notes de bas de page, j’ai eu l’impression de passer à côté de beaucoup de jeux sur les mots.

C’est rude, éprouvant mais prenant et intelligent, avec des émotions fortes dedans mais jamais de sentimentalisme pathétique. Vous êtes prévenus : il faut être dans une bonne période pour lire ce bouquin. Déprimés, ne vous y risquez pas !

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3 réflexions sur “D&D n°561 – Noir c’est noir sur l’île verte.

  1. Bon, content que l’expérience n’ait pas été complètement négative ! L’idéal est de commencer avec Delirium tremens, le premier de la série. C’est le début de la lente descente aux enfers de Jack Taylor, et ce n’en est que plus rude : plus on s’attache à lui, plus il morfle. Et, comme tu le dis, c’est plein d’émotions « vraies ».

  2. Zut, j’ai oublié, mais, à mon sens, ça n’est pas que sombre. Il y a aussi de vrais moments de poilade, dans la série des Jack Taylor. Peut-être moins dans celui-ci, mais je me suis souvent fait remarquer dans le métro en train d’éclater de rire. Or, tu le sais, l’humour et moi… A moins que je sois un peu sadique ?

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